— Voici votre robe, Madame, dis-je à la cliente en lui tendant son sac soigneusement emballé.
— Merci beaucoup !
— C'est nous qui vous remercions. Au revoir et passez une excellente journée.
Dès que la cliente franchit le seuil de la boutique, je m'empresse de ranger les portants, remplaçant les pièces de l'ancienne collection par les nouveautés.
Alors que je tente de soulever un lot de cintres, une douleur vive et lancinante me traverse soudain le bras, m'arrachant un grimace. Je lâchais prise, et l'une des robes glisse sur le sol.
J'avais naïvement oublié que je suis encore en convalescence. Mon corps me rappelle brutalement ses limites : je m'épuise bien plus vite qu'avant et deux simples allers-retours suffisent à me faire tourner la tête.
Manon le remarque aussitôt. Elle s'approche précipitamment et ramasse la robe avant de me la tendre.
— Merci, Manon...
— Mais de rien ! Tu sais, tu n'étais vraiment pas obligée de revenir si tôt. Tu n'es absolument pas rétablie, et ça se voit à ta mine. Tu as besoin de repos.
— Je sais... mais je me sens tellement inutile à rester enfermer chez moi. Ashley part travailler tôt le matin, et moi je reste plantée là à ne rien faire.
— C'est tout à fait normal ! Tu as eu un accident de voiture, ce n'est pas rien.
Un accident de voiture. C'est le mensonge que j'ai inventé de toutes pièces pour justifier mes traumatismes. Je refuse qu'elle connaisse la vérité sur Jacob ; je ne veux pas qu'on ait pitié de moi.
— Si la douleur devient trop forte, je m'arrêterai, promis. Mais pour l'instant tout va bien, alors ne te fais plus de souci pour moi, d'accord ?
— D'accord... mais pour le moment, laisse-moi t'aider.
Sans me laisser le temps de protester, elle me retire des mains les trois robes volumineuses que je peinais à porter et me fait signe de la suivre vers la réserve.
— Au fait, Kelly m'a dit la semaine dernière qu'une cliente très importante allait venir ici dans les prochains jours. Elle veut qu'on lui réserve un accueil royal pour l'image de la marque.
— Elle doit être sacrément influente pour que Kelly nous mette autant la pression...
— Oh que oui ! C'est une ancienne mannequin, et ses parents sont blindés d'argent. Apparemment, elle a un caractère imbuvable. Il va falloir être aux petits soins pour éviter le drame.
— Je déteste ce genre de femme, soupirai-je en levant les yeux au ciel. Parce qu'elles sont nées avec une cuillère en or dans la bouche, elles s'imaginent qu'elles ont le droit de traiter tout le monde comme des chiens.
— Tu as tout compris.
Manon me pousse doucement vers la sortie de la réserve en me demandant de lui laisser la suite des collections. Je la remercie chaleureusement avant de retourner à la caisse pour prendre en charge les nouvelles clientes.
*******
Je rentre à la maison accompagnée de Pearl, que je suis allée chercher à l'école juste après ma journée. Je me sens terrassée par une fatigue bien plus lourde que d'habitude. Mes côtes me lancent et mon bras droit me brûle.
Je me faufile rapidement dans ma chambre pour avaler mes antalgiques, puis je rejoins Pearl dans la cuisine. Ma petite sœur m'attend sagement, deux assiettes déjà dressées sur la table.
— Je t'ai servi ! annonce-t-elle fièrement.
— Merci, ma puce.
Je m'installe face à elle et plante ma fourchette dans le plat de spaghettis encore fumant.
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Sydney
RomanceSydney est une jeune fille de 21 ans a qui la vie n'a pas toujours sourit. Après la mort de sa mère, Sydney se retrouve à s'occuper seul de sa petite sœur Pearl. Hôtesse d'accueil le jour et strip-teaseuse la nuit, Sydney essaye de s'en sortir comme...
