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Le comte Griffind entra dans la cour principale. Il descendit de sa monture, surpris de ne voir personne pour l'accueillir. Il accrocha son cheval, à une poutre, et se dirigea vers l'entrée de son manoir. Miss Triguane finit par arriver et lui fit une révérence. Elle était essoufflée d'avoir courue et eut du mal à prononcer ses premiers mots.

- Oh maître... Je suis navrée, je ne vous ai pas entendu arriver. Je suis confuse...

- Ce n'est pas bien grave. Où se trouvent les autres employés ? Aurait-on déserté le manoir ?

L'intendante sourit et lui montra les écuries, d'un geste de la tête. Elle savait que son maître était pressé de pouvoir discuter avec l'inconnue. Il avait été quelque peu déçue de devoir partir en rendez-vous et, ainsi, de ne pas pouvoir être présent au réveil de sa nouvelle invitée.

- Ils sont tous partis voir Arya.

- Arya ?

- Oui, la jeune femme que vous avez ramenée. Si je puis me permettre, c'est une demoiselle quelque peu étrange mais tellement adorable.

Le comte Griffind ne releva pas la remarque, bien qu'il en eût pris note, et se dirigea, à son tour, vers les écuries. Les box étaient abandonnés. Au pré, une vingtaine de personne était accoudée, sur la barrière. Le comte s'approcha, doucement, pour assister au spectacle, sans être remarqué. Son invitée avait revêtu une tenue plus appropriée. Elle possédait les cheveux châtain, mi-longs, si ce n'était court. Elle était de taille moyenne et sa peau mate montrait qu'elle était habituée au soleil. L'inconnue faisait face au cheval noir, une carotte à la main. Tous deux ne bougeaient pas, s'observant attentivement. Le comte sentit la demoiselle gauche, dans ses gestes, mais cela ne sembla pas effrayer l'animal. Elle tendit, doucement, sa main, vers le cheval. Ce dernier avança de quelques pas, pour renifler. Arya lui sourit.

- Allez, mon grand... Autant toi, que moi, nous ne devons pas décevoir notre auditoire...

Comme si l'équidé avait compris, il posa son museau, sur sa main. Retenant un cri de joie, Arya lui tendit la carotte, qu'il prit volontiers avant de se coller, à elle. Henri rigola de bon cœur. Il jeta un œil, taquin, à ses écuyers.

- Qui l'eut cru ? Une demoiselle vous a mis au poteau ! Bravo mademoiselle.

Le comte s'approcha de la foule et applaudit, aussi surpris que ses domestiques, de la tournure des événements. Le cheval lui donnait du fil à retordre, depuis plusieurs semaines. Comment avait-elle fait ?

- Je me demandai pour quelle raison mon personnel avait disparu mais je comprends mieux, désormais...

Arya, surprise par le nouveau venu, se tourna vers la foule. Henri laissa sa place à un grand homme, aux cheveux brun et bouclés. Le personnel se tut et baissa la tête. Elle comprit, sans mal, qu'elle se trouvait face au maître de la demeure. Chloé ne lui avait pas menti, il était très bel homme. Le comte sauta, par-dessus la barrière, et vint à sa rencontre. Le cheval se plaça, derrière elle, lorsque l'homme arriva, à leur hauteur. Arya paniqua et lui tendit la main. Le maître des lieux la regarda, perplexe, avant de la saisir, avec délicatesse, contrastant avec la poignée d'Arya, plus vigoureuse. Le comte esquissa un sourire. Deux fossettes se révélèrent en coin de bouche. Ses yeux étaient rieurs et d'une couleur noisette, dont le vert dominait.

- Je préfère vous voir ainsi. Comment vous sentez vous ? Demanda-t-il, gardant la main de son interlocutrice, dans la sienne.

- Très bien... Beaucoup mieux... Merci de votre aide et de votre accueil. Votre personnel est extra.

1850 [terminé}Où les histoires vivent. Découvrez maintenant