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Chapitre 54

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Mattew

- Allez, détends-toi ! temporise mon meilleur ami. Vous avez juste parlé de tes antécédents dans l'alcool et la drogue, pas besoin de faire cette tête !

- Entre autres, soufflé-je.

Je n'arrive même pas à lui en vouloir. Je lui cache mes fautes depuis le début, le laissant dans l'ignorance.

J'hésite à tout lui balancer de but en blanc immédiatement. Seule la lassitude me retient. Je ne mérite pas son amitié, alors que je lui cache la véritable cause de mes souffrances chaque jour.

- Eh bien, on dirait que tu as vu un mort.

- C'est tout comme. J'ai l'impression d'en voir passer dix-sept.

Dix-huit.

L'image souriante de Victoire s'impose à moi. Je l'ai tuée comme tous les autres.

Me reviennent alors en mémoire les propos d'Alyssia. Madame Manneusse m'a laissé un carnet, elle voulait que je le lise. J'ai beau ne pas m'en sentir la force, je le regretterai si son fils s'en débarrasse avant que je ne puisse le récupérer.

- Tu m'excuseras Henzo, j'ai une course à faire, annoncé-je en me saisissant de mon manteau.

- Tant qu'elles n'impliquent pas Ashley, je te laisse vaquer à tes activités.

Est-ce qu'un jour le nom d'Ashley ne me sera plus constamment associé ? Ma vie est ce qu'elle est, grâce – ou à cause – d'elle. Néanmoins, si je parviens à me détacher d'elle, Henzo pourrait en faire de même. Il a probablement peur que je redevienne un fardeau pour lui.

- Merci.

- C'est normal.

- Non je veux dire, merci d'être toujours là.

Lui ai-je seulement déjà dit à quel point je lui suis reconnaissant ?

- Tu ne dis pas ça quand j'arrive à l'improviste.

- Parce que j'ai toujours envie de te défenestrer quand ça arrive.

Je lui donne une bourrade, sourire aux lèvres, puis je pars à la rencontre de Victoire, du moins ce qu'elle a laissé d'elle.

Je ne me rends pas compte du temps passé en voiture, l'esprit embrumé par les souvenirs que j'ai de cette femme.

En pénétrant dans sa maison, son odeur m'atteint aussitôt, me replongeant dans un état de semi-conscience. Mes pas me mènent d'eux-mêmes à la pièce qu'elle utilisait comme bureau. elle est exactement comme je m'en rappelle. Les murs sont peints d'un vert jade, qui ressort parfaitement grâce aux meubles blancs et à la grande fenêtre.

Je m'arrête au seuil de la porte, n'osant entrer. Je sens sa présence, et je sais qu'en cet instant elle trouverait stupide de me voir planté au pas de la porte.

Je me dirige alors directement à son bureau et ouvre ses tiroirs. Je ne tombe sur aucun carnet blanc, ressentant une pointe de déception.

Alyssia est devenue folle ? Ou bien j'arrive trop tard ?

Je me rends alors compte qu'il y a un tiroir que je n'ai pas inspecté. Victoire m'a toujours défendu de l'ouvrir. Je ne peux décemment pas me le permettre aujourd'hui. Ma main reste en suspens sur la poignée près d'une minute.

Et si je ne trouve pas ce pourquoi je suis là ? Il s'agit de sa vie privée, son intimité.

Si tu n'essayes pas tu ne risques pas de dénicher ce carnet. S'il n'y est pas, tu n'auras qu'à refermer ce tiroir.

Apprends-moi à t'aimer [premier jet]Des histoires addictives. Découvrez maintenant