Chapitre 30

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PDV : Maya

Le lendemain, je décidai de ne pas aller en cours le matin. La douleur dans mon bras était trop intense pour que je puisse supporter une journée entière d'école. Je n'y allai que l'après-midi. En arrivant au lycée, je découvris que mon casier avait été envahi de messages anonymes, de photos de moi défigurées, et de rumeurs de plus en plus malveillantes qui circulaient sur les réseaux sociaux. Les papiers avaient été glissés à la va-vite, comme des éclats de cruauté insupportables.

Je faisais de mon mieux pour ignorer ces attaques en me rendant en classe, essayant de paraître indifférente. Les heures passèrent, et alors que la dernière sonnerie retentit, tout le monde se précipita pour ranger ses affaires. Moi aussi, je m'empressai, mais mon stylo tomba au sol. Alors que je me penchais pour le ramasser, quelqu'un profita de l'occasion pour renverser la poubelle sur ma tête. Une avalanche de détritus et de saleté m'envahit, provoquant des éclats de rire autour de moi.

— À demain, Maya ! cria une voix moqueuse alors que mes camarades quittaient la pièce.

Le professeur était déjà parti, ce qui n'était pas surprenant. Il n'était pas rare que ce genre de scène se déroule... c'était même une habitude. Je pris sur moi et commençai à ramasser les détritus, ne voulant pas laisser la salle dans un état si désordonné, par respect pour les femmes de ménage.

Quand Hayden entra dans la salle, il s'arrêta net en me voyant ainsi.

— C'est donc pour ça que tu restais si longtemps, dit-il en observant la scène.

— C'est bon, j'ai bientôt fini. Ne t'inquiète pas, on pourra partir dans quelques minutes, répondis-je en continuant de ramasser les déchets.

— Non, assieds-toi, je vais terminer de ramasser. Ton bras n'est pas encore guéri.

Il se mit à ramasser à mes côtés. Une fois que tout fut propre, nous quittâmes la classe et nous dirigeâmes vers la sortie de l'établissement. Le trajet jusqu'à chez lui fut silencieux, mes pensées tournées vers la recherche d'indices sur Amy.

En arrivant chez Hayden, nous nous installâmes dans le salon pour terminer le travail scolaire. Il s'assit à côté de moi et sortit un sac de médicaments d'un tiroir.

— Alors, ton bras, tu es allée voir l'infirmière ? demanda-t-il.

— Non, je n'ai pas pu, répondis-je.

— Je le savais. Tiens, je suis passé à la pharmacie. Ils m'ont donné ces comprimés et cette crème pour apaiser ta douleur.

— Ah, merci. Ce n'était pas nécessaire, ajoutai-je, touchée.

— Si, c'est le moins que je puisse faire. Et crois-moi, je n'ai jamais voulu que l'on s'en prenne à toi comme ça... je suis vraiment désolé, dit-il avec sincérité.

À ce moment-là, le petit chaton que nous avions trouvé fit son apparition en miaulant joyeusement. Hayden s'agenouilla et le prit dans ses bras.

— Oh, qu'est-ce que tu fais ici, petit bonhomme ? s'exclama-t-il avec une expression joyeuse.

— Tu ne lui as toujours pas trouvé de nom ? demandai-je en souriant.

— Non, je n'y ai pas encore réfléchi. Tu n'aurais pas une idée ?

— Que dirais-tu de "Cookie" ? Ça me semble mignon, qu'en penses-tu ?

— Oui, Cookie, c'est parfait ! répondit-il, ravi.

Soudain, Hayden regarda sa montre et se redressa.

— Oh, Maya, je n'ai pas vu l'heure passer. Désolé, mais on va devoir arrêter ici... Je dois aller travailler ce soir.

— Ah oui... tu travailles dans une pizzeria comme livreur, non ?

— Oui, c'est ça... Tu viens ? Je te raccompagne.

— Non, c'est bon. Ne t'inquiète pas, mon bras va un peu mieux. Et puis, tu as déjà porté mon sac tout le long du chemin, alors ne t'en fais pas.

— Dépêche-toi, je ne veux pas être en retard à mon travail, insista-t-il.

Malgré ma résistance, il insista et me raccompagna chez moi. Je rentrai chez moi, épuisée et bredouille, n'ayant trouvé aucun nouvel indice sur Amy.

De retour chez moi, je me sentais épuisée, autant physiquement que émotionnellement. L'échec de ma quête pour trouver des indices sur Amy me pesait lourdement. Je tentai de me concentrer sur autre chose, mais la journée avait été tellement éprouvante que je me laissai tomber sur mon lit, épuisée.

La soirée se déroula dans un silence pesant. Mon père était rentré tard, et Manon, comme souvent, était occupée dans la cuisine. Je n'avais pas la force de leur parler, alors je restai seule dans ma chambre, les pensées tourbillonnant dans ma tête.

En fin de soirée, je décidai de vérifier mon téléphone. Les notifications s'accumulaient : de nouveaux messages haineux, des photos dégradantes, et des commentaires désobligeants. Une vague de tristesse m'envahit, et je me demandai combien de temps encore je pourrais supporter tout cela. Le sentiment d'impuissance était écrasant.

Je fermai les yeux un moment, cherchant à calmer les pensées qui me tourmentaient. L'image d'Amy, et la culpabilité de ne pas avoir trouvé de preuves, continuaient de m'assaillir. Chaque fois que je pensais avoir fait un pas en avant, je me retrouvais à reculer.

Les bruits de la maison s'atténuèrent, indiquant que tout le monde se préparait à dormir. J'entendis les pas de Manon qui se dirigeait vers sa chambre, puis ceux de mon père qui entrait dans la sienne. Les murs de ma chambre semblaient rétrécir, étouffants et oppressants.

Je retournai à mon bureau et sortis le carnet que la psychologue m'avait donné. Avec une plume tremblante, je commençai à écrire, espérant que cela m'aiderait à évacuer tout le stress accumulé. Chaque mot que je notais semblait un peu plus léger, une sorte de libération pour mon esprit surchargé.

Écrire me permettait de mettre de l'ordre dans mes pensées, de poser des mots sur ma détresse. Je décrivais ce que je ressentais face à la situation, mes peurs, et mes espoirs, aussi minimes soient-ils. Le processus était lent, mais je sentais une légère détente à chaque phrase.

Quand je sentis que mes yeux se fermaient, je rangeai le carnet sous mon oreiller et éteignis la lumière. Je me glissai sous les couvertures, cherchant le réconfort de la chaleur de mon lit.

 L'ombre du ParapluieOù les histoires vivent. Découvrez maintenant