Jungkook avait insisté pour me ramener chez moi. Il disait que ma famille avait besoin de ma présence pour être rassurée, alors ce fut malgré moi que j'acceptai de quitter son studio et la plénitude de notre relation. Hors de notre petit nid d'amour, je redevenais, à contrecœur, sa patronne et lui, mon garde du corps. Rien d'autre.
Jungkook n'avait que deux ans de plus que moi, cependant, il était de loin le plus mature de nous deux. Il savait que mes parents se faisaient un sang d'encre pour moi, et ce fut uniquement pour cela qu'il décida de reléguer notre propre plaisir au second plan. Il m'envoya rapidement à la douche alors qu'il me fit de succulents pancakes, puis il alla à son tour sous d'eau, me laissant manger seule, avant que l'heure de quitter sa demeure n'arrive.
L'idée de devoir cacher ma relation avec Jeon ne m'enchantait pas le moins du monde. Je ne voulais en aucun cas qu'il pense que j'avais honte de lui, cependant, je n'avais pas vraiment le choix. Mes parents n'auraient jamais accepté mon choix et bien que l'admettre me dégoûtait, ils auraient tout fait pour détruire la vie de celui que j'aimais rien que parce qu'il n'appartenait pas à notre rang social.
Je fus anxieuse tout au long du trajet et puis lorsque nous arrivâmes enfin au manoir, je laissai tout ça derrière moi pour redevenir celle que j'étais avant de le rencontrer. Ce fut avec une démarche débordante l'assurance que j'entrai dans cet endroit que je prétendais être mon chez moi, mes hauts-talons claquant contre le granite du rez-de-chaussée jusqu'à ce que je rejoigne le salon.
Tous les membres de ma famille étaient assis autour de la grande table et leurs yeux se posèrent directement de moi, une certaine once de soulagement se faisant voir sur leurs visages. Je jetai un petit regard par dessus mon épaule dans le but d'apercevoir mon petit ami. De tous le noiraud était bien le seul qui ne me rendait pas confuse à ce moment-là. Je lui fis un sourire discret et puis, dès que je retournai la tête vers ma famille, je fus complètement aveuglée par le torse de mon père, ce dernier me me serrant fortement contre lui.
- J'ai cru mourir, dit-il en calant son menton au-dessus de ma tête. J'ai cru qu'il t'était arrivé quelque chose.
- Je n'ai strictement rien, papa.
- Heureusement parce que j'étais prêt à détruire cette ville pour retrouver celui qui a fait exploser la tour.
Céthia inspira une énorme bouffée d'air, enfin soulagé, puis il se décolla lentement de moi en gardant ses mains sur mes bras, me contemplant avec ce qui dans ses yeux semblaient être des larmes. Je n'avais jamais vu mon père aussi vulnérable et ce fut à cet instant-là que je compris ce que je représentais réellement pour lui.
Moi qui me plaignais de n'être importante pour personne, je me retrouvais être le centre du monde de mon géniteur. J'avais toujours cru qu'il aimait équitablement ses trois enfants, cependant, ce que je vis pour moi dans ses beaux yeux bleus, il ne l'avait jamais eu pour aucun autre d'entre nous.
Mon père me chérissait et tout le monde s'en était rendu compte depuis longtemps. Tout le monde, sauf moi. Ce ne fut rien qu'après avoir constaté cela, que je compris, que je n'avais pas été attaquée parce que j'étais vue comme la plus faible de ma famille. Non. J'étais devenue la proie des ennemis de Céthia parce que j'étais en réalité ce qu'il avait de plus précieux au monde.
- Je... Je vais aller me reposer. D'accord ?
Je frottai tout doucement l'avant-bras de mon père pour lui faire signe de me lâcher, puis il le fit lentement, libérant mes bras avant d'hocher la tête.
- Jeon va t'accompagner.
- Dans ma chambre ? Dis-je en faisant mine d'être embêtée. Est-ce vraiment...nécessaire ?
- Quelqu'un veut tuer ma fille et je ne veux plus qu'elle soit seule. C'est la moindre des choses, non ?
Je bougeai avec lassitude la tête de haut en bas, puis mon père fit signe à mon garde du corps d'approcher et en un rien de temps, je sentis le parfum agréable de ce dernier envahir mes narines tant il était près de moi.
- Jeon, je veux que vous suivez ma fille comme si vous étiez son ombre. Au lieu des cinq mètres, je ne veux plus qu'au maximum deux mètres entre vous lorsque vous êtes dehors. À partir de maintenant vous serez avec Seth vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Je sais que ce n'était pas le contrat de base, mais comprenez que la sécurité de ma fille doit être assurée, surtout en ce moment. Avez-vous une objection à ces nouvelles règles ?
