XXII

6.8K 359 134
                                        

Je sens les larmes couler le long de mes joues. Mais pourquoi est-ce que je pleure au juste ? On vient de finir de manger et j'ai prétexté être fatiguée pour m'enfermer dans ma chambre. Je me suis effondrée sur mon lit et les larmes ont commencé à faire leur apparition. J'ai vraiment l'impression de ne pas me reconnaître. Je ne suis pas la femme la plus forte du monde mais normalement j'arrive à garder la face. Pourtant depuis que j'ai revu Loan c'est une catastrophe.

Je mets quelques minutes à calmer mes sanglots et je m'endors ensuite les joues humides en espérant réussir à me reposer.

"-Loan ! Je ne peux pas.

Les larmes coulent sur mes joues, ma voix se brise quand je parle. Je le déteste, je déteste ce moment. Mes mains sont agrippées sur le rebord de la fenêtre et je serre tellement fort que ça me fait mal aux doigts.

-Putain mais écoute moi pour une fois et saute dans ce putain de jardin !

Je lâche un énième sanglot.

À 3 j'y vais.

1
...
2
...

La porte craque et le bois cède dans un bruit terrifiant et tonitruant.

Deux mains que jamais je n'aurais pensé sentir sur mon corps se posent sur ma taille et me poussent en avant. Je suis obligé de lâcher la fenêtre. Je sens le choc. Immobile au sol, je suis toujours paralysée.

Une douleur insupportable pulse sur ma hanche..."

Je me réveille plié en deux à gémir de douleur. Je tiens ma hanche et ma cuisse qui me font horriblement mal. Je ne supporte plus cette douleur, je veux que ça s'arrête. J'ai l'impression d'entendre du bruit dans l'appartement mais je ne sais pas si c'est mon imagination ou pas. Je tente de me lever pour aller chercher une poche de chaud mais je retombe sur le matelas incapable de m'appuyer sur ma jambe.

-Aidez moi..., je gémis.

Seulement quelques secondes après, ma porte s'ouvre à la volée et quelqu'un fait son entrée. On me colle une ou deux poches de chaud sur la jambe et ma douleur se fait moins forte. Tout en maintenant les poches contre moi, je sens son bras s'enrouler autour de mon cou pour me rapprocher de lui. Il me pousse à m'allonger sur le lit tout en restant contre moi. J'inspire et je sais que c'est lui. Je sens son odeur et sa chaleur corporelle.

-Lana...doucement...ce n'était qu'un mauvais rêve, tu t'es réveillé. Tu es avec moi maintenant, il ne peut rien t'arriver, il n'y a que Tristan, Patapouf et moi dans cette maison.

-Je...

Je suis incapable de dire quoi que ce soit parce que la peur et les sanglots me bloque la gorge.

-Calme toi Nana...tout va bien...

Il me lache, me permettant de mieux respirer et je le sens s'allonger à côté de moi. Il garde sa main sur les poches pour les maintenir en place tout en collant son corps contre le mien. Il m'incite à me tourner face à lui, ce que je fais et ça lui permet de lâcher quelques secondes les poches pour passer son pouce sur mes joues et essuyer mes larmes.

-Nana...tout va bien, je t'en suppli calme toi...

Son bras passe encore une fois autour de mon cou et il me sert contre lui. Je tiens les poches de chaud contre ma jambe en me collant à lui. L'avoir contre moi me rassure vraiment. Il éloigne un peu son visage et voit encore mes larmes. Ne voulant pas me lâcher, il embrasse mes joues pour faire disparaître mes pleurs. Sa bouche est proche de la mienne et sans réfléchir, je presse mes lèvres contre les siennes. Il paraît d'abord surpris mais me rend finalement mon baiser. Quand on s'éloigne un peu, il ne tarde pas à déposer une pluie de petits baiser sur mes lèvres. Puis il niche sa tête contre mes cheveux et je sens sa main caresser ma nuque.

StepbrotherOù les histoires vivent. Découvrez maintenant