Chapitre 25.

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Tout sembla lointain tout à coup. La main de Rodolphus au creux de son dos, les commentaires réjouis de leurs parents, les rires de Narcissa et les encouragements de Rabastan et Andromeda. Bellatrix affichait un sourire figé, froid, feignant la réjouissance avec peu d'enthousiasme.

Épouser Rodolphus.

Cela ne l'aurait pas surprise ou dérangée le moins du monde il y a encore trois mois de cela. Si tout s'était passé normalement, il lui aurait demandé sa main pendant les vacances scolaires ; elle serait retournée à Poudlard avec la perspective d'épouser le jeune sorcier le plus incroyable du pays et aurait rendu ses camarades de dortoir jalouse en leur montrant sa bague de fiançailles.

Mais tout ne s'était pas passé normalement. Elle avait précipité la mort d'une élève, et un dangereux mage noir l'avait prise sous son aile dans l'optique de faire d'elle une véritable tueuse. Elle avait été contrainte de partager ses journées avec lui, loin de sa famille, loin de ses amis, et elle avait fini par tomber amoureuse.

Tomber amoureuse de lui.

Lord Voldemort. Le sang-mêlé qui avait réussi à se faire une place parmi les sangs purs. Le mage noir qui promettait de restaurer la grandeur du genre sorcier. Le sorcier qui était devenu son professeur, l'homme de vingt-cinq ans son aîné avec lequel toute relation intime était strictement interdite.

Elle lui avait donné son cœur, son corps, son âme, et voilà qu'il l'abandonnait. Il la poussait dans les bras d'un autre, comme un enfant qui laisse à son frère un jouet dont il se serait lassé.

Donc Bellatrix souriait, alors même que son cœur se brisait en une infinité de morceaux. Et Voldemort restait de marbre.

****

Elle allait épouser Rodolphus.

Voldemort décida de se lever et de quitter le groupe de sorciers réunis pour célébrer la nouvelle juste avant que Lestrange ne passe une somptueuse bague de fiançailles au doigt de Bellatrix.

Il n'aurait jamais dû la toucher dans un premier temps. Entamer une relation sulfureuse avec sa pupille avait peut-être été la pire idée qu'il ait jamais eue. S'il avait su que l'annonce de son mariage l'aurait rendu aussi faible, il n'aurait même pas songé à poser un doigt sur elle.

Mais il l'avait fait, et il avait fait bien plus que cela. Il avait partagé ses nuits et ses journées. Ces derniers mois, il l'avait entrainée, il lui avait partagé ses expériences. Mais il l'avait aussi écoutée raconter ses anecdotes d'étudiantes à Poudlard, et ses histoires de famille. Avec elle, il lui était même arrivé de rire, ce qui était d'une grande rareté pour le mage noir. Personne d'autre ne pouvait le faire rire comme Bellatrix Black, pas même Abraxas.
Parfois aussi, ils ne se parlaient pas, ne riaient pas. Mais les silences qu'ils partageaient étaient toujours confortables. Bellatrix savait exactement quand elle devait se taire, et quand elle devait faire la conversation ; et c'était une qualité que Voldemort appréciait. Bien sûr, elle avait un tas d'autres qualités. Elle était rusée, féroce, gracieuse, noble. Son humour était fin, son rire était la plus douce des mélodies, et ses conversations étaient toujours intéressantes. Elle ne s'embêtait jamais avec le politiquement correct, disant absolument tout ce qui lui passait par la tête dès lors que cela ne concernait pas son Maître.

Voldemort venait de faire une croix sur tout cela. D'ici la fin de l'année, Bellatrix irait habiter chez les Lestrange. Il l'avait abandonnée, et il se détestait pour cela. C'est notamment pour cette raison qu'il jugea qu'il serait mieux seul dans son bureau avec une bouteille de cognac plutôt que n'importe où près des nouveaux fiancés.

****

Cet après-midi avait été le plus long de sa vie. Il avait semblé à Bellatrix que les deux familles ne se décideraient jamais à partir. Les questions de sa mère, les regards de son père, les louages de sa future belle-mère avaient été insupportable. Mais le pire avait été les attentions de Rodolphus. Ses sourires, ses caresses. Bellatrix n'avait eu qu'une seule envie ; fuir, le plus loin possible de son fiancé.

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