Chapitre 80

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La première chose que je fis en me réveillant, après avoir constaté que mes deux servantes étaient revenues à leur poste, fut d'en envoyer une porter une invitation au prince Woo Young. J'espérais qu'il y répondrait favorablement. Je ne pouvais pas nier que m'ignorer après que je lui ai fait croire que je viendrais la veille, si nous étions des gamins -ou qu'on avait des principes d'honneur et de courtoisies rigides et absurdes-, serait de bonne guerre. J'espérais qu'il soit au-dessus de ça. J'avais vraiment besoin de parler de tout ce que j'avais découvert. C'était la personne que je connaissais la mieux placée pour m'aider avec.

Sur ce coup-là, je ne pouvais compter que sur sa bonne volonté parce que je ne me voyais pas me promener dans le palais sans but officiel après les évènements de la veille. Peut être que le roi avait décidé de tout me pardonner mais ses soutiens étaient beaucoup plus méfiants que lui et rien ne disait qu'ils se conformeraient absolument aux désirs du roi s'ils avaient l'occasion de me mettre en difficulté. Oui, je pensais à Min Gi en particulier.

D'ailleurs, il n'y avait pas que Min Gi qui avait des griefs contre moi. Yeo Sang était dans un coin de la pièce, les bras croisés, depuis mon réveil et il me regardait avec un air... Contrarié ? Songeur ? Je ne savais pas trop. Il avait quand même réussi à ne pas se faire remarquer de Geun Rye et Hong Sim quand elles étaient venues dans la chambre pour prendre le message et m'apporter le petit déjeuner. Ce mec était une ombre.

Sauf que maintenant que j'étais devant mon repas, son regard insistant -et potentiellement accusateur- me gênait. En plus, il gardait un silence inhabituel, ce qui ne détendait pas l'atmosphère.

« Est-ce que tu vas bouder encore longtemps ? » soupirai je, un peu mal à l'aise. « Le plan d'hier ne s'est pas si mal passé et le prince Hong Joong a été rattrapé. Il n'y a plus de souci. »

« Plus de souci tu dis ? » s'anima Yeo Sang, immédiatement. « Je ne sais pas ce qui m'a pris de te laisser faire ce que tu voulais. Honnêtement, je me rends compte qu'en plus de te protéger d'éventuels dangers, je devrais aussi te protéger de toi-même. Même si le prince Hong Joong ne s'est pas échappé, il n'en reste pas moins que tu es découverte par le chef de la garde de Hanyang et par le roi lui-même. Alors oui, peut être que pour le moment le roi a décidé que tu étais suffisamment divertissante pour ne rien faire mais le jour où il se désintéressera de toi, la seule chose qu'il voudra faire, c'est se débarrasser de toi. Et tu sais pourquoi ? Parce que tu es bien trop dangereuse pour Joseon. Tu agis juste comme tu veux sans te soucier des conséquences de tes actes. Si tu étais restée sagement au palais en attendant que ton destin s'accomplisse, tu ne te serais pas mise dans cette situation. Une fois que le roi aurait fini de jouer avec toi, tu aurais pu avoir une vie tranquille, même si tu étais répudiée ou je ne sais quoi encore. » débita-t-il à la vitesse dont il avait l'habitude.

« Contente de constater que tu considère que je suis juste un jouet pour le roi, ou pour n'importe quel homme, je suppose. » grinçai je.

Il eut un reniflement désabusé.

« Il n'y a pas que pour le roi que tu es un jouet, effectivement. » confirma-t-il. « Tu es avant tout l'instrument du premier ministre Choi au cas où tu ne l'aurais pas compris. Tout ce qu'il attend de toi, tu dois le faire et, bravo, tu as réussi à attirer l'attention du roi comme il te l'avait demandé. Et il veut même bien faire de toi sa reine. Incroyable. Mais si tu penses que ça va durer comme ça pour toujours, tu te mets le doigt dans l'œil. Parce que ça posera problème. Même s'il n'écoute personne et qu'il t'épouse, ça posera problème à la cour, ça posera problème au peuple. Parce que, que tu sois adoptée et protégée par les Choi ne changera jamais le fait que tu sois une étrangère. Et c'est pour ça que tu dois faire profil bas et accepter ton destin plutôt que de créer des problèmes autour de toi. C'est comme ça que tu pourras survivre. » conclut-il, apparemment persuadé de ce qu'il disait.

Le souhait du roiDes histoires addictives. Découvrez maintenant