Demain soir, tout sera fini.
Je me tiens dans le bureau de Dumbledore, avec le professeur Rogue à mes côtés. L'air semble plus lourd que d'habitude. Une tension invisible s'accroche à chaque recoin de la pièce.C'est la première fois cette année que les mains du directeur ne sont pas gantées. Ses doigts, noircis et déformés, attirent mon regard. Une évidence : il ne les récupérera jamais. Rogue lui applique une potion, mais cela ne fait que ralentir l'inévitable.
— Et oui, Miss Lestrange, je vais mourir, dit Dumbledore soudainement, comme s'il lisait dans mes pensées. Pas besoin de pitié, c'est ainsi.
— Moi aussi, je vais mourir. Ce n'est pas moi qui aurai pitié, répliqué-je calmement.
Un rire sec échappe au directeur.
— Vous savez ce qui est arrivé à mes doigts, n'est-ce pas ? demande-t-il, ses yeux bleus perçant les miens.
— Vous vous êtes approché de quelque chose que vous auriez dû éviter.
— Une idée de ce « quelque chose » ?
Je n'hésite pas. Il sait que je connais la réponse.
— Vous cherchez les horcruxes.
Son regard ne vacille pas, mais je perçois une étincelle dans ses yeux. Il attendait cette réponse. Moi, je me contente de croiser les bras. J'ai vu un horcruxe. Dans notre chambre forte à Gringotts. J'ai compris leur nature, leur nombre. Et surtout, je sais quel est le dernier. Celui que Dumbledore connaît. Celui que le Seigneur des Ténèbres ignore.
— Que savez-vous d'eux ? demande Dumbledore, presque doucement.
— Je connais leur nombre. L'emplacement de certains. Comment les détruire. Et, surtout, comme vous, je connais l'existence du dernier. Celui que le Seigneur des Ténèbres ne soupçonne même pas.
— Potter, murmure Dumbledore.
Rogue, resté silencieux jusque-là, se tend soudain à mes côtés. La tension dans l'air devient presque insoutenable.
— Vous comptez tuer le garçon ? demande-t-il finalement, les dents serrées.
— Il devra mourir, répond Dumbledore avec une certitude glaciale. De la main du Seigneur des Ténèbres.
Rogue tourne la tête, un mélange de colère et de dégoût traversant son visage.
— Vous l'avez élevé comme un porc destiné à l'abattoir, gronde-t-il, son ton empreint de mépris.
Dumbledore le fixe longuement, mais ne répond pas.
— Vous vous êtes mis à apprécier ce garçon Severus, murmure-t-il finalement, une pointe d'ironie dans la voix.
Je ricane doucement. Dumbledore ne comprend rien. Ce ńest pas Potter que Rogue aime.
Rogue, comme pour clore la conversation, lève sa baguette. Une lumière argentée s'élance de son extrémité, formant une magnifique biche.
— Lily, murmure Dumbledore, presque dans un souffle. Après tout ce temps...
— Et à jamais, répond Rogue, la voix basse, mais ferme.
Je détourne les yeux. Ce n'est pas ma douleur, mais je la comprends.
— Les informations que vous nous avez déjà fournies ont été transmises à l'Ordre, reprend Dumbledore, brisant le silence. Nous avons trouvé un endroit pour cacher le jeune Jedusor. Il sera en sécurité. Sur place, il aura le choix de contacter des membres de l'Ordre.
— Ce n'est pas suffisant, rétorqué-je. Votre parole ne vaut rien. Vous allez mourir. Je ne pourrais pas vérifier que tout cela sera respecté.
Il arque un sourcil, intrigué.
— Que voulez-vous, Miss Lestrange ?
Je me tourne vers Rogue, déterminée.
— Un serment inviolable. Vous promettez de le cacher. De le protéger.
Rogue me fixe. Je sais qu'il réfléchit. Il a déjà un serment sur les épaules, un serment qui le condamne à tuer Dumbledore. Mais je ne fais confiance à personne. Je ne peux pas. Pas quand il s'agit de Matheo.
— En avez-vous parlé à quelqu'un ? demande-t-il après un moment.
— À qui aurais-je pu le dire ? Draco a déjà suffisamment de problèmes. Moins il en sait, plus il est en sécurité. Et Matheo... il ne comprendrait pas.
Rogue hoche légèrement la tête, comme s'il approuvait mon raisonnement.
— Vous ne leur direz même pas au revoir ?
Je serre les dents.
— Draco je m'en charge. Je droguerai Matheo part une potion pour qu'il dorme demain, le temps qu'il soit mis en sécurité. Mais si je compte lui dire au revoir. Voici ma dernière faveur, dis-je en sortant ma précieuse malle de mon sac sans fond .
J'ai demandé à Matheo une fiole de son sang – il est tellement habitué à mes demandes étranges qu'il a accepté sans poser de questions. Désormais, seules deux personnes peuvent ouvrir cette malle : lui et moi.
— À l'intérieur, il trouvera mes biens les plus précieux, dis-je en regardant Rogue droit dans les yeux.
J'y ai laisser toutes mes babioles magiques accumulées au fil du temps, j'y ai ajouter les bijoux que je porte habituellement. Et un carnet. Mon carnet. Chaque secret, chaque leçon apprise. Tout ce que je sais. Une arme pour quiconque tomberait dessus, mais un héritage pour Matheo. Grâce a ce carnet il saura que savoir est synonyme de pouvoir. Il y a aussi une lettre. Ma lettre d'adieu.
Rogue observe la malle, mais ne peut l'ouvrir.
— Pourquoi ne pas demander protection aux Aurors ? tente-t-il une dernière fois.
Je secoue la tête.
— Je ne peux pas me cacher. Ce bracelet est une balise. Bien plus puissant que la marque. Je vous l'ai déjà dit. Si je l'enlève, le poison se répandra dans mes veines.
Un silence pesant s'installe.
— Je vais mourir, dis-je finalement. Mais je ne serai pas une lâche.
Je le défie du regard. Ma décision est prise, et rien ne pourra la changer. Rogue finit par hocher la tête. Le serment est prêt.
Et moi, pour la première fois de ma vie, je me sens en paix. Je sauverai Matheo. Peu importe le prix.

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L'oubliée
FanfictionDans chaque histoire il y a des oubliés. Nous savons tous ici la finalité : le bien gagne face aux forces du mal. Mais nous oublions une partie, un élément important de cette guerre. Elle. Ness Lestrange a une mission pour sa sixième année à Poudlar...