T2-Sept

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31 juillet 2023-Pablo

Je sors de la voiture, tout en essayant de protéger mes yeux du fort soleil qui tape. Je ne sais pas par quel miracle nous avons réussi à passer sans qu'un seul fan ne nous harcèle de photos et d'autographes en tout genre, mais ce n'est pas pour me déplaire. Les raisons de mon absence n'ont pas vraiment été expliquées, et je pense que leur dire que j'ai subi un accident de voiture, avec une personne qui m'est chère, n'est pas une bonne idée.

J'ai sincèrement envie de Sofia puisse rester dans sa bulle de confort et de discrétion sans qu'elle ait à subir ma célébrité. Je sais qu'elle n'aime pas être le centre de l'attention, alors si je peux lui éviter cela, la question ne se pose même pas. J'aurais bien trop peur que cet aspect de ma vie soit celui qui fera que nous ne pouvons plus être ami. Bien que mon ventre essaie de me prouver le contraire.

« Pablo, tu m'écoutes ?»

Je tourne doucement la tête vers Pedro, en lui souriant poliment. La vérité, c'est que je n'ai pas été capable de l'écouter, et encore moins de lui répondre. Mais il secoue simplement la tête, avant de pousser la lourde porte en métal du camp d'entraînement. Comme à chaque fois, je vois que Xavi est en train de mettre en place ce qui leur sera nécessaire pour l'entraînement. Mais cette fois-ci, il n'est pas seul, puisque tous mes coéquipiers sont présent, et que certains l'aide même. Cette vision me fait froncer les sourcils, puisque je ne m'attendais clairement pas à voir quelque chose ça.

J'ai cru comprendre qu'après la nouvelle de mon accident, ils ont drastiquement changé, et qu'ils se sont mis à se poser tout à tas de questions. Mais j'étais loin de me douter qu'ils changeraient à ce point, et qu'ils ne me dévisageraient pas à chaque pas que je suis en train de faire. Alors c'est ça, le changement ?

« Pablo ! Bonjour ! Comment tu vas ?

- Bonjour Xavi. Tout va bien, et toi ?

- Je suis heureux de te revoir ! Assis-toi ! Ne te fatigue pas pour rien.»

J'hoche la tête en lui souriant, avant de m'asseoir sur un des bancs pas très loin d'eux. Théoriquement, je n'aurais même pas le droit d'être ici, puisque je suis obligé de me reposer un maximum chez moi. Mais je sais pertinemment que je serais incapable d'être confiné, avec très peu d'activités. Et puis, je sais parfaitement que ma seule activité sera de les regarder courir, avec l'espoir de pouvoir le faire moi aussi.

Je fronce une fois de plus les sourcils, lorsqu'une bonne partie de mes coéquipiers se rapprochent de moi, un grand sourire sur le visage. Un sourire dont je n'avais jamais eu le droit, puisque je ne le méritais probablement pas. Je me force à leur sourire, mais je crois que cela ressemble un peu plus à une grimace.

« Comment tu vas ?

- On est désolés, tu sais.

- On a compris qu'on a vraiment été horrible.»

Comme seule réponse, j'hoche la tête, ne trouvant rien d'autre à répondre. La vérité, c'est que depuis tellement longtemps, j'attends ce moment. Mais maintenant qu'ils s'excusent enfin, je suis incapable de leur dire que ce n'est rien, et que je vais passer outre tout cela. Parce que j'ai compris que ce n'était pas rien, et qu'une équipe n'est pas censée mettre à l'écart un de ses membres. Ce n'est pas non plus normal d'haïr quelqu'un en ayant que la moitié des informations.

« On sait que tu ne peux pas vraiment nous pardonner.

- Mais on est très heureux que tu ailles bien !

- Merci...»

Cette phrase sort comme un soupire, puisque je n'ai pas envie de parler plus fort. Ils sont heureux que j'aille bien ? Mais avant, ils n'en avaient rien à faire. Ils ne voulaient pas savoir le traumatisme que j'ai pu subir lorsque j'ai écrasé Sofia. Ni même la raison de ma solitude, qui n'était créée qu'à cause d'eux. Et je suis persuadé que les gens sont incapables de complètement changés, alors puis-je vraiment leur faire confiance ? Est-ce que je finirais une fois de plus déçu ? Je n'en sais foutrement rien, et je crois sincèrement que je n'ai pas vraiment envie de le savoir.

Finalement, j'ai réussi à me construire un petit quotidien sans eux, et j'ai réussi à être très heureux comme cela. Alors maintenant, est-ce que j'ai réellement envie de le bouleverser et de les inclure à l'intérieur ?

« Les gars, allez vous entraîner !»

J'écarquille légèrement les yeux lorsqu'ils y vont tous, sans râler. Ils effectuent les tours de terrain nécessaire à l'échauffement, sans traîner des pieds, ce qui contraste énormément à il y a quelques mois. Alors, il aura fallu que je ne sois pas là pour qu'ils puissent changer ?

« Comment tu te sens, sincèrement ?»

Je relève la tête vers mon coach, qui se contente de me sourire. Je lui souris en retour, avant d'hausser les épaules. En réalité, ça change constamment. Un coup, je serais pris d'une énorme fatigue qui me forcera à m'allonger quelques minutes, et une autre fois, je me croirais capable d'aller courir avec les autres. Je sais que le risque est que je ne puisse jamais le faire, mais je ne regrette absolument pas d'avoir protégé Sofia.

« Je ne sais pas vraiment...

- Je ne veux pas que tu forces ton retour, d'accord Pablo ? Tu dois te reposer, et te remettre de ce choc. Le football passera après ta santé. Si tu veux venir essayer de t'entraîner, tu peux le faire sans problème ! Tu sais que la porte te sera toujours ouverte.

- Mais cela ne va pas faire un trop gros changement dans l'équipe ?

- Certes, nous devrons fonctionner différent pour la saison prochaine. Mais ce n'est pas grave. Tu ne dois pas mettre ta vie en danger pour ne pas que ça change.»

Pourtant, c'est bien trop dur à accepter. 

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Holà!!

Xavi est cute, comme toujours. 

Mais pour être honnête, je me vois pas le faire en méchant dans une de mes histoires (bon il crie juste un peu beaucoup). 

Est-ce que vous sentez Pablo venir? 

Moi, peut-être. 

Mais je ne dirais riiiiien. 

A lundi!! 

Crash|| P.GOù les histoires vivent. Découvrez maintenant