- ...et là je lui ai dit « hey Skeeter, peut-être que si tu falsifiais ton certificat de naissance tu aurais une chance d'être embauchée à la Gazette ! ». Vous auriez vu sa... oh, Maître.
Le visage de Corban Yaxley se décomposa lorsqu'il vit apparaître le mage noir devant lui, et les Lestrange firent volte-face. Le silence s'était soudainement abattu. Tous avaient perdu leurs sourires et regardaient désormais Voldemort avec révérence.
- Nous espérons que la soirée est à votre goût, mon Seigneur, intervint poliment Rodolphus pour briser le silence gênant qui s'était installé.
- Cette célébration de Samhain est tout ce qu'il y a de mieux, répondit Voldemort. Notre chère Bellatrix n'a pas manqué d'y ajouter une touche résolument...agréable. Toutes mes félicitations, madame Lestrange.
- Merci, Maître, répondit Bellatrix qui souriait maintenant comme une enfant qui vient de remporter une compétition.
- Je dois avouer que, pour un premier doloris, le résultat était intéressant, continua le mage noir d'une voix mielleuse. Il faudra toutefois veiller à ne pas tuer systématiquement tes victimes à l'avenir...
- Bien sûr, mon Seigneur, s'empressa de répondre la jeune mangemort en baissant les yeux.
- Rodolphus, ta mère m'a parlé de ton cousin...Adonis, c'est cela ?
- Oui, Maître.
- Il a le même âge que Bella, pensa Voldemort à voix haute. Il est regrettable qu'il n'ait pas pu être présent ce soir...
- Adonis est un grand admirateur de vos travaux, mon Seigneur, renchérit Rodolphus.
- Et pourtant, il n'est jamais venu se présenter à moi...
Ce qui aurait pu être une simple observation sonna aux oreilles du jeune Lestrange comme une menace, et il devint livide.
- Il... il essaie de trouver un emploi du Ministère de la Magie, dit-il d'une voix blanche. Cela lui prend du temps, mais je suis certain qu'il envisage de nous rejoindre dans les plus brefs délais.
- Hmm.
- Rabastan compte nous rejoindre dès la fin de cette année, une fois qu'il aura terminé ses études, dit Bellatrix avec un petit sourire. Rodolphus et moi avons dores et déjà commencé à l'entrainer. Il progresse à une rapidité fulgurante, Maître, et est très enthousiaste à l'idée de mettre ses nouvelles capacités à votre service.
- C'est une excellente nouvelle, bien que je ne sois pas surpris ; après tout la maison Lestrange a prouvé à maintes reprises qu'elle comptait parmi mes plus fervents admirateurs.
Le couple échangea un regard complice. Voldemort perdit son sourire. Pourquoi devaient-ils se montrer si proches devant lui ? N'avaient-ils aucune décence, aucun respect ? Bellatrix ne l'avait-elle pas supplié d'annuler leur mariage, des mois plus tôt ? Pourquoi se comportait-elle comme si elle aimait sincèrement son époux alors qu'elle passait au moins une nuit par mois dans les bras d'un autre ?
Les Lestrange.
Il ne pouvait même pas les punir pour leur attitude ; les deux mangemorts avaient été irréprochables tout de long. Puis, il ne pouvait pas les blâmer de se comporter comme le couple marié qu'ils étaient. Bellatrix avait beau être sa maitresse -puisqu'il fallait poser un mot sur leur relation-, elle était aussi et surtout l'épouse de Rodolphus Lestrange. Dans l'intimité de sa chambre, elle pouvait couvrir d'amour son Maître, mais en public, c'était le jeune Lestrange qui bénéficiait de ses affections. Voldemort ne pouvait rien changer à cela sans passer pour un homme jaloux. Et Voldemort n'avait pas à être jaloux d'un gamin d'à peine vingt ans. Si sa jolie protégée tenait tant à s'enticher de son jeune mari, grand bien lui fasse. Son Maître n'avait pas de temps ou d'énergie à perdre avec ces affaires conjugales idiotes.
Et il en avait assez de cette soirée idiote.
Alors il partit, sans dire au revoir à ses hôtes, parce qu'il était le Seigneur des Ténèbres et que le Seigneur des Ténèbres faisait absolument ce qu'il voulait. Sauf lorsqu'il s'agissait de Bellatrix Lestrange.
****
18 avril 1970, Blackpool, Lancashire.
- ...ce n'est pas la question, hissa Bellatrix, son regard braqué sur la grande bâtisse qui se dressait devant elle. Je dis simplement qu'Adonis n'arrange pas la situation en refusant de rencontrer le Seigneur des Ténèbres.
- Je ne contrôle pas tout ce que mon cousin fait, Bella, répliqua Rodolphus en jetant un coup d'œil autour d'eux.
- Ce bâtiment est hideux, répondit Bellatrix, accroupie derrière un large buisson. Comment ils appellent ça, les moldus ?
- Église.
