Nous traversons l'appartement et nous nous dirigeons pour une fois en direction de l'extérieur. Nous retraversons la cours des arcades et arrivons à un fourgon noir aux vitres teintées.
Un homme en combinaison noire nous y attend. Je pense que c'est de ça dont Antonia m'avait parlé. J'aime bien. C'est simple mais c'est quand même un minimum recherché et travaillé, ce qui en fait vraiment une tenue de rébellion.
L'homme nous ouvre la porte et part s'assoir côté conducteur. Il n'y a que lui et nous dans la voiture.
Sian m'annonce que pour des raisons de vue ils allaient me lâcher à environ dix minutes du centre, dans une petite ruelle. Il me dit que c'est également un bon moyen pour que mon retour se fasse remarquer.
Nous faisons environ 20 minutes de route avant d'arriver dans cette fameuse ruelle.
Nous sortons tous les trois de la voiture.
Sian: -Bon c'est ici que nos chemins se séparent. À toi maintenant.
Alrich s'approche de moi et m'attrape les deux épaules en me regardant droit dans les yeux. Il devient très sérieux.
-Ça y est, c'est maintenant. Alors ne panique pas.
-Je ne panique pas.
-Si tu panique. Personne ne le verra mais il le verra lui. Alors fais vraiment attention. Je compte sur toi Mohane.
Il me prend dans ses bras et me chuchote.
«Quoi qu'il arrive, ne panique pas.»
-Vas-y maintenant. Lentement tu es bouleversée, fatiguée et triste. Mais tu as enfin réussis à rejoindre la ville.
Vas-y.
Je sors de la ruelle. Je ne me retourne pas.
Je vérifie rapidement si j'ai encore le collier de Trey et le cache à l'intérieur de mon pull.
Pour l'instant il n'y a personne dans la rue mais je vois qu'il y en a beaucoup plus au bout. Normal c'est le centre.
Je vois plusieurs affiches de nous, de moi. Il y à la photo avec au dessus en gros le mot "Disparus".
Je me rends compte que mon retour va vraiment être un énorme choque. Après autant de temps les gens doivent penser que nous sommes morts.
Je me rapproche de plus en plus de la foule et quelques piétons passent sur les côtés. Je les entend chuchoter mon nom. Je les vois s'arrêter. En même temps difficile de ne pas me remarquer je suis en plein milieu de la route. Heureusement quand même que je ne suis pas là en plein milieu de l'après midi. La rue où je me trouve est habituellement une rue très mouvementée et dynamique.
C'est très difficile pour moi de jouer la comédie avec tous ces gens qui me regardent et parlent de moi. De plus, naturellement je marche assez vite d'habitude alors me forcer à être fatigué est assez compliqué pour moi.
J'arrive au niveau de la foule. J'aperçois le bâtiment des gagnants à quelques mètres de moi.
La foule parle fort. Soudainement elle se met à chuchoter puis plus aucun bruit. Un grand silence. Les gens s'écartent de mon passage et me regardent avec de grands yeux tous étonnés de me revoir.
Ces gens là sont probablement les seuls qui avaient encore l'espoir de nous revoir. Même si je suis seule, je vois la joie se reprendre de plus en plus sur leurs visages.
Une fois que tous se sont écartés, j'aperçois des photos de nous, des bougies et des fleurs. Beaucoup de fleurs. Les gens ont posés ça pour nous. En notre honneur. Cet hommage, c'est tout ce dont on peut espérer pour sa mort.
Je monte lentement les marches en titubant. Une jeune femme m'aide à monter puis me lâche, comme gêner de m'avoir aidé. Je ne regarde même pas son visage. Je reste entièrement concentré.
Je rentre dans ce bâtiment dans lequel je ne voulais plus jamais remettre les pieds.
La porte est une baie vitrée. J'ai une idée.
Tous les gens me regardent mais il n'y a presque personne à la réception. Je décide de m'écrouler par terre de fatigue. Ce qui fait vraiment un effet de choc aux gens. Qui viennent le plus vite possible à mon secours.
Mon idée est réussie. Mes cheveux sont sur mon visages, je me permet de lâcher un petit sourir discret.
Deux hommes m'aident à me relever et appellent à l'aide.
Plusieurs hommes descendent en courant en indiquant la direction de mon appartement. Les deux hommes m'accompagnent jusqu'à ce que le personnel du centre me prennent en charge.
Je les pousse pour qu'ils me lâchent. Je veux quand même paraître forte. Arrivée devant la porte je leurs demande de ne pas me suivre. Je leur demande vraiment sur un ton très autoritaire que même moi je ne connaissais pas. Ils restent comme figés dans le couloir.
Je rentre dans mon appartement. Rien à changé. Tout est encore placé comme nous l'avions laissés. Il y a même encore la vaisselle propre dans le lave vaisselle. Je monte dans ma chambre. Je prends des vêtements propres pour dormir et pars dans la salle de bain prendre une douche. Je ne supporte plus cette odeur.
Je pense à tout le travail que l'équipe a fait sur moi aujourd'hui que je vais gâcher en un coup de jet.
Une fois propre et en pyjama je redescends faire semblant de manger. Je n'ai absolument pas faim mais je n'oublie pas que ici nous sommes surveillés en permanence. Il n'y a pas de caméra mais des micros alors j'ouvre le frigo, fait tourner le micro-onde, utilise une assiette et des couverts... Je mime vraiment toutes les actions possibles. La seule chose que je fais vraiment c'est boire.
Je remonte dans ma chambre et reste arrêté au niveau de la porte. Je fixe mon lit. Pour paraître plus crédible je décide de dormir dans celui de Trey. Et puis c'est aussi pour moi. J'ai besoin d'avoir son odeur, d'avoir l'impression qu'il est là aussi. Je m'allonge dans les draps et ferme les yeux. Je tripote mon collier que je ne veux pas enlever.
Dans cette position je m'endors assez tôt et rapidement.
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The Future
AdventureIl y a plus de 100ans un virus très dangereux et contagieux toucha le Bloc. Les dirigeant décidèrent de raser le continent en gardant quelques familles non touchées par le virus de plusieurs domaines différent. Peu à peu, le continent se remplis à n...
