III

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Je n'ai