Chapitre 70 : Sydney | Joshua

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{ Joshua }

Je roule depuis maintenant une trentaine de minutes. La nuit est tombée depuis un moment. Nous nous enfonçons de plus en plus profondément dans une forêt dense et menaçante. Malgré les phares de la voiture qui lacèrent péniblement l'obscurité, j'ai le plus grand mal à distinguer ce qui se dresse devant nous.

Assise sur le siège passager, Ashley retient son souffle, les yeux fixés sur le GPS
et les indications de la route. À l'arrière, ligoté comme un vulgaire colis, Dan gît dans le coffre. Ses brayements incessants commençaient à me taper tellement sur les nerfs que j'ai fini par lui scotcher la bouche avant de l'y enfermer.

Il nous a balancé cette adresse avant que nous ne prenions la route, mais j'espère de tout mon cœur que cet enfoiré n'a pas essayé de nous mener en bateau.

Au bout de cinq interminables minutes, nous émergeons enfin de l'enchevêtrement des bois. Un peu plus loin, se dressant comme une carcasse sinistre au milieu d'une clairière, un immense entrepôt abandonné se profile dans la nuit.

Je ralentis immédiatement, éteins les phares pour ne pas attirer l'attention, et gare la berline à l'abri des regards, non loin du bâtiment.

— Ashley, dis-je en coupant net le moteur, tu restes ici.

— Quoi ?! Mais t'es malade, non ? Je ne vais pas...

— C'est beaucoup trop dangereux là-dedans ! Il vaut mille fois mieux que tu restes dans la voiture pour surveiller notre cher ami dans le coffre. Ne t'inquiète pas, il est solidement attaché, il ne bougera pas d'une semelle

— Joshua, écoute-moi...

— Non, c'est non ! Reste ici, un point c'est tout, insistai-je d'un ton sec et sans appel.

Elle croise brusquement ses bras sur sa poitrine, boudant ostensiblement, les mâchoires serrées. Malgré sa colère, je préfère mille fois la savoir en sécurité ici plutôt que de l'exposer aux horreurs qui nous attendent à l'intérieur. Je ne sais pas ce qui se cache dans ce guet-apens, et chaque seconde compte.

D'un geste vif, j'ouvre la boîte à gants et en sors une arme de poing. J'en garde toujours une dans le véhicule et à la maison, par simple mesure de précaution. On ne sait jamais ce que la vie nous réserve, et pour anticiper le pire, je préfère largement de quoi riposter.

Ashley jette un regard furtif sur l'arme froide, ravale ses mots, puis détourne la tête pour fixer le paysage sombre par la vitre. Je pousse la portière, sors dans le froid mordant et m'approche à grands pas de l'entrepôt.

La porte principale est lourdement condamnée par une grosse chaîne en fer forgé fermée par un cadenas rouillé.

Il me faut un autre point d'entrée.

Je contourne la bâtisse en longeant le mur lépreux jusqu'à trouver une porte secondaire. Celle-ci n'est pas entravée par des chaînes, mais en essayant d'abaisser la poignée, je constate qu'elle est fermée à clé.

Merde !

Si je j'essaye de détruire la serrure, le vacarme résonnera dans toute la forêt et alertera immédiatement quiconque se trouve à l'intérieur. Je balaie le sol des yeux à la recherche d'un outil. Après quelques secondes de fouille frénétique au milieu des débris, je tombe sur une vieille clé à molette rouillée et lourde, en partie cachée sous un tas de ronces.

Sydney Des histoires addictives. Découvrez maintenant