Chapitre 29.

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Bien sûr qu'elle l'aimait.

Voldemort étudia le visage de sa protégée, impassible. Pourquoi était-elle si belle ? Pourquoi réussissait-elle à exprimer tout l'amour qu'elle ressentait pour lui avec un simple regard ? Pourquoi ses lèvres avaient-elle l'air si délicieuse ? Pourquoi ses joues prenaient toujours cette adorable teinte rose lorsqu'il posait les yeux sur elle ? Elle était si parfaite que cela enrageait Voldemort. Comment osait-elle lui confesser de pareils sentiments ? Il était son Maître, son Lord, il n'avait pas à entendre ce genre d'inepties. Il ne pourrait jamais lui rendre la pareille, et elle le savait pertinemment. Pourquoi lui disait-elle cela ? Il devrait la punir de son affront, lui faire comprendre qu'elle n'avait pas à être si familière avoir lui car elle n'était rien d'autre que son esclave.

Mais Voldemort se pencha vers elle, et posa doucement ses lèvres sur les siennes.

- Je sais.

Il la poussa gentiment en direction du lit, et commença à la défaire de sa robe qui tomba au sol dans un mouvement fluide. Bellatrix se retrouva à moitié nue devant lui, ne prenant plus la peine désormais de cacher son corps. Elle s'était habituée à son regard, et avait gagné en confiance. Elle ne tremblait plus comme elle l'avait fait autrefois, petite chose incertaine qu'elle avait été. Ses gestes étaient désormais assurés, experts.
Alors Voldemort la contempla, et Bellatrix ne broncha pas. Sa poitrine exposée était superbe à la lueur des bougies. Ses seins ronds et laiteux allaient parfaitement avec le reste de son corps menu. Ils étaient ronds, petits, parfaits. Sa taille était fine, Voldemort savait qu'il pouvait presque en faire le tour complet avec ses mains. La naissance de ses hanches l'accentuait, et dessinait des courbes douces et élégantes qui plongeaient sur des cuisses musclées.
Elle avait une cicatrice à l'épaule gauche, une brûlure qu'elle s'était faite étant petite, lorsqu'elle s'était renversé le contenu d'un chaudron que sa mère avait laissé sans surveillance sur le feu. Elle avait un grain de beauté sur le sein droit, et un autre au niveau de sa clavicule. Ses boucles fusaient dans toutes les directions, et étaient presque impossibles à coiffer. Sa mâchoire était forte, et ses joues creuses lui donnaient un air dur. Ses yeux étaient si noirs qu'il était difficile de distinguer ses pupilles de ses iris.
Voldemort appréciait tout cela, tous ces détails qui faisaient de Bellatrix qui elle était. Ce qui pouvait s'apparenter à des défauts était à ses yeux ce qui faisait tout le charme de la jeune femme.

Ses doigts glissèrent sous l'élastique de l'unique sous-vêtement qu'il lui restait, et Bellatrix le laissa lui enlever, docile. Elle avait beau ne pas bouger, son regard trahissait son excitation. Elle le dévorait des yeux, comme une lionne qui guette sa proie. L'impatience montait aussi chez Voldemort. Ses doigts fébriles s'attelèrent à défaire ses propres vêtements ; sa robe, sa chemise, son pantalon... il envoya ses mocassins à l'autre bout de la pièce, puis poussa Bellatrix de manière à ce qu'elle atterrisse sur l'épais matelas de son immense lit.
Leurs souffles s'étaient accélérés, et quand Voldemort se positionna au dessus d'elle, il put sentir son parfum envoûtant. Lorsqu'il passa les doigts le long de sa gorge, il sentit aussi son pouls pulser comme un tambour. Le corps de Bellatrix était brûlant, plus que prêt pour lui. Et celui de Voldemort lui répondit en retour.

Ses mouvements furent étrangement doux cette nuit là. Lorsqu'il écarta doucement ses cuisses pour se frayer un chemin jusqu'à elle, il le fit avec délicatesse. Lorsqu'il donna les premiers coups de reins qui firent gémir Bellatrix, il prit soin de ne pas rompre le contact visuel. Lorsqu'il accéléra le mouvement, il ne put s'empêcher d'enfouir son visage au creux de son cou, sans prêter attention à la façon dont ses boucles venaient se coller à ses lèvres. Lorsqu'une première vague d'extase submergea Bellatrix et qu'elle cria son nom encore et encore, cela fut comme la plus douce mélodie aux oreilles de Voldemort. Lorsqu'elle lui répéta qu'elle l'aimait, il ne ressentit aucune colère, aucune peur, mais un profond apaisement. Et quand il arriva à son tour au paroxysme de son plaisir, il prononça un seul mot, un mot beaucoup trop familier qu'il n'aurait jamais dû employer dans de telles circonstances...

