Chapitre 43

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Dégoulinante de sueur, je m'étais réveillée en sursaut lorsque la sonnerie de mon téléphone avait retentit, ma poitrine montant et descendant alors que ma respiration se faisait entendre dans ma chambre. La petite sieste que j'avais décidé de faire en début d'après-midi prit fin bien plus vite que prévue, et puis la panique s'empara de moi dès que je décrochai l'appel.

Madame Hamilton, la mère de Stephen, était en pleurs à l'autre bout du fil et quand je le compris, mes pensées se mirent à divaguer. J'entendais clairement la voix meurtrie de la femme, néanmoins, écouter ce qu'elle disait m'était complètement impossible. Je ne parvenais à me concentrer sur ses mots, et pour cause, je pensais déjà ai pire.

J'étais dans un état second, tant et si bien que je n'hésitai pas à raccrocher alors que je n'avais capté rien que quelques pauvres mots du monologue téléphonique que m'avait fait mère de mon meilleur ami. Ce fut ensuite sans réfléchir à quoi que ce soit que je me fis conduire à l'hôpital central par l'un des nombreux chauffeurs qui travaillaient pour ma famille, mes pas se faisant rapidement entendre parmi toute l'agitation dans ce haut immatriculé qui sentait le propre.

Avancer dans cet endroit me donnait l'impression d'avancer jusqu'aux portes de l'enfer. Étais-je prête à voir ce que je n'avais pas voulu entendre ? Cette boule de douleur ne faisait que grandir de plus en plus dans mon estomac. Je suffoquais. "Pas Stephen. Pas Stephen." s'était là ce que je me répétais en boucle dans ma tête jusqu'à ce que j'atteigne le troisième étage du bâtiment, les bras du père de mon meilleur ami m'encerclant aussitôt.

- Parrain... Parrain... Qu'est-ce qu'il a ? Interrogeai-je d'unr voix porteuse de ma tristesse alors que mes jambes flanchèrent. Parrain... Stephen...

- Chérie, regarde-moi, dit l'homme aux cheveux châtains en prenant mon visage entre ses larges mains. Ils vont le sauver.

- S'il te plaît... Il ne doit pas mourir.

Louis Hamilton, le meilleur ami de mon père, me regarda avec tant d'espoir, puis il me serra à nouveau dans son étreinte. Cela faisait sept ans que je n'avais pas laissé un homme d'âge mur autre que mon père me toucher, alors retrouver la tendresse de mon parrain qui m'avait toujours aimé comme sa propre fille fut un sentiment apaisant.

- Tout ira bien, ma chérie.

Je hochai aussitôt la tête, laissant mon parrain caressait le haut de ma tête, avant de quitter ses bras pour déposer un délicat baiser sur la joue humide d'Hatha, elle qui n'avait cessé de pleurer durant l'appel qu'elle m'avait passé. La mère de Stephen avait toujours été d'une douceur absolue et ce fut pour cela que je la pris dans mes bras, glissant ses jolies mèches rousses à l'arrière de ses oreilles avant que je ne voye le médecin Torres approcher de nous, elle qui me suivaiy depuis toujours.

- Seth ! Ne pleure pas ma belle, dit-elle en essuyant mes larmes avant de poser ses yeux sur l'homme qui se trouvait à sa gauche. Monsieur Hamilton, nous subissons une pénurie de sang depuis plusieurs semaines. Nous n'avons pu transfuser à Stephen que très peu de sang. Les réserves en 'A négatif' et en 'O négatif' sont épuisées et il en a perdu beaucoup suite aux balles qu'il a reçu.

- Je suis 'O négatif' ! M'écriai-je soudainement. Je peux lui donner mon sang !

- Seth... Souffla la doctoresse en baissant la tête d'un air désolé. Tu sais très bien que tu ne peux pas. Tu souffres d'une sévère anémie depuis plusieurs années. Tu n'es pas éligible au don de sang. Tu le sais très bien, non ?

- QUOI ? ALORS VOUS ALLEZ LAISSER STEPHEN CREVER À CAUSE D'UNE STUPIDE ANÉMIE ? JE VEUX LUI DONNER MON SANG !

- Ce n'est pas discutable, Seth, lâcha la femme avant de regarder à nouveau mon parrain. Je vais faire tout ce qui est en mon pouvoir pour trouver de quoi transfuser votre fils, mais vous devez tout de même savoir que ce serez très difficile d'avoir du sang provenant d'un autre hôpital, alors je vous conseille de chercher des donneurs potentiels dans votre entourage. Les prochaines heures seront très difficiles pour votre fils, elles seront même critiques, mais nous faisons vraiment tout notre possible pour le garder stable. Gardez espoir...