- Non monsieur.
Comment aurait-il pu avoir une quelconque objection ? Être payé pour rester constamment coller à la femme qu'il aimait n'était pas quelque chose qui pouvait être refusée.
- Très bien ! S'exclama mon père avant de poser à nouveau ses yeux sur moi. Je sais que je fais beaucoup de choses qui te blessent, que je t'interdis de faire librement ce que font ceux de ton âge, mais je fais tout ça pour ton bien, OK ? Je pense toujours à toi avant de prendre d'importantes décisions, mais là mes affaires te mettent en danger, alors je me dois de faire tout ce que je peux pour te protéger. Jeon ne fait que son travail, ne lui complique pas la tâche, s'il te plaît.
- Je ne ferais rien, assurai-je d'une douce voix. Puis-je y aller maintenant ?
- Évidemment. Vas-y.
Je regardai rapidement mon père et le reste de ma famille qui était resté autour de la table, puis je quittai le salon. Je m'empressai de prendre les escaliers, Jungkook me suivant de près, avant que je ne me retourne pour lui faire face en plaquant mon dos contre la porte de ma chambre.
Le noiraud emprisonna sa lèvre intérieure entre ses dents en me regardant de la tête aux pieds, puis il esquissa un beau sourire.
- Sais-tu que tu es un homme chanceux ? Demandai-je en ouvrant habilement la porte. Entre, mon ange.
Je le laissai passer et dès que je refermai derrière moi, je m'empressai de sauter dans ses bras. Il retint fermement mes cuisses de part et d'autre de sa taille tandis que je glissai mes doigts dans ses cheveux, avant que nous mîmes à nous embrasser à la fois fougueusement et maladroitement.
- Dis... Murmurai-je, haletante. As-tu fait exprès de devenir mon garde du corps ?
- Non, répondit-il en m'entraînant avec lui sur mon lit. C'était un pur hasard. Il n'y a pas vraiment beaucoup d'anciens militaires encore assez endurants pour supporter une séance de shopping avec Seth DeLayne.
- Alors le destin ne nous déteste pas autant que je le croyais.
J'avais l'impression de vivre un rêve éveillé, mais la réalité était que l'enfer avait des airs de paradis lorsque nous le parcourions avec celui ou celle que nous aimions. Oui, je vivais déjà en enfer, cependant, je n'en avais pas encore la moindre idée.
- Jeon ! Tu vas m'aider !
- À quoi ? Demanda-t-il, confus.
- Regarde bien.
J'esquissai un sourire et puis je me penchai légèrement de mon lit, saisissant mon ordinateur sous celui-ci avant de me rasseoir contre mon matelas. Ce fut à ce moment-là que je décidai de partager pour la toute première fois toutes les informations sur la mort de Robin. Des informations plus ou moins importantes que j'avais amassé durant le mois précédent et qui me mènerait sans doute à son meurtrier.
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𝐌𝐚𝐧𝐢𝐚𝐜 - 𝐉𝐄𝐎𝐍 𝐉𝐔𝐍𝐆𝐊𝐎𝐎𝐊 [𝐭𝐞𝐫𝐦𝐢𝐧𝐞́]
Fanfiction"𝐀𝐢𝐦𝐞𝐬-𝐭𝐮 𝐥𝐞𝐬 𝐦𝐚𝐮𝐯𝐚𝐢𝐬 𝐠𝐚𝐫𝐜̧𝐨𝐧𝐬 ? 𝐓𝐫𝐞̀𝐬 𝐛𝐢𝐞𝐧, 𝐣𝐞 𝐯𝐚𝐢𝐬 𝐭𝐞 𝐦𝐨𝐧𝐭𝐫𝐞𝐫 𝐜𝐞 𝐪𝐮𝐞 𝐟𝐨𝐧𝐭 𝐥𝐞𝐬 𝐦𝐚𝐮𝐯𝐚𝐢𝐬 𝐠𝐚𝐫𝐜̧𝐨𝐧𝐬."
![𝐌𝐚𝐧𝐢𝐚𝐜 - 𝐉𝐄𝐎𝐍 𝐉𝐔𝐍𝐆𝐊𝐎𝐎𝐊 [𝐭𝐞𝐫𝐦𝐢𝐧𝐞́]](https://img.wattpad.com/cover/226203720-64-k106660.jpg)