- Ah, oui. Église. Ils vénèrent un être qu'ils n'ont jamais vu. Pas étonnant qu'ils soient tous complètement fous. Nous au moins, notre Maître est bien réel.
Tout à coup, les grandes portes de l'Église s'ouvrirent, annonçant la fin de la messe, et un attroupement joyeux en sortit. Bellatrix et Rodolphus se tapissèrent un peu plus derrière leur abri de verdure, scrutant la foule à la recherche de leur future victime.
Le directeur de la Gazette du Sorcier, Edmund Allen, était un né-moldu qui se rendait tous les dimanches à l'Église. Il était marié à une moldu, et avait deux fils, tous deux nés sans pouvoirs magiques. Néanmoins, sa vie pitoyable n'était pas la raison pour laquelle le Seigneur des Ténèbres avait envoyé ses deux meilleurs mangemorts s'occuper de cet homme aujourd'hui.
Edmund Allen avait, dans la semaine, publié une tribune des plus méprisantes à l'égard des sangs purs, et n'avait pas caché sa suspicion envers Voldemort en ce qui concernait les disparitions à répétition de sorcières et sorciers au sang « impur » ou qui avaient simplement exprimé leur désaccord avec l'idéologie suprématiste du mage noir.
« Celui qui s'est autoproclamé « Seigneur des Ténèbres » est sans nul doute l'origine de la vague de violence qui s'est abattue sur notre pays depuis déjà plus d'un an. Tous connaissent son nom, ou plutôt celui qu'il s'est lui-même inventé, mais personne n'ose le prononcer. En effet, tous craignent que le mage noir soit la relève du terrible Gellert Grindelwald et plonge à nouveau le pays dans l'obscurité. Curieux, quand on sait que celui qui est à la tête d'un mouvement prônant la suprématie du sang pur est lui même un sang-mêlé. Curieux que ce soit lui qu'on craigne quand on sait qu'il envoie ses minions faire le travail à sa place. Curieux quand on sait que ces derniers n'osent même pas assumer leur identité et se cachent -littéralement- derrière des masques pour faire le sale boulot que leur patron leur refile. Certains de nos concitoyens n'osent même plus sortir de chez eux en ces temps troubles, mais nous vous rappelons que personne ne pourra nous empêcher de vivre ! et surtout pas un vieux sorcier orphelin aux motivations plus que douteuses, qui se sert d'une pseudo élite aux valeurs archaïques pour tenter désespérément de monter dans l'échelle sociale. Alors ; nous vous encourageons à ne pas prêter attention aux lunatiques qui veulent nous intimider. Votre statut de sang ne détermine en aucun cas votre valeur, et il ne devrait jamais être la raison pour laquelle vous vous sentez en danger dans un monde qui est le vôtre. Sortez, vivez, crachez sur Lord Voldemort ! »
Un frisson de rage parcourut le corps de Bellatrix quand elle repensa à l'article ô combien révoltant de la Gazette. Si cela ne tenait qu'à elle, elle tuerait tous ceux qui auraient participé à la publication de cette article. Du fournisseur de papier à l'auteur en passant par l'imprimeur.
Mais Voldemort n'avait ordonné que l'assassinat de monsieur Allen. Et quel assassinat...
Les deux mangemorts avaient été chargé de laisser le corps en évidence devant les bureaux de la Gazette, sur le Chemin de Traverse. Il n'avait pas précisé dans quel état le corps devait se trouver, et cela tombait à pic : Bellatrix était d'humeur... joueuse.
- Nicholas, George ! On y va, vous savez qu'il vous reste vos devoirs à faire si vous voulez allez jouer avec vos cousins cette après-midi.
Deux petits blondinets rejoignirent leur mère avec une moue agacée, et les trois montèrent dans une voiture rouge flamboyante.
- Edmund ! appela la femme en passant la tête à travers la fenêtre de sa portière.
Un homme qui discutait avec deux autres sembla leur dire au revoir et rejoignit sa famille à l'intérieur du véhicule.
- Merde, pesta Bellatrix quand elle entendit le moteur démarrer.
Avant que Rodolphus ait pu la retenir, elle courut vers les Allen et s'arrêta devant la voiture, figée. Edmund leva les yeux au ciel, sans vraiment la regarder, et klaxonna. Bellatrix sursauta, ne comprenant pas d'où sortait ce bruit infernal, mais resta sur place.
- Mademoiselle, peut-on savoir à quoi vous jouez ? demanda la femme d'un ton exaspéré.
Bellatrix contourna la voiture pour venir du côté du conducteur, avant de toquer à la vitre d'Edmund. Le sorcier leva enfin les yeux vers elle, et son visage s'assombrit.
- Monsieur Allen, deux mots s'il vous plait, dit Bellatrix d'un ton jovial.
- Edmund, qui est cette fille ? demanda la femme.
- Aucune idée, répondit le sorcier les dents serrées. Mademoiselle, vous êtes priée de vous écarter de ce véhicule.
