Après 2 mois de crise, l'Amérique comptait ses morts et pansaient ses plaies. La date du 1er septembre avait été arrêtée pour commémorer les victimes de ce qu'on appelait maintenant communément, la crise du virus X. Des mémoriaux étaient en construction dans les principales villes du pays. Si le bilan humain était considérable, le bilan économique l'était tout autant. Le coût de l'épidémie n'avait pas encore été chiffré mais les experts l'estimaient à plusieurs dizaines de milliards de dollars. Et ils pensaient qu'il faudrait sans doute plusieurs années au pays pour s'en relever. Les plaies de cette crise étaient loin d'être cicatrisées. L'inquiétude était bien présente dans les esprits et la confiance dans l'avenir était incertaine. Si l'épidémie avait été endiguée en Amérique, ce n'était pas le cas dans d'autres pays et notamment en Afrique où le virus continuait à faire des ravages. Les Américains avaient l'impression d'être en situation de siège derrière leurs frontières. Les entrées et les sorties de territoire se faisaient au compte-goutte. Mais la principale source d'inquiétude qui alimentait toutes les conversations, était que les scientifiques n'avaient pas encore trouvé un vaccin pour lutter contre le virus. L'épidémie pouvait reprendre à tout moment sans que personne ne puisse y faire quoi que ce soit. Les Américains le savaient et restaient méfiants. Ils évitaient les échanges inutiles. Dans les rues, on continuait à porter des masques de protection.
Le 10 septembre, la famille Greenberg reçut par courrier l'avis de décès de leur fille. Ils furent surpris d'apprendre que son corps reposait au cimetière d'Irvine en Californie. Une courte explication signée du docteur Meade en donnait les raisons. Rachel Greenberg, bouleversée par la nouvelle, s'en contenta. Quelques jours plus tard, toute la famille vint se recueillir au cimetière d'Ascension à Irvine où une plaque provisoire avait été déposée. Les noms des victimes du virus X étaient inscrits sur une liste par ordre alphabétique. Rachel Greenberg ne put retenir ses larmes en lisant le nom de sa fille. A quelques kilomètres de là, Léa Greenberg avait les yeux rougis à force de se regarder dans le miroir. Elle se motivait pour ne pas fléchir. Son plan était au point et elle devait maintenant passer à l'action.
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