Le matin s'est glissé sans bruit. Une lumière dorée – sa magie – s'infiltre dans la pièce, douce et tiède, caressant ma peau nue comme une promesse de calme. Mon corps repose encore contre celui d'Aydan, enroulé dans les draps et dans la chaleur rassurante de son étreinte.
Je sens sa main, lourde et paisible, posée sur mes côtes, comme s'il avait voulu me garder contre lui toute la nuit. Son souffle régulier effleure ma nuque. Chaque battement de son cœur pulse contre mon dos, comme un écho au mien. Et pour la première fois depuis trop longtemps, je me sens apaisée.
J'ouvre les yeux lentement. Le plafond au-dessus de moi est fissuré, les murs sont chargés de silence, mais je n'ai pas peur. Pas maintenant. Pas avec lui.
En sécurité, je me blottis un peu plus contre lui, cherche sa chaleur. Il resserre son bras autour de moi, encore à moitié endormi, puis je l'entends murmurer, rauque :
— Tu es là...
Trois mots simples, mais qui contiennent une mer de douleur passée et de soulagement.
Je tourne légèrement la tête vers lui. Il a les yeux ouverts maintenant, sombres et pleins de cette tendresse si rare chez lui, comme s'il regardait quelque chose qu'il croyait perdu à jamais. Ses doigts frôlent mes cheveux, glissent sur ma tempe, dessinent un chemin jusqu'à ma joue.
— Je pensais que je te reverrais jamais ainsi, chuchote-t-il. Vivante. Près de moi.
Sa voix est rauque, chargée d'émotion contenue, et son regard... il est si profond que j'ai l'impression qu'il me voit vraiment. Pas la femme brisée. Pas la revenante. Juste moi.
Je ne sais pas quoi répondre, alors je ferme les yeux et me love contre lui. Je respire son odeur. Mousse, cendre, vent d'hiver... Son parfum est partout sur moi, et je veux qu'il y reste pour toujours.
— Est-ce que ça va ? me demande-t-il après un moment, ses lèvres frôlant mon oreille.
Je hoche la tête.
C'est faux. Rien ne va. Mais je veux rester ici, dans cette bulle oz le passé ne me rattrapera pas, où l'avenir ne m'effraie pas.
Il pose un baiser sur mon épaule. Puis un autre, plus haut. Et un autre, près de mon cou. Pas pour me séduire, juste pour me dire qu'il est là. Qu'il me choisit encore
Je tends la main pour attraper la sienne et entrelace mes doigts aux siens. Nos paumes se reconnaissent, se souviennent.
— Eldéa...
Je relève les yeux. Son regard parle pour lui. J'aimerais lui dire que je l'aime, que je l'ai toujours aimé malgré la douleur, malgré les mensonges, malgré la peur. Mais les mots ne viennent pas. Pas encore.
Il m'embrasse doucement le front.
Mais alors que mes doigts caressent la ligne de son poignet, un frisson me traverse. Sourd, inattendu. Comme une brèche invisible qui s'ouvrirait en moi. Je retiens ma respiration.
Je ne sais pas pourquoi ça arrive maintenant. Peut-être parce que le calme me désarme. Peut-être parce que son amour me rend vulnérable.
Une larme, silencieuse, roule sur ma joue.
Il le sent tout de suite. Il se redresse sur un coude, inquiet.
— Qu'est-ce qu'il y a ?
Ma voix tremble quand elle sort, si fragile qu'elle semble appartenir à une autre.
— Je ne veux pas te perdre, Aydan... Pas maintenant. Pas alors que je viens juste de te retrouver.
Il ne dit rien d'abord. Ses doigts viennent cueillir la larme qui perle encore. Il la regarde quelques instants, comme si elle était précieuse. Puis il s'approche lentement, m'enlace, me serre fort, me couvre de tout son corps.
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Les Spectres Oubliés
FantasyEldéa se réveille dans un manoir désert. Ses souvenirs se sont évanouis, remplacés par un vide qui l'étouffe. Seul Aydan, maître des lieux, y vit encore. Un homme aussi énigmatique que troublant, dont les regards glacés dissimulent autant de secrets...
