Chapitre 5

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Je fus réveillée quelques heures plus tard par la servante qui m'avait habillée et coiffée plus tôt dans la journée. Elle venait d'entrer dans la chambre avec une petite table ronde qu'elle posa devant moi pendant que je me redressais. Encore une fois, il y avait dessus un assortiment de plats en plus des bols de riz et de soupe.

« Excuse-moi ! » la retins je alors qu'elle avait l'air de vouloir s'en aller après avoir posé la table.

« Avez-vous besoin de quelque chose, mademoiselle ? » demanda-t-elle, s'étant arrêtée immédiatement à mon appel.

« Est ce que Jong Ho est rentré ? » demandai je, ne sachant pas trop l'heure qu'il était.

Il y avait encore de la lumière à l'extérieur mais elle semblait doucement décliner.

« Il ne tardera plus. » me répondit elle. « C'est bientôt l'heure du couvre-feu. »

« Il y a un couvre-feu ? » m'étonnai-je.

Avec la chance que j'avais, j'étais tombée dans une période de guerre. Il n'y avait qu'à ces moments-là qu'on mettait en place un couvre-feu. Et en pleine pandémie de covid-19 mais ce ne serait pas avant des siècles.

« Bien sûr, il n'y a que les patrouilles qui circulent la nuit, c'est une question de sécurité. » énonça-t-elle comme si c'était du simple bon sens.

En même temps... J'aurais dû m'en douter. Ils n'avaient pas de caméra de sécurité pour prévenir de tout mouvements suspects et la nuit était assez propice à toute activités illicites. Mais ça voulait dire deux choses. Premièrement, je ne pouvais pas m'enfuir à la faveur de la nuit sous peine de me faire attraper par des gardes et, deuxièmement, c'était de toute façon trop dangereux de se promener la nuit. Une fois que j'aurais réussi à partir discrètement, il faudrait que je trouve de quoi me cacher pendant la période nocturne. Mais tant que ça servait mon objectif, ça valait le coup.

« Si Jong Ho rentre bientôt, je devrais peut-être l'attendre pour manger ? » demandai-je à la servante.

Elle eut une mine horrifiée.

« Oh non. Il ne viendra pas vous rendre visite à une heure aussi tardive. Il n'est pas comme ça. »

Au vu de son expression rouge et choquée, je supposai que ça aurait été tendancieux de sa part.

« Bon alors, tu pourrais rester manger avec moi. » lui proposai-je. « Comment tu t'appelles ? »

« Geun Rye, Mademoiselle. Et ça ne serait pas correct. »

« Personne n'en saura rien. » dis-je en haussant les épaules.

A vrai dire, je n'avais pas vraiment envie de rester toute seule avec la lumière qui déclinait, dans un environnement totalement étranger. Tout à l'heure, je m'étais endormie sans problème, assommée par la fatigue mais là, je venais de me réveiller et tous mes sens étaient en alerte. Sans compter que cette histoire de couvre-feu ne me rassurait pas du tout.

« Je peux rester là pendant que vous mangez. » proposa Geun Rye.

Peut-être que ce compromis la mettait moins mal à l'aise. Je hochai donc la tête même si ça me faisait bizarre de manger toute seule alors qu'on était deux.

« Peut être que tu pourrais m'apprendre à me servir de ça. » lui dis-je en lui désignant les baguettes.

Je sentais que si je voulais faire des repas décents pendant tout le temps que je serais coincée ici, il allait falloir que j'apprenne à les manier.

Franchement, qu'est-ce que c'était que cette magie de pacotille qui m'avait amenée là en sachant parler parfaitement la langue locale mais sans savoir comment faire pour manger la nourriture d'ici ?

Le souhait du roiDes histoires addictives. Découvrez maintenant