Chapitre 27

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Jamais une heure n'avait passé aussi vite et aussi lentement pour Fogelberg. Après avoir quitté la chambre de Joseph, elle avait été rapidement invitée par Karine Rhodes à la rejoindre pour prendre un café. Contrairement à l'entremetteuse qu'elle avait craint, selon les dires de Joseph, Fogelberg découvrit une femme d'une gentillesse incroyable. Karine fait tout pour la mettre à l'aise, évitant de l'assaillir de questions sur sa relation avec Joseph. Cependant, elle lui fit comprendre qu'elle était heureuse de savoir que Joseph avait quelqu'un dans sa vie, lui qui était si secret et réservé. Karine décrivit Joseph comme un homme rare, poli, courtois, et posé. Toujours prêt à dire un mot gentil, même envers le personnel s'occupant de l'entretien. Elle vantait ses mérites, mais toujours avec un ton de respect envers l'homme et ses valeurs.

La sonnerie à trois tons annonçant la fin du cours fit naître un sentiment de stress chez Fogelberg. Joseph allait être impliqué dans sa fuite, devenant ainsi un complice. Pourtant, lorsqu'il passa par la porte du bureau avec son visage souriant, elle sentit une chaleur réconfortante l'envahir.

« Nous y allons ? » demanda-t-il en la regardant droit dans les yeux.

Fogelberg acquiesça en secouant la tête. Elle se sentait comme si on l'invitait à danser au bal de l'école.

« Merci infiniment, Karine, » dit-elle en tendant la main à son amie.

« Oui, merci Karine. Je te le revaudrai, » ajouta Joseph. « Je te souhaite un bon week-end, mes amitiés à ton mari. »

Karine rougit légèrement. « Ce n'est rien, voyons. Un peu de compagnie, ça fait plaisir de temps en temps. »

Passant devant la fenêtre, Joseph la salue. Fogelberg voit rapidement un geste de la main approbateur en guise de réponse.

« Je crois que tu lui as fait forte impression » souligne Joseph, faisant rougir Fogelberg.

En quittant l'école, Joseph et Fogelberg prirent le chemin de l'appartement de ce dernier. Joseph laissa délibérément un espace entre son coude et sa taille, invitant Fogelberg à glisser son bras à l'intérieur, ce qu'elle fit avec une aisance renouvelée.

« Alors, dis-moi tout. Dans quel pétrin t'es-tu mise, afin que je comprenne dans quel pétrin je suis ! » demanda-t-il d'un ton compatissant.

Fogelberg se dévoila complètement et lui raconte tout, depuis leur première rencontre jusqu'aux récents événements. Alors qu'elle détailla le dernier crime perpétré, Joseph s'arrêta, le visage dégoûté par le vice et l'acharnement du meurtrier.

Toujours bras dessus, dessous, ils pénètrent dans le hall de l'immeuble de Joseph. Une fois arrivés dans son appartement, Joseph dépose le sac de Fogelberg dans sa chambre et commence à retirer les draps de son lit pour les remplacer par des propres.

« Non, Joseph. Je peux très bien dormir sur le canapé, » dit-elle.

« Pas chez moi. Ce serait manquer à mes valeurs. L'hospitalité est une valeur... ancestrale. Tant que tu vis chez moi, tu dormiras dans la chambre. Le canapé me convient parfaitement, j'en ai vu d'autres, crois-moi, » insiste-t-il.

« Pardonne-moi. Je ne savais pas vers qui me tourner, » s'excuse-t-elle.

« Que tu te sois tourné vers moi me touche, ça implique que tu me fais suffisamment confiance, » répond Joseph d'une voix douce.

C'est surtout que personne ne te connaît, pense-t-elle sans oser le dire.

« Ou alors, c'est que je suis l'option pratique, car personne dans ton entourage ne me connaît, n'est-ce pas ? » dit-il avec un léger sourire. « Est-ce que tu vis seule ? »

It ends with usOù les histoires vivent. Découvrez maintenant