- Bella...


****


2 juin 1969, Château Lestrange, Oxfordshire.


- Oh, Bella...tu es...

Narcissa était émue aux larmes devant la vision enchanteresse de sa sœur aînée en robe de mariée. Il y avait de quoi. La robe de Bellatrix avait été confectionnée par une maison de haute couture sorcière française, et était un véritable bijou. Elle était si imposante que Bellatrix semblait plus minuscule que jamais ainsi vêtue, mais elle lui donnait l'air d'une grande impératrice. Un satin blanc cassé de haute qualité avait été utilisé pour le jupon et le bustier. Des broderies d'or pâle représentants des ailes de corbeaux partaient de la ceinture et descendaient jusqu'à la moitié du jupon dont la couche extérieure était drapée d'une mousseline blanche délicate. Le bustier était étroit et mettait en valeur la taille fine de Bellatrix, dévoilant juste ce qu'il fallait de son décolleté et laissant ses clavicules apparentes. Des chaines d'or fines faisaient guise d'épaulette et tombaient avec fluidité sur sa peau nacrée. La traine de la robe ainsi que le voile qui était brodé des mêmes motifs que le jupon s'étalaient sur plusieurs mètres derrière elle. Le voile était retenu par un diadème d'or surmonté de diamants, et Bellatrix portait un ras-du-cou épais fait du même métal et incrusté des mêmes pierres précieuses. Ses cheveux avaient été coiffés en chignon bas et lui donnaient un air solennel. Ses yeux avaient été soulignés d'un trait de crayon noir, et éclairé par une touche d'or au creux des paupières.

- ...parfaite, termina une autre voix.

Bellatrix regarda Andromeda qui venait d'entrer, le cœur serré.

- Merci les filles, répondit-elle dans un souffle.
- Nerveuse ? demanda Narcissa en pressant gentiment la main de sa sœur.
- Hmm mmh.
- Je peux t'apporter un peu de philtre de paix, si tu veux...
- Non, merci, Cissy. C'est Dolph... nos familles se connaissent depuis des années... je n'ai pas de raison d'être...
- Oh, Morgane soit louée, tu es prête ! s'exclama une femme.
- Maman... rouspéta Bellatrix en levant les yeux au ciel. Tu as envoyé les assistantes il y a trois heures, je suis prête depuis longtemps.
- Oui, et bien... on n'est jamais trop prudent, argua Druella.
- Ah, voilà la mariée ! fit une voix féminine en s'adressant aux filles en français.

Les quatre Black se retournèrent pour regarder une femme d'une soixantaine d'année. Ses cheveux gris étaient parfaitement rassemblés en chignon sur sa nuque, et ses yeux verts semblaient pouvoir percer même à travers les barrages d'Occlumancie les plus puissants. Toutes devaient se l'avoir, aussi respectée qu'elle était, Vinda Rosier n'en demeurait pas moins terrifiante.

- Grand-mère, dit Bellatrix. C'est un plaisir de vous revoir.
- Je dois avouer que j'ai été surprise de recevoir un carton d'invitation à votre mariage, jeune fille, répondit Vinda. Après tout ce qui s'est passé à Poudlard, j'aurais cru que Romuald Lestrange changerait d'avis.
- Rodolphus... corrigea la brune d'une voix inaudible.
- Enfin, j'imagine que c'est à notre avantage à tous. Les Lestrange sont plus que respectables. Ce sera une solide alliance entre nos deux maisons.
- Nous sommes tous ravis que nos familles soient enfin réunies, intervint Druella.
- Oui, oui, on a compris, Druella, répondit sèchement la matriarche.

La mère des filles devint rouge écarlate, et les trois sœurs échangèrent des regards interloqués.

- Et vous, Andromeda, votre père m'a fièrement annoncé que vous aviez arrangé des fiançailles avec votre cousin, Sirius ?

Ce fut au tour de la cadette du trio de virer au rouge tomate.

