Fogelberg arriva au Commissariat en milieu de matinée et s'installa immédiatement dans son bureau pour commencer à monter son dossier. Elle se préparait pour la conférence de presse prévue un peu plus tard dans la journée, espérant que les résultats du laboratoire concernant les prélèvements effectués sur les lieux du crime seraient disponibles rapidement. Elle était également impatiente de recevoir des nouvelles du légiste, dont les observations pourraient apporter de nouveaux éclaircissements sur cette affaire complexe.
Seule dans son bureau, elle passa en revue les maigres informations qu'elle possédait concernant le meurtre. La victime, malgré son apparence et son goût vestimentaire de biker, était en réalité un homme ordinaire qui n'avait jamais provoqué la moindre vague dans son entourage. Les recherches sur son passé n'avaient rien révélé d'anormal, et il n'était pas connu des services de police, sans aucun antécédent criminel.
Quant au client de la chambre voisine, son identité s'était révélée être une fausse piste, ce qui n'était pas surprenant dans des établissements où les contrôles d'identité étaient souvent négligés.
Plus tard dans la journée, lors de la conférence de presse, un journaliste posa une question sur un éventuel lien avec un autre meurtre survenu sur la Promenade des Pionniers. Fogelberg prit une profonde inspiration avant de répondre d'un ton calme et professionnel : "Pour le moment, rien ne nous permet de relier ces deux morts. Cependant, je profite de l'occasion pour réitérer notre appel à témoin concernant la victime de la Promenade des Pionniers, qui n'a toujours pas été identifiée. En ce qui concerne la victime actuelle, son identité est désormais connue, mais nous ne pouvons pas divulguer d'autres éléments de l'enquête à ce stade."
Les journalistes continuaient d'affluer avec leurs téléphones, capturant chaque mot de Fogelberg. Elle décida de conclure la conférence en adressant un message direct aux meurtriers : "Je m'adresse maintenant aux meurtriers. Sachez que je ne connaîtrai aucun répit tant que je ne vous aurai pas trouvé et mis hors d'état de nuire, définitivement. Vous êtes mon unique objectif. Regardez derrière vous ou au coin de la rue. Vous ne savez pas quand ni où, mais soyez certains que je serai là, près de vous, pour mettre un terme à vos agissements. Et cela arrivera bien plus tôt que vous ne le pensez." Sa voix était déterminée, et elle espérait que ses paroles feraient réfléchir ceux qui étaient responsables de ces crimes horribles.
Fogelberg ressentit une pointe de frustration alors qu'elle quittait l'estrade de la conférence de presse, laissant derrière elle une nuée de journalistes qui continuaient à poser des questions. Son téléphone vibrait dans sa poche, et en un coup d'œil, elle sut que c'était le signe que des représailles allaient tomber. Elle pouvait presque suivre la chaîne d'appels, du Maire au Commissaire, puis au Capitaine qui serait chargé de lui faire entendre des reproches. La possibilité d'être mise à pied ou même licenciée lui pesait également sur l'esprit.
Fogelberg savait que son intervention ferait probablement la une des journaux le lendemain, et elle imaginait déjà les titres sensationnalistes : « La justicière menace... » ou quelque chose du même acabit. Elle trouvait cela frustrant, car elle avait simplement exprimé sa détermination à arrêter les meurtriers et à rendre justice aux victimes. Mais elle comprenait aussi que ses paroles pourraient être mal interprétées et que certains pourraient voir cela comme une tentative de jouer les héros.
Plutôt que de repousser l'inéluctable, Fogelberg se dirige vers son Commissariat où elle est accueillie par des applaudissements, certains probablement sincères d'autres probablement ravis. Elle n'était pas du genre à rechercher la reconnaissance ou à se laisser influencer par les opinions de ses collègues. Dans son dos, ses collègues la surnomment l'iceberg. Elle n'ignore rien de ce surnom et ne fait rien pour le démentir. Si elle est froide dans ses relations avec ses collègues, c'est simplement qu'elle manque de savoir-faire dans les relations interpersonnelles. Mais elle ignore le réel sens de ce surnom qui lui vient de son implication et de sa rigueur dans son travail. Valait mieux ça que le bulldog ou le pitbull, comme certains collègues avaient originellement l'intention de la surnommer. Elle n'était pas la plus sociable, mais cela n'avait jamais été son objectif premier.
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It ends with us
Mystère / ThrillerLe Lieutenant Fogelberg se retrouve confronté à des crimes aussi horribles qu'insaisissables : une femme pendue dans un parc, un homme crucifié dans un motel... Aucun indice ne permet de mettre la main sur les coupables, et l'enquête semble s'enlise...
