Chapitre 58

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PDV : Maya

— Maya, tu peux aller acheter du lait ? J'en aurais besoin pour demain matin, dit Manon d'une voix douce depuis la cuisine.

Je soupirai, affalée sur le canapé, sans aucune envie de bouger. J'étais en pleine déprime, repassant en boucle tout ce qui me tourmentait ces derniers temps. Mais je savais que je n'aurais pas la paix tant que je n'aurais pas fait ce qu'elle demandait.

— D'accord, répondis-je à contrecœur.

— Merci ma puce ! lança-t-elle joyeusement, comme si c'était la plus simple des demandes.

Je me levai, traînant des pieds vers la porte. Je n'avais même pas pris la peine de m'habiller correctement : un pyjama rose, ma queue de cheval négligée. Ce n'était qu'une course rapide, après tout. Rien qui méritait que je fasse un effort.

En arrivant à la supérette, je fus surprise de tomber sur Cameron près du distributeur de boissons, un air détendu sur le visage.

— Qu'est-ce que tu fais ici ? demandai-je, surprise.

— Oh Maya ! s'exclama-t-il avec un sourire, comme s'il ne m'avait pas vue arriver. Qu'est-ce que tu fais ici ?

— Je t'ai demandé avant, répliquai-je en haussant un sourcil.

— Haha, t'as raison, tu m'as eu, rit-il légèrement. Je suis venu acheter du café pour un pote. Il est complètement saoul, il sait pas s'arrêter.

— Ah, c'est vrai, c'est aujourd'hui la fête, non ? répondis-je en me souvenant de l'invitation à laquelle j'avais à peine prêté attention.

— Oui, c'est plutôt une belle soirée dommage que tu ne sois pas venu. Et toi, t'es venue acheter quoi ?

— Du lait, pour ma belle-mère. Elle en aura besoin demain matin, expliquai-je en haussant les épaules.

— Du lait, à cette heure-ci ? releva-t-il, surpris.

— Elle le voulait absolument pour demain, répondis-je, exaspérée.

Nous rejoignîmes la file d'attente à la caisse, un silence s'installant brièvement entre nous, interrompu seulement par le bip régulier des articles scannés. Cameron, toujours souriant, rompit le silence.

— Tu veux venir voir ce qui se passe à la fête ? proposa-t-il avec enthousiasme.

— Haha, non, vraiment, je dois rentrer, rétorquai-je en secouant la tête.

— Allez, s'il te plaît, insiste-t-il en me lançant un regard suppliant. En plus, y a un buffet à volonté !

— Non, sérieusement, je peux pas. Et regarde comment je suis habillée, dis-je en montrant mon pyjama avec un air amusé.

Après avoir payé ma brique de lait, nous sortîmes ensemble de la supérette. La fraîcheur de la nuit me réveilla un peu, mais j'étais toujours d'humeur morose.

— C'est dommage que tu ne veuilles pas venir, lança Cameron en se tournant vers moi, un peu déçu.

— Ah bon, pourquoi ? Pour le buffet à volonté ? dis-je en riant légèrement.

— D'ailleurs... il y a quelqu'un à la fête qui m'a demandé après toi, répondit-il en marquant une pause, son ton devenant plus sérieux.

— Moi ? répétai-je en le fixant, surprise.

— Oui, confirma-t-il, en posant sa main sur mon épaule comme pour rendre ses mots plus importants. D'ailleurs c'est lui, là-bas.

Il pointa du doigt un coin un peu plus sombre à quelques mètres de nous, et mon cœur s'arrêta un instant. Je suivis son regard et, à ma grande surprise, je vis Hayden. Mon cœur se serra. Il était là, penché, l'air mal en point.

— Lui ? Hayden ? murmurai-je, complètement choquée.

Hayden se tenait là, à quelques pas, les épaules affaissées, l'air brisé. Un sentiment étrange s'empara de moi en le voyant ainsi, une sorte de vulnérabilité que je ne lui connaissais pas. Il n'était plus ce garçon sûr de lui, entouré d'amis, le regard lumineux. Ce soir, sous les étoiles, c'était comme si quelque chose en lui s'était éteint.

C'était absurde, mais en l'observant, je ne pouvais m'empêcher de penser : et si nos destins étaient liés ? Comme si, à travers les épreuves de la vie, nous étions destinés à nous croiser, à nous heurter, et peut-être à nous réparer. Je regardai les étoiles briller faiblement dans le ciel, se reflétant dans ses yeux sombres.

— Pourquoi ? soufflai-je presque pour moi-même, une question qui n'attendait aucune réponse.

Je baissai les yeux, cherchant à éviter son regard, mais quelque chose m'obligea à lever la tête. Et là, devant moi, je le vis vomir violemment, son corps se ployant sous l'effort. C'était une scène pathétique, et pourtant, cela me frappa comme une claque. Il voulait m'aider alors qu'il n'était pas mieux que moi.

Cameron, quant à lui, continuait de parler, mais je ne l'entendais plus vraiment. Mon esprit était ailleurs, perdu entre la scène devant moi et les souvenirs d'un Hayden autrefois si différent. Ce fameux Hayden aimer de tous, lui aussi commençait à entraîné dans ma spirale de chaos, me faisait de la peine.

 L'ombre du ParapluieOù les histoires vivent. Découvrez maintenant