- N'a-t-il pas cinq ans de moins que vous ? À quel âge comptez-vous assurer votre descendance ? Vous aurez vingt ans passés lorsque votre cousin sera en âge de se marier ? N'aviez-vous pas pensé à cela ? Sans comptez que ses parents sont déjà de la même famille... il faut faire attention avec cela ! Regardez comment ont fini les Gaunt !

Bellatrix ne put retenir un rictus amusé. Vinda Rosier était très mal placée pour faire ce genre de remarque : elle avait épousé son frère jumeau, Icarus Rosier. Et puis, d'après ce que savait Bellatrix, les Gaunt étaient une toute autre affaire. Ils s'étaient mariés entre cousins germains des générations durant ; ce n'était pas le cas des Black. Même si cela pouvait occasionnellement arriver, c'était assez rare pour que leurs gênes ne soient pas endommagés par l'inceste.

- Mère... fit Druella d'une voix plaintive.
- Et vous, Narcissa ? Je suppose que vous avez des tas de prétendants. On parle de votre beauté jusqu'en France, et j'ai déjà plusieurs amis qui m'ont demandé de vos nouvelles, annonça Vinda d'un ton soudain plus doux.
- Narcissa n'a que quatorze ans, grand-mère, dit Bellatrix qui n'en pouvait plus de se taire. Elle a d'autres problèmes plus importants à...
- Elle est largement assez vieille pour prêter attention à la question du mariage, coupa Vinda. Je devrais venir en Angleterre plus souvent, cette famille a très visiblement besoin que quelqu'un prenne les choses en mains.

Bellatrix ouvrit sa bouche pour répliquer une seconde fois, mais le regard noir que sa mère lui lança l'en dissuada. Druella avait raison ; il était vain d'argumenter avec madame Rosier.


****

Manoir Malefoy.

Voldemort fixait son verre de whisky pur feu d'un regard vide. En ce moment même, tous les sangs purs les plus illustres étaient réunis au château Lestrange pour le mariage de Bellatrix et Rodolphus. Il n'y était pas allé, malgré l'invitation qu'il avait reçue. Il n'avait aucune envie d'assister à la cérémonie. Les mariages l'ennuyaient, même s'il y avait toujours des histoires intéressantes quand on savait observer.

Il s'était rendu au mariage de Cygnus et Druella, des années plus tôt. Il avait fait l'effort de s'y rendre afin de se faire des contacts parmi les Vingt-huit Sacrés. La cérémonie avait été splendide, bien sûr. Les Rosier et les Black étaient deux familles très importantes, et Druella était une superbe jeune femme. Elle l'avait toujours été. Même à Poudlard, elle avait fait tourné les têtes de beaucoup d'élèves.

Alors, quand il avait vu la mariée dans les bras d'un beau garçon blond, quelques minutes avant l'échange des alliances, il n'avait pas été surpris. Le mariage de Cygnus et Druella avait été arrangé à la dernière minute parce que Druella était enceinte. Peu de gens le savaient, car sa grossesse avait été soigneusement dissimulée ; mais Voldemort était un Legilimens. Son ventre avait beau être encore plat, il avait lu dans l'esprit de Vinda Rosier la colère et l'embarra d'avoir une fille aussi volage.
Et il avait vu dans l'esprit de Druella que le père de sa progéniture n'était pas l'objet de son cœur. La personne qu'elle aimait avait des cheveux d'or, des yeux gris comme l'agate, et était déjà fiancée avec une jeune fille d'une famille toute aussi respectable que les Black ou les Rosier.

Mais après, c'était très commun chez les sangs purs que les mariages ne soient que des contrats. La plupart des époux prenaient des amants. Druella n'avait visiblement pas eu l'intention de faire exception.

Elle avait pourtant donné à Cygnus une magnifique fille. Bellatrix Black était née avec les attributs de sa famille paternelle, avec des cheveux et un regard aussi sombre que son nom. Puis Andromeda était venue au monde, adorable copie de Bellatrix qu'elle était.

Enfin, il y avait eu la petite Narcissa.

Narcissa Black, avec ses cheveux d'or et ses yeux gris comme l'agate.

Oui, quand on savait observer, les mariages pouvaient définitivement se révéler intéressants. Peut-être que Voldemort allait changer d'avis, finalement. Après tout, il devait bien cela à sa future mangemort.

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