Tous les anniversaires ne sont pas des jours tristes. Aujourd'hui – le 18 avril –, c'est celui de Neal, et il mérite que nous le fêtions comme il se doit.
Évidemment, il ne m'a pas vraiment aidée. Lorsque je lui ai demandé ce qui lui ferait plaisir, il m'a répondu qu'il ne voulait rien de spécial, que passer la soirée avec moi suffirait à le rendre heureux. Et je sais qu'il le pense sincèrement. Mais moi, je ne me voyais pas ne pas saisir l'occasion pour lui exprimer à quel point il compte pour moi. Il y a tant de moments où il fait chavirer mon cœur par ses petites attentions adorables... Ce soir, c'est à son tour de se laisser aimer.
Non que je ne lui exprime pas mes sentiments d'ordinaire – vu leur intensité, encore heureux. Je crois cependant que pour faire fonctionner un couple, il ne faut pas se reposer sur ses acquis, mais plutôt chercher sans cesse à être la meilleure personne possible pour l'autre, trouver des moyens de mettre des étoiles dans ses yeux. Neal sait le faire parfaitement, et avec un naturel déconcertant ; cela me donne envie de me dépasser.
J'ai conscience que même s'il adore les Dolphins, il n'aurait pas été à l'aise si j'avais organisé quelque chose comme une énorme fête. Il préfère le calme et n'aime pas trop être pris au dépourvu. Donc, après son deuxième entraînement de natation de la journée, nous nous sommes tout simplement posés dans ma chambre – Selena est partie passer la soirée avec James –, à manger des sushis que j'ai commandés. Nous sommes installés à mon bureau, et comme d'habitude entre nous, la conversation ne tarit pas. Nous avons beau nous voir tous les jours, nous ne manquons jamais de choses à nous raconter. À propos de nos cours, des grilles de mots croisés que nous résolvons chacun de notre côté, d'anecdotes amusantes qui ont égayé les heures que nous avons passées loin de l'autre... Même avec ses proches, Neal reste réservé, mais j'aime qu'il soit si différent avec moi. Ouvert, toujours enthousiaste, suffisamment en confiance pour ne pas hésiter à me confier ses pensées.
C'est comme ça que je l'aime, et je suis fière d'être celle auprès de qui il s'autorise à baisser ses barrières.
— J'ai une surprise ! j'annonce quand nous avons terminé nos plateaux.
Il m'observe avec une pointe d'appréhension. Ne voulant pas qu'il angoisse inutilement, j'enchaîne en lui révélant :
— J'ai fait un gâteau.
Sur ce, je bondis sur mes pieds et file au petit frigo de la chambre, dont je sors un cheesecake aux framboises encore dans son moule – je peux remercier Sara de m'avoir conseillée par SMS sur la pâtisserie la plus susceptible de plaire à son petit frère. Ça n'a pas été une mince affaire de le préparer, sans four ni plaques de cuisson, mais j'ai veillé à choisir une recette compatible avec le peu de moyens dont je dispose à la résidence universitaire. Je stressais un peu, mais je suis plutôt satisfaite du résultat – en tout cas visuellement. Pour ce qui est du goût, nous allons découvrir ce qu'il en est très bientôt.
— Bravo ! me complimente Neal. Il a l'air incroyable.
— Eh bien, il ne nous reste plus qu'à nous servir une part chacun.
Ce qui est plus facile à dire qu'à faire : extraire une portion du moule avec une grande cuillère pour tout outil est un challenge ambitieux. Quand le gâteau se retrouve dans nos assiettes, il a davantage la forme d'un tas que celle des beaux triangles bien nets dignes d'Instagram...
Au moins, cela nous fait rire. Finalement, cela apporte encore plus de saveur à cette soirée...
Neal s'apprête à goûter une première bouchée du cheesecake lorsque je l'arrête :
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My Crushing Wave
RomanceS'il y a bien une chose à laquelle Neal ne s'attendait pas en faisant sa rentrée en troisième année à l'université de Danbury, c'est à voir débarquer Cleo devant lui. Oui, passionnés de mots croisés tous les deux, cela fait des mois qu'ils se parlen...
