Chapitre 29

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Dans l'appartement meublé qu'il a loué, le tireur a minutieusement préparé son piège mortel. Des armes à feu et des couteaux sont soigneusement dissimulés sous et derrière les meubles, des grenades explosives et assourdissantes discrètement placées, une casserole remplie d'huile chaude, prête à être utilisée comme arme improvisée, et même un cocktail Molotov dangereusement prêt à être allumé. Chaque recoin est piégé, des fenêtres à la porte d'entrée, rien n'a été laissé au hasard.

Grâce aux caméras judicieusement installées près de l'issue de secours, dans le couloir, près de l'ascenseur et en direction de son propre appartement, il surveille attentivement et attend impatiemment son visiteur. Il sait que l'ombre, qu'il a affrontée lors de l'attaque de l'entrepôt, ne manquera pas de venir récupérer ses pièces, probablement guidée par David qui l'a trahi.

Malgré ses préparatifs minutieux, il ne peut s'empêcher d'éprouver une certaine nervosité. Mais il est déterminé à se mesurer une fois de plus à cette ombre mystérieuse. Étant donné qu'il a de fortes chances de ne pas s'en sortir, il s'est assuré que sa famille reçoive l'argent qu'il a mis de côté. S'ils n'en veulent pas, le considérant comme sale, il est convenu que l'argent soit versé à une association qui vient en aide aux anciens militaires.

21:14

Le tireur se demande si son mystérieux adversaire, soupçonnant que l'appartement est piégé, l'attend à l'extérieur. Soudain, une ombre rapide surgit dans le bâtiment et se dirige vers les escaliers. Les mains agrippant fermement deux Glocks, il se plaque contre le mur, en deux fenêtres, vue sur la porte. Il reste immobile, seul le mouvement subtil de ses narines trahissant sa respiration. Soudain, un bruissement attire son attention. Une feuille de papier a été glissée sous sa porte, le prenant par surprise.

Sa curiosité prend le dessus et il s'approche du papier. Bien évidemment, le papier a été glissé de façon à l'obliger à le retourner pour le lire, devant ainsi se pencher et libérer une main. La simple phrase inscrite dessus le laisse perplexe : « Offre refusée ». Le bruit d'une fenêtre défoncée le fait se retourner et se baisser. Sa cible a détourné son attention pour choisir son point d'entrée. Réagissant instinctivement, il ouvre le feu en direction du bruit, mais ses balles ne rencontrent que le vide, l'ombre s'est déjà éclipsée dans l'obscurité. Un couteau s'enfonce dans le mur à quelques centimètres de son épaule. Réprimant un juron, il bondit vers la droite et, atterrissant sur l'épaule, lâcha une de ses armes et se redressa à demi rapidement après avoir effectué un roulé-boulé et se mit à tirer à l'aveuglette vers son agresseur. Il n'espérait pas l'atteindre, juste l'obliger à se mettre à l'abri.

Cependant, l'agresseur bondit habilement par-dessus le sofa et se retrouve face à lui. Ils se dévisagent brièvement puis réagissent simultanément. Avant qu'il ne puisse ajuster son tir, son adversaire le frappe violemment au poignet, le forçant à lâcher son arme. En riposte, il assène un coup de poing qui repousse son adversaire, puis le frappe d'un solide coup de pied dans l'estomac.

En se mettant à genoux, il récupéra le Glock qu'il avait caché sous le canapé, puis se tourna sur le côté pour tirer. La cible était sans cesse en mouvement, se déplaçant autour de lui avec agilité, passant tour à tour de la position debout à l'accroupi. L'adrénaline saturait son sang. Reculant en tirant, il atteignit finalement le mur de la pièce. De sa main valide, il tâtonna à la recherche de l'interrupteur. Quand il le trouva, la cible se retrouva subitement dans son champ de vision, une lame à la main. Sans hésiter, il ouvrit le feu, mais la cible esquiva habilement en se mettant de profil, s'approchant de lui avec un sourire sinistre aux lèvres.

Il trouve ça drôle ?

Glissant une main derrière la console contre le mur, il en sortit un couteau et, par mimétisme musculaire, para le coup de couteau que la cible venait de porter. Les lames s'entrechoquèrent alors que chacun tentait d'avoir l'ascendant sur l'autre. La cible enchaîne les coups de manière brutale, chacun d'eux potentiellement mortel. Il ne devait sa survie qu'à son entraînement et à la chance, principalement la chance. Malgré la violence de l'affrontement, que ce soit un combat à mort, son assaillant semblait se réjouir, souriant voire ricanant face aux parades et aux coups rendus.

Putain. C'est qui ce gars ?

La cible semblait avoir une formation militaire. Ses positions, ses coups, ses réflexes, tout indiquait qu'il avait un redoutable combattant en face de lui, et il était de moins en moins certain de s'en sortir vivant. Il dirigea le combat vers la cuisine, où il espérait mettre la main sur l'huile qui continuait de chauffer sur le feu ainsi que la grenade.

Une entaille sur la cuisse le fit serrer les dents.

"Tu n'auras pas cette satisfaction !" cracha-t-il.

Un pas de plus.

Une entaille de plus, cette fois sur son flanc.

Le combat finit dans cinq secondes max ! Il a eu le dessus sur moi dès le début.

Les sirènes de voitures de police se faisaient entendre, se rapprochant rapidement.

Du coin de l'œil, il aperçut le manche de la casserole, et se ressaisit. La chance semblait tourner en sa faveur. Prenant la poignée en main, d'un mouvement désespéré, il lança le contenu brûlant sur la cible, qui ralentit à peine, ni ne tressaillit, malgré l'huile bouillante qui l'asperge.

La cible s'approcha rapidement, souriant toujours, des cloques se formant sur son visage. Il n'a pas le temps de se demander comment la cible fait pour ne pas réagir aux brûlures que deux lames le transpercent. Les yeux sombres de la cible le fixèrent, vides de toute expression, tels ceux d'un serpent. « Alors, » demanda-t-il d'une voix froide, « et si on parlait un peu de ces pièces ? Où sont-elles ? »

It ends with usOù les histoires vivent. Découvrez maintenant