Je me réveille avec une sensation d'étouffement. Une sorte de claustrophobie sourde qui m'enveloppe. Pourquoi est-ce que je ne peux pas bouger ? J'ouvre un œil, alerte, et découvre que Matheo est là, allongé contre moi, ses bras m'emprisonnant dans une étreinte chaude mais oppressante. Pourtant, ce n'est pas ça qui me dérange. Il y a autre chose. Une présence.
Le Maître.
Je sens son intrusion, subtile mais implacable, une tentative d'entrer dans mon esprit. Mon cœur s'emballe, mais mes réflexes prennent le dessus. Depuis mon plus jeune âge, j'ai appris l'occlumancie. C'était obligatoire, une nécessité. Je verrouille mon esprit, repousse son emprise d'une pensée froide et aiguisée. Pourquoi maintenant ? Pourquoi cherche-t-il à sonder mon esprit à cet instant précis ?
Une inquiétude glaciale s'insinue en moi.
Et comme pour confirmer mes craintes, la douleur familière me traverse le bras. La marque brûle. Un appel.
Je réussis à me glisser hors des bras de Matheo sans le réveiller. Un miracle. Avant de partir, je griffonne quelques mots sur un morceau de parchemin, que je laisse à portée de sa main :
"Entraînement nécessaire. Je ne sais pas quand je reviens. Reste avec Draco."
Sans perdre une seconde de plus, je transplane, laissant la magie me guider jusqu'au lieu de convocation. L'atterrissage est brutal, comme toujours, mais je tiens bon. Je suis dans les sous-sols du manoir Malfoy. L'air est glacial, chargé de l'odeur du métal et de la pierre humide. Je m'agenouille immédiatement, ma tête basse en signe de respect.
— Relève-toi.
Je m'exécute et lève les yeux. Le Maître est là, imposant, sa silhouette presque irréelle dans l'obscurité. Derrière lui, ma mère se tient droite, son regard rivé sur moi. Fidèle. Dévouée. Comme toujours.
— Maître, en quoi puis-je vous servir ?
Son regard perçant s'accroche au mien, et je ressens la force écrasante de son pouvoir.
— Sais-tu pourquoi je t'ai choisie ?
Je masque ma surprise, mais mon silence trahit mon ignorance. Cette question n'a jamais été posée avant.
— Réponds-lui, petite sotte !
La voix tranchante de ma mère me fait sursauter intérieurement, mais le Maître l'interrompt d'un simple regard. Il revient à moi, implacable.
— Lorsque j'ai appris que tu étais la fille de Bellatrix, j'ai été intrigué. Mais ce n'est pas ton sang qui m'a convaincu. C'est ton esprit. Vide. Glacé. Tu n'as ni remords, ni regrets. Tu es un vase parfait, un récipient que j'ai choisi de remplir de mon propre poison.
Il s'arrête, puis ajoute :
— J'ai annoncé à mes fidèles que tu serais mon héritière cette année là.
— Et je vous en remercie, mon Maître.
Les mots sortent mécaniquement, une réponse apprise par cœur. Pourtant, ils résonnent étrangement aujourd'hui. "Un vase vide." Oui, c'est ce que je suis. Ce que j'ai toujours été. Mais hier soir, j'ai failli. Matheo est dangereux.
— Mais je crains que tu ne sois en train de te ramollir. Cela est impossible, n'est-ce pas ?
Mon cœur se serre. Non, il ne peut pas savoir. Il n'a pas accès à mes pensées. Mais alors, comment ? Est-ce Matheo ? Non. Je lui ai appris. Il sait fermer son esprit.
— Ma seule loyauté est envers vous, Maître. Votre ambition est mienne. Je mourrais chaque jour pour votre cause.
Il hoche lentement la tête, comme s'il évaluait mes paroles.
— Tu vas découvrir un nouveau visage de la peur, petit serpent. Les cachots te préparent à ce qui t'attend. Ce soir, je sonderai les profondeurs de ton âme.
Avant que je ne puisse réagir, il lève sa baguette.
— Endoloris.
La douleur explose, un feu insupportable qui se propage dans mes nerfs. Je ravale tout, m'accroche au silence. Je ne dois pas flancher. Pas devant lui.
— Endoloris.
Cette fois, un grognement m'échappe malgré moi, et je tombe à genoux. Mes entrailles semblent se déchirer, mais je relève les yeux. Toujours. C'est lui que je dois impressionner. Lui seul.
— Endoloris.
Mon corps cède, s'effondre sur le sol froid. Je sens du sang couler de mes lèvres, goût métallique et amer. Tout mon être hurle, mais je ne le ferai pas. Pas devant lui.
— Endoloris.
Je vacille, luttant contre l'obscurité qui m'attire. La douleur est insoutenable, mais je suis un vase. Je suis son vase. Je tiendrai. Je ne hurlerai pas. Mon esprit est sur le point de céder, mais je vois son sourire, cruel, satisfait. Je ne l'ai pas déçu.
Et alors, je sombre.
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L'oubliée
FanfictionDans chaque histoire il y a des oubliés. Nous savons tous ici la finalité : le bien gagne face aux forces du mal. Mais nous oublions une partie, un élément important de cette guerre. Elle. Ness Lestrange a une mission pour sa sixième année à Poudlar...
