Chapitre 148

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« Il va falloir m'expliquer cette histoire de frère spirituel. » posa le roi, l'air mi sérieux, mi amusé.

Evidemment qu'il n'allait pas lâcher l'affaire...

« Je ne vois pas ce qu'il y a de plus à expliquer. » lui répondis je, sur la défensive. « C'est personnel. Et de la même manière que vous ne trouvez pas bon de partager certaines informations avec moi, je pense avoir le droit d'en garder quelques-unes pour moi. » appuyai je.

Je n'avais pas envie de me justifier de quelque chose d'aussi intime quand je savais qu'il n'entendrait que ce qu'il voudrait. Et je trouvais mon argument plutôt bon, bien que passif agressif.

« Ah... Tu m'en veux réellement de ne pas avoir communiqué avec toi avant aujourd'hui... » comprit-il. « Tu en veux ouvertement au roi. » résuma-t-il en me jetant un regard intense.

Oulah. Il allait me reprocher un crime de lèse-majesté, maintenant ?

Mais alors que j'étais en train de me demander si j'étais allée trop loin et dans quelle mesure, il se mit plutôt à sourire.

« Tu es de plus en plus audacieuse, Ri Ah. » constata-t-il avec un rire dans la voix. « Mais bien que ce soit un des aspects de ta personnalité que j'aime le plus, il est bon pour toi de savoir que tu ne peux pas te comporter ainsi avec moi en toutes circonstances. Tout à l'heure, ton frère était désemparé -peut-être même paniqué ou choqué- de la facilité avec laquelle tu m'as parlé. Il a dû accepter la situation par la force des choses et parce que je l'ai ouvertement tolérée mais tous ne le feront pas. » me mit il en garde sur un ton étrangement plus bienveillant que désapprobateur.

Je grimaçai. Parce que je ne pouvais même pas lui en vouloir de ce rappel à l'ordre. Je m'étais laissée déborder par mes émotions en occultant les règles de ce monde. Règles qui pouvaient avoir une importance capitale pour mon avenir si on considérait que j'allais devoir rester ici et m'adapter à une vie entière dans ce palais. Le roi allait, à minima, être mon souverain pour le reste de ma vie. Et moi son sujet. Une pensée vertigineuse qui m'appelait à un peu plus de respect ou au moins, de diplomatie.

« Vous avez raison, votre majesté. » pris je le parti de m'assagir pour le moment. « Je le garderai à l'esprit. » lui assurai je.

Le temps de réfléchir à quel comportement adopter définitivement. Tout ça était trop nouveau. J'avais besoin de pouvoir y penser seule un moment. En attendant, un peu de prudence ne pouvait pas faire de mal.

Le roi leva un sourcil, surpris que je sois si docile.

« Revenons-en donc à notre sujet. » tenta-t-il, pas encore sur de ma nouvelle position.

Je pris le temps de m'assoir. Finalement, je ne pouvais pas y couper.

« Qu'est-ce que je peux lui dire, exactement ? » demandai je au Tigre.

Parce que maintenant, j'avais une malédiction qui me pendait au coin du nez si jamais j'ouvrais trop la bouche. Il fallait que je sois prudente.

« Que tu as prêté serment et ce qu'il risque de t'arriver si tu lui en dis trop. » répondit-il. « De manière plus générale, tout ce qui n'est pas un secret spirituel. Mais ne t'en fais pas, si tu t'apprêtes à dire quelque chose d'interdit, tu le ressentiras. Il te suffira alors de ne pas fournir l'effort de le dire malgré cette sensation et te taire sur le sujet. » précisa-t-il.

Oh. Il y avait une sorte de sécurité, alors. C'était rassurant.

« Ri Ah, j'attends vraiment une réponse, cette fois ci. » insista le roi en s'asseyant à mes côtés.

Le souhait du roiDes histoires addictives. Découvrez maintenant