Chapitre 49

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Pressée dans la foule terrifiée, reculée contre la paroi opposée à la baie vitrée, je tentais de contenir ma propre terreur. Les tremblements de chacun nous parcouraient tous. Les cris et pleurs s'étouffaient dans les paumes des mains pour ne pas porter l'attention sur nous tous au fond de l'océan tandis que s'abattaient en tournoyant de gigantesques tentacules éclairées par quelques faisceaux lumineux qui zébraient de temps à autre les profondeurs.

Le dieu grec n'avait pas bougé d'un pouce. Immobile face aux viscères et autres membres déchiquetés qui coulaient depuis la surface, le dieu attendait le dos droit, empoignant son trident. Les vagues faisaient tanguer le bâtiment et menaçaient de briser la vitre sous-marine. Dans un dernier éclair deux gigantesques yeux apparaissent derrière l'écran vitré . Durant une poignée de secondes, de celles qui vous paraissent durer une éternité l' "homme" et la bête se défient du regard.

Personne n'ose bouger, ni même respirer. L'électricité parcourt silencieusement la pièce, envahissant chacun de nous, jusqu'à s'enrouler dangereusement autour du trident sur lequel une immense flamme bleue danse désormais. Hypnotisée par elle, chaque prunelle devient un miroir et dans un dernier soubresaut, une énorme tentacule fouette la vitre avant de disparaitre dans l'obscurité des fonds marins.


La pression se relâche et chacun reprend souffle.

- Triton? Triton?

Les lumières se rallument et chacun se lève et s'approche timidement, puis, de plus en plus nombreux de la grande baie. A travers l'eau encore trouble nous apercevons des silhouettes avancer. D'abord floues, puis, de plus en plus distinctives. Des soldats aux longues queues écaillées se soutiennent pour porter les blessés, d'autres encadrent des bulles d'air dans laquelle certains terrestres sont grièvement blessés, parfois inertes. Dans l'angle droit de la pièce un rideau de pluie apparaît à travers lequel, ils s'engouffrent. Les longues queues disparaissent au profit de jambes amphibies comme celles de ceux parvenus à rentrer avant la fermeture des portes.


La salle s'anime vite. Des familles cherchent les leurs, les écailleux et les combattants de Citadelle s'agitent autour des blessés, donnent des ordres à tout va. C'est alors que s'élève à nouveau par dessus toutes les voix.

- Triton? Triton?

Posy, je ne trouve pas Triton, panique la belle rousse en se précipitant vers son époux.

- Maître que fait-on pour le kraken? rejoint un chef de légion.

- Mon roi on déplore de nombreuses pertes civiles sur le flanc...

- Mon roi nous avons besoin de renfort pour soigner les blessés, coupe une quatrième voix.

Les supplications se multiplient autour du dieu de la mer alors que civils tentent de sortir, repoussés par les escadrons.

-Si-lence! ordonne une voix magistrale.

Tous se taisent, le regard plein d'attentes tourné vers le dieu des océans.

- déployez la cellule de crise. Envoyez des troupes front Est en premier, Nord, Ouest et Sud. Je veux les bilans humain, bâtiment et armurerie dans moins d'une heure. Je veux des putins des réponses à apporter au Grand Conseil. Putin de merde on n'était pas préparé à ça. Je veux savoir pourquoi, l'origine et qui est derrière tout ça. Vous-là! tonne-t-il en pointant un doigt plus menaçant que jamais sur un groupe de soldats, trouvez-moi mon fils! Vous autres, en s'adressant à un groupe d'hoplites, raccompagnez chaque famille dans sa demeure, vous autres rendez-vous aux sources, quant à vous autres, termine-t-il en s'adressant à Rassan et à moi, suivez-les, qui sait on pourrait bien avoir besoin de vous. Amphitrite, accompagne-les.

ArèsOù les histoires vivent. Découvrez maintenant