Chapitre 17

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Un demi-jour filtrait à travers les lattes des stores, projetant des rayons de soleil dans le couloir silencieux. La sonnerie à trois tons marqua la fin des cours, annonçant le déferlement imminent des élèves dans les couloirs. Fogelberg se plaqua contre le mur, les yeux rivés sur la porte de la salle de classe de Joseph. Elle voit Joseph sortir le premier et assiste au petit rituel qu'il a avec ses élèves. Si au début elle avait l'intention de se laisser attendrir par le contact privilégié qu'il avait avec ses élèves, elle le réprima. Elle observa patiemment, attendant que les derniers élèves quittent le couloir avant de s'approcher. Son cœur battait plus fort, mêlant l'excitation de cette rencontre inattendue à l'inquiétude concernant les mystères entourant l'homme qu'elle cherchait à connaître.

Lorsque la voie fut libre, Fogelberg entra rapidement dans la salle de classe et referma la porte derrière elle pour être sûre de ne pas être dérangée. Joseph, absorbé par ses tâches de fin de cours, ne l'avait pas entendue arriver. Elle resta immobile, observant discrètement ses gestes alors qu'il essuyait le tableau blanc et rangeait ses affaires. La proximité de cet homme si mystérieux réveilla en elle une vague de sentiments confus, mais elle se ressaisit, se préparant à affronter la situation avec professionnalisme.

Finalement, elle brisa le silence en prononçant son nom d'une voix calme mais ferme : « Bonjour, Joseph. »

Joseph se redressa brusquement, surpris par sa présence. En se retournant, il la vit, épaule contre le mur, bras croisés, et lui souriant. Un éclair de reconnaissance passa dans ses yeux.

« Ça alors, Angerona ? Comment allez-vous ? » demanda-t-il, l'air étonné et curieux.

La question, posée avec naturel, la désarçonna légèrement. D'un léger coup d'épaule, elle se redressa tandis qu'il glissait son ordinateur dans son sac à dos et le refermait.

« Je vais bien, merci. Même si j'étais un peu inquiète vu comment vous êtes parti hier », dit-elle.

« C'est vrai. J'ai couru après le gars sur quelques rues, mais il m'a semé dans le métro. Quand je suis retourné à l'arrêt de bus, vous n'étiez plus là. Je n'avais aucun moyen de vous joindre, malheureusement. Désolé de vous avoir inquiétée, mais comme vous le voyez, je vais bien », répondit-il avec un air de décontraction. Son naturel, sa normalité, la perturbe totalement. Devait-elle lui dire qu'elle avait passé la nuit devant chez lui à l'attendre ?

« Vous avez l'air d'aller mieux, je suis content », dit-il pour changer de sujet.

« Merci. Vous voulez prendre un café, je vous invite ? » proposa-t-elle.

« Pourquoi pas ? Mais j'aimerais me changer, j'ai eu un accident de stylo », fit-il en montrant la tache d'encre qui s'étalait en partant du bas de la poche de sa chemise blanche. « J'habite à peine à quelques minutes à pied, vous m'accompagnez ? »

« D'accord », répondit-elle en souriant, tout en ouvrant la porte.

Joseph salue les autres professeurs qu'ils croisent dans le couloir, et tout en marchant côte à côte, il raconte sa journée à Fogelberg avec enthousiasme. Elle écoute attentivement, retenant sa curiosité grandissante sur l'énigmatique homme qui se trouve à ses côtés. Ils quittent l'enceinte de l'école et se retrouvent sur le trottoir animé, se lançant dans des banalités sur la météo et le trafic. Fogelberg réussit même l'exploit de faire semblant de s'intéresser à ce qu'il dit, gardant son objectif en tête.

Rapidement, ils atteignent l'immeuble de Joseph. Il tape son code sur le digicode et récupère son courrier dans les boîtes aux lettres avant de se diriger vers l'ascenseur. L'intérieur est décoré de façon moderne, avec des boutons en métal brillant et du marbre sous leurs pieds. Ils montent jusqu'au quatorzième étage, échangeant des plaisanteries en riant, déconnectant un moment de leur réalité professionnelle.

It ends with usOù les histoires vivent. Découvrez maintenant