Un sourire étrange se dessina sur les lèvres de la jeune mangemort, et, sans que personne ne s'en rende compte, elle prit sa baguette entre ses doigts délicats. Bellatrix réunit toutes ses forces pour lancer un sortilège sans prononcer d'incantation, et, la seconde suivante, un petit nuage de fumée verte entoura le visage d'Edmund. Puis, son regard se fit vitreux et lointain, et Bellatrix sut alors que son sortilège de l'imperium avait pris.
- Monsieur Allen, je crains qu'il ne s'agisse d'une affaire urgente. Si vous voulez bien me suivre...
- Bien sûr, mademoiselle.
****
Château Lestrange, Oxfordshire.
- C'est lui ? Le sang de bourbe de la Gazette ?
Bellatrix acquiesça, et Mérida gloussa en observant monsieur Allen, qui se tenait debout au fond de la pièce. L'homme était complètement hagard, déchiré entre sa conscience à moitié endormie qui lui criait de s'échapper et le sortilège qui l'obligeait à rester immobile, docile.
- Le soleil commence déjà à se coucher, remarqua Rodolphus en jetant un coup d'œil à travers l'une des immenses fenêtres du salon. Si tu veux t'amuser un peu avec lui avant d'en finir, tu devrais te mettre immédiatement au travail, Bella.
- Oh, faites attention à ne pas salir le parquet. Nous venons tout juste de le changer.
- Nous ferons attention, Mérida, répondit Bellatrix avec un sourire malicieux. Tu veux assister au spectacle ?
- Cela aurait été avec plaisir, mais ta mère m'a invitée à dîner avec elle et je ne devrais pas tarder. Mais je vous souhaite une très bonne soirée ! ajouta-t-elle en s'éloignant.
- Oh, elle le sera, répondit la brune en posant les yeux sur l'homme qui n'avait pas bougé d'un pouce.
****
- Je viens d'avoir une idée, dit Rodolphus, le souffle court.
- Hmm ?
Bellatrix abandonna un instant sa victime, qu'elle torturait déjà depuis une bonne demie-heure et qui était au bord de l'inconscience, pour se tourner vers son époux.
- Les mains, dit simplement Rodolphus.
- Les mains ?
- C'est ce qui lui permet d'écrire ses conneries, précisa-t-il en haussant les épaules. Il n'en aura plus besoin d'ici quelques heures. Et les autres comprendront très bien pourquoi.
- Oh, Dolph, ton idée est juste délicieuse. Brillante, susurra Bellatrix avant d'embrasser tendrement son époux. À toi l'honneur, mon très cher.
Lestrange lui répondit par un sourire arrogant, et pointa sa baguette vers Edmund avant de dessiner une ligne dans les airs.
- Diffindo.
L'homme poussa un hurlement de douleur alors que d'épais jets de sang s'échappait des moignons où avaient été accrochées, quelques secondes auparavant, ses mains. Bellatrix s'accroupit dans la marre de sang qui s'élargissait autour de lui, et ramassa les deux membres inertes avant de se relever pour se tourner vers son époux.
- Souvenir, expliqua-t-elle en riant.
Et Rodolphus rit en retour.
Une heure plus tard, Edmund Allen était mort. Bellatrix avait prit soin d'ouvrir son torse de son nombril à la naissance de sa gorge, exposant ses entrailles encore chaudes, avant de déposer son cadavre devant les bureaux de la Gazette à la nuit tombée.
Son Maître allait être fier d'elle. Fier d'eux. Ils étaient, sans aucun doute, la meilleure équipe qui ait existé.
Lorsqu'elle transplana, laissant le corps sans vie d'Edmund Allen derrière elle, elle fut plus que jamais reconnaissante d'être mariée avec un aussi bon partenaire que Rodolphus Lestrange. Peut-être qu'elle ne l'aimerait jamais comme elle était son Maître, d'un amour profond et inconditionnel. Mais, de bien des manières, Rodolphus était une personne d'une extrême importance pour Bellatrix. Il la faisait rire, lui apportait confort et réconfort. Plus encore, il l'aimait telle qu'elle était. Il aimait quand elle était l'incarnation même de l'aristocratie, noble et pure, et il l'aimait quand elle était souillée par le sang de ses ennemis, le regard fou et les cheveux en bataille. Il était son ami, il était sa famille.
Et elle savait que, lorsque le Seigneur des Ténèbres aurait triomphé, ils seraient tous deux à jamais dans ses bonnes grâces, et sa vie serait alors plus parfaite encore qu'elle l'était à présent._________________________________
Tout est parfait pour les Lestrange... ils sont les favoris du Seigneur des Ténèbres, enchaînent les succès et leur mariage semble être plus heureux que jamais. Puis, ils seront bientôt rejoint par Rabastan qui s'apprête à terminer sa dernière année à Poudlard.
What could POSSIBLY go wrong?
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All the wrong choices
Fanfiction1967. Bellatrix entame sa sixième année à l'école de sorcellerie Poudlard. Au même moment, un mystérieux mage noir fait campagne au sein des plus grandes familles de sang pur. Lorsque l'aînée de la famille Black fait la rencontre de celui qui se fai...