Madame Torres esquissa un sourire attristé, puis elle tapa gentiment sur l'épaule d'Hatha, avant de s'éloigner de nous, nous laissant complètement dévastés face à ce qui s'abattait sur nous. Les pleurs des parents de mon ami de toujours me fendaient le cœur, cependant, je ne voyais pas bien ce qu'ils auraient pu faire d'autre. Stephen était entre la vie et la mort. Trois balles avaient transpercé sa chair, puis il s'était vidé de son sang pendant de longues heures, seule, dans cette sombre ruelle où il avait été retrouvé, et moi, moi Seth DeLayne, je me sentais coupable.

Mon ami d'enfance avait été tué et moi, je n'avais pas pris cette mise en garde au sérieux. J'avais vécu ma vie comme si de rien n'était, perchée sur mon arbre du bonheur aux côtés de l'homme que j'aimais, et oui, sans même m'en rendre compte, j'avais laissé celui que j'avais promis de protéger se faire agresser en mon nom. À ce stade, j'étais bel et bien consciente que quelqu'un voulait me faire du mal, me toucher là où je ne pouvais pas me défendre, néanmoins, le visage de cette personne était encore pour moi un terrible mystère.

- Jeon ! M'exclamai-je soudainement en retirant mes bras autour de l'épouse de mon parrain. Je reviens vite !

Ce fut rapidement que je repris mon sac à main, le mettant sur mon épaule avant de m'éloigner de ces deux personnes qui étaient des membres à part entière de ma famille. Je les avais sans doute laissé avec de nombreuses interrogations, cependant, je n'avais pas le temps de m'expliquer à ce moment-là puisque j'étais bien trop pressée de rejoindre la section psychiatrique de l'hôpital.

J'avais marché à vive allure pendant près de dix minutes, suivant tous les petits panneaux apposés contre les murs afin d'emprunter la bonne direction. J'étais si déconnecté du monde que j'avais même ignoré sèchement tous ceux qui m'avaient proposé de m'aider à trouver mon chemin, poussant de moi-même une à une les portes des différentes salles d'attente.

Mes pensées étaient encombrées par le beau visage de mon petit ami, quand tout à coup, en poussant agressivement une énième porte, je le vis lever les yeux vers moi. Il semblait quelque peu affligé, néanmoins, il fut rapidement pris de panique lorsqu'il me vit m'écrouler sur mes genoux, accourant aussitôt près de moi pour me serrer contre lui alors que mes larmes se remirent instantanément à couler le long de mes joues.

- Aide-moi Jeon... Aide-moi... Je t'en prie, balbutiai-je difficilement.

- Tout ce que tu veux, mon amour, assura-t-il en prenant mon visage entre ses paumes. Ne pleure pas, s'il te plaît.

Jungkook m'aimait tant qu'il se mit lui aussi à verser de chaudes larmes en essuyant les miennes, me laissant reprendre peu à peu ma respiration.

- C'est... C'est Stephen, lâchai-je avant de serrer le noiraud dans mes bras. Il... Il va mourir s'il n'a pas une transfusion de sang dans les prochaines heures. Mon amour, aide-le. Je ne peux pas le perdre. Il a perdu tellement... Tellement de sang.

- Calme-toi... Shh... Arrête de pleurer, murmura-t-il en frottant mon dos. Est-il 'A négatif' lui aussi ?

Je hochai la tête et puis mon petit ami me fit me relever, me maintant fermement contre lui pour ne pas que je m'effondre à nouveau. J'étais si effrayée à l'idée de perdre cette partie de moi qu'était mon meilleur ami que mes muscles en firent eux aussi impactés, toute mon énergie quittant mon corps sous forme de larmes.

- Je vais l'aider, mon amour... Ne t'en fais pas... Je suis là...

Les mots de Jungkook, doux et paisibles, me firent pousser un soupir de soulagement. Oui, c'était bien vrai, tant qu'il était à mes côtés, l'espoir ne pouvait me quitter.

𝐌𝐚𝐧𝐢𝐚𝐜 - 𝐉𝐄𝐎𝐍 𝐉𝐔𝐍𝐆𝐊𝐎𝐎𝐊 [𝐭𝐞𝐫𝐦𝐢𝐧𝐞́] Où les histoires vivent. Découvrez maintenant