Une odeur particulière m'irrite la peau. Humide, métallique. Un mélange de sueur et de sang.
Mais cette fragrance n'émane pas de la pièce.
Elle vient de moi.
— Tu émerges enfin, nomade ? résonne une voix taquine, rauque et masculine, tandis que je baisse les yeux vers mes jambes, sanguinolentes et suspendues dans le vide.
Un sentiment d'angoisse me saisit vivement la gorge, m'irradiant la trachée, mais mes yeux, plus opérationnels, parcourent hâtivement les cordes autour de mes poignets. À la recherche désespérée d'une issue.
Si je coupe, je tombe.
— Ou devrais-je dire, sang-mêlée ?
Une colère sourde se loge subitement dans mon ventre, mais je ne prends pas la peine de lui répondre, trop absorbée par ce fossé sous mes pieds.
Ce trou béant, qui semble s'élargir au fur et à mesure, comme s'il s'impatientait de pouvoir m'engloutir.
—Tu m'entends, sale garce ? Peut-être t'ai-je cognée trop fort...
Malgré ma vision vampirique, aucun détail n'attire mon attention au fond. Aucune indication de la profondeur du fossé, si ce n'est sa noirceur inquiétante.
Absolument tout, pourrait se trouver sous mes pieds.
—Ton petit ami ne-
Incapable de me retenir plus longtemps, je le coupe sèchement, la bouche en feu :
— Je savais que tu étais lâche, Khôl. Mais de là à me ligoter dans mon sommeil, et me saigner à blanc ? C'est pitoyable, même pour toi.
Le vampire, piqué dans sa fierté, s'empresse de me contourner, afin de me faire face.
Et enfin, je le vois.
Ses narines sont dilatées, ses yeux injectés de sang. Mais ce qui retient mon attention, c'est sa peau, illuminée par de minces faisceaux de lumière. Une peau entièrement brûlée sur le côté gauche, qui n'a jamais régénérée.
— Ne me cherche pas, bâtarde. Je peux faire bien pire que te ligoter et tabasser ta carcasse, crache-t-il avec hargne, dégageant les dernières de ses mèches blanches.
Mordant ma langue, je m'efforce de ne pas répliquer, et me contente de l'observer avec méfiance.
J'observe la lumière de la lune qui coule sur ses traits déformés et se loge au milieu de ses iris bleutées, regorgeant d'une violence qui fait écho à la mienne.
Moi aussi, je te ferai saigner, me promis-je intérieurement, avant de cracher à ses pieds, ne supportant plus le goût de mon propre sang dans ma bouche.
—Putain, quelle plaie.
Son nez se plisse de dégoût, mais mon attention est déjà focalisée ailleurs.
Au dessus de nos têtes, s'écoule un bruit constant, semblable à celui d'une puissante averse.
Pourtant, quelque chose cloche.
— Où sommes-nous ? me risqué-je à demander, les poignets brûlants et les épaules douloureusement tendues.
Visiblement réjouit, le sourire sadique de Khôl s'agrandit.
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𝐖𝐇𝐄𝐑𝐄 𝐖𝐄 𝐁𝐄𝐋𝐎𝐍𝐆.
Vampire-❝ Tu ne sembles pas avoir saisi l'urgence de la situation, orpheline, alors laisse moi t'expliquer. Un vampire peut te revendiquer comme étant sienne dès l'instant où ses lèvres effleurent simplement les tiennes. À partir de ce jour-là, il écharpe...
