Chapitre 33

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PDV : Hayden

Le week-end toucha à sa fin plus vite que je ne l'avais anticipé, et avant même de m'en rendre compte, je me retrouvai de nouveau sur le chemin du lycée. J'étais fatigué, comme si le poids de mes pensées avait grignoté le peu de repos que j'avais pu avoir. La routine me rappelait à l'ordre, et je me dirigeai vers mon casier sans grande conviction.

À peine arrivé, j'aperçus Elisa qui m'attendait devant la porte du lycée. Elle me sourit en me voyant, un sourire radieux qui semblait illuminé par la seule pensée de me voir. Elisa était l'ancienne amie de Maya, mais depuis que tout le monde avait commencé à prendre Maya pour une folle, elle avait mis de la distance entre elles. Je n'avais jamais vraiment compris pourquoi. Peut-être la peur d'être associée à elle, de devenir une cible à son tour.

— Salut Hayden ! s'exclama-t-elle en se rapprochant. Ça va ?

— Ouais, ça va. Et toi ? répondis-je, en essayant de paraître normal.

— Super ! Je voulais te voir, ça faisait un moment qu'on n'avait pas vraiment parlé.

Elle paraissait un peu nerveuse, ce qui était inhabituel pour elle. Elisa était plutôt du genre à être confiante, à sourire et à bavarder facilement. Mais là, elle semblait hésiter, comme si quelque chose la troublait. J'ignorais ce que c'était, mais je mis ça sur le compte de la routine du lundi matin.

— Ouais, désolé, j'ai été un peu occupé ces derniers temps, dis-je en me grattant l'arrière de la tête.

— Pas de souci, je comprends, répondit-elle en haussant les épaules. Mais, tu sais... si t'as besoin de parler ou de te changer les idées, je suis là, ajouta-t-elle, ses joues rougissant légèrement.

Je hochai la tête, même si je n'avais pas vraiment l'intention de me confier. Nous marchâmes côte à côte en direction de notre première classe. Elisa parlait de tout et de rien, son enthousiasme apparent contrastant avec mon humeur morose. Je n'écoutais que distraitement, hochant la tête de temps en temps, quand quelque chose attira mon attention.

Je marchais avec Elisa dans le couloir, discutant de tout et de rien, quand une scène attira mon attention au loin. Un groupe de filles se tenait autour de Maya, formant un cercle serré, la coupant du reste du monde. Au centre de ce groupe, une fille que je connaissais de vue, Sarah, tenait quelque chose dans ses mains... le sac de Maya.

— Allez, Maya, tu ne veux pas récupérer ton sac ? lança Sarah, un sourire cruel étirant ses lèvres.

— Rends-le-moi ! s'écria Maya, tendant les mains pour le récupérer, mais Sarah le tenait fermement, reculant à chaque tentative de Maya.

Une autre fille, plus petite mais tout aussi vicieuse, s'approcha de Maya avec un regard narquois.

— Peut-être que t'as caché un de tes petits fantômes dans ton sac, hein ? demanda-t-elle, d'un ton faussement innocent, avant de rire avec les autres.

Maya cherchait désespérément une échappatoire, son visage décomposé par la panique. Les filles riaient, continuant de jouer à ce jeu cruel, comme des prédatrices jouant avec leur proie.

— Tu devrais te concentrer sur autre chose que les fantômes, ma pauvre, lança une autre, Clara, tout en faisant semblant de chercher dans le sac de Maya.

Elles éclatèrent de rire, se moquant ouvertement d'elle. Clara agita le sac devant Maya, le balançant de droite à gauche.

— Regarde-la, elle tremble. C'est quoi, Maya ? T'as peur de quoi ? demanda Clara, une lueur de satisfaction dans les yeux.

Elisa, à côté de moi, s'arrêta net, soupirant.

— Elles sont vraiment pathétiques... murmura-t-elle, exaspérée.

Je m'étais promis de ne pas me mêler des affaires des autres, surtout pas de celles qui ne me concernaient pas directement. Mais voir Maya ainsi, impuissante, déclencha quelque chose en moi. Peut-être était-ce la lassitude de toujours voir les mêmes scènes se répéter. Peut-être que la culpabilité de ce que je cachais en moi me poussait à agir, à tenter de réparer un peu les dégâts, même si ce n'était qu'un petit geste.

— Je reviens, dis-je à Elisa, ma voix plus ferme que je ne l'aurais voulu.

Sans attendre sa réponse, je m'avançai vers le groupe de filles. Elles ne me remarquèrent même pas au début, trop occupées à se moquer d'elle. Mais quand je posai ma main sur l'épaule de Sarah, elle tourna brusquement la tête vers moi.

— Qu'est-ce que tu veux, Hayden ? Il y'a un problème ? lança-t-elle, surprise de me voir là.

Je la fixai, mon regard planté dans le sien, sans ciller.

— Mon problème, c'est que vous n'avez rien de mieux à faire que d'embêter quelqu'un pour passer le temps. Laissez-la tranquille et rends-lui son sac.

 L'ombre du ParapluieOù les histoires vivent. Découvrez maintenant