[gros TW maltraitance]
18 mars
Valentin a essayé de m'appeler plusieurs fois. Je crois qu'il veut me dissuader de me tuer. Si c'était Claire je décrocherais, si c'était Claire je brûlerais ce journal et quitterais ma chambre et courrais jusqu'à elle et me jetterais dans ses bras et l'embrasserais. Si c'était Claire je ne me suiciderais pas. Heureusement ça ne peut pas être, ça ne sera jamais elle, j'ai bloqué son numéro. Je ne l'entendrai plus. Tout ce que j'écoute c'est la voix de Hémon.
Quand Hémon parle pendant les repas, je me tais. Je ne le contredis pas. Je ne lui pose aucune question. Je me contente de l'ignorer. Parfois il veut que je participe à la conversation, alors je l'approuve. La plupart du temps, je me tais.
Il parle posément de sa journée. C'est le dîner et je me concentre sur le fait que dans quelques minutes je vais pouvoir rejoindre ma chambre et vouloir y mourir sans que Hémon ou Agnès ne soient à mes côtés. Je ne prête pas attention aux paroles de Hémon, quand soudain sa voix prend un ton déplacé, presque amusé, en racontant une anecdote.
« Il m'est arrivé quelque chose d'incroyable ce matin, dans le bus. On était tous tranquilles, mais il y avait cette fille qui se faisait emmerder par un vieux. Elle lui demandait de partir, et il restait collé à elle. Il a fini par faire un geste vraiment choquant et c'est là que deux autres femmes sont intervenues, elles ont demandé au chauffeur s'il pouvait arrêter le bus et faire descendre le vieux. C'est ce qu'il s'est passé. C'est fou. »
La colère me fait lâcher mes couverts dans un grand bruit. Je ne réfléchis pas un seul instant, et je m'écrie profondément choquée et furieuse :
« Quoi ? »
Je desserre lentement les poings dans l'espoir de m'apaiser. Hémon pose sur moi un regard en apparence étonné, mais qui en réalité m'ordonne de me rasseoir et de me taire. Il est outré que j'ose le défier.
« Ça ne t'est pas venu à l'idée de l'aider, toi ? » vociféré-je.
Il sourit pour marquer son hypocrite innocence.
« Moi ? »
En désignant vaguement son torse. Son attitude me donne la nausée. Je lève les yeux au ciel. Il est trop tard pour reculer. Ça sera certainement l'unique fois où je me dresserai contre lui.
« Tu sais te battre. Tu aurais pu la défendre. » explicité-je de mauvaise grâce parce que je sais qu'il m'a parfaitement comprise.
Ma voix se brise sur la fin, sur le dernier mot. Je voudrais croire à ce que je dis, je voudrais que cette possibilité ait existé.
« Tu sais, parfois ça ne suffit pas, de savoir se battre. » réplique-t-il calmement
Mais ses intonations cyniques ne m'échappent pas, l'évidente provocation ne m'échappe pas, sa tentative d'anéantissement ne m'échappe pas. Une rage sans nom m'envahit et je brandis mon poing en direction du visage de Hémon. En fixant ma cible je me trouve face à ce sourire narquois qui me pétrifie. Je suspends mon geste à quelques centimètres de son nez. Je baisse lentement la tête et ferme les yeux.
« Retire-ça tout de suite. » chuchoté-je fermement.
Il renchérit, amusé et méprisant :
« Tu vois, Antigone. Ça ne suffit pas. »
Je tremble. Je trouve encore la force d'ordonner :
« Ne prononce pas mon prénom. »
Mais ça n'est plus qu'une supplication.
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Boygirl
Misterio / SuspensoBoygirl s'est suicidée en se jetant dans la Seine. Tout le monde savait qui elle était, mais personne ne la connaissait vraiment. Un ancien camarade de classe, sa petite amie, et sa mère, vont s'unir pour tenter de percer les mystères qui l'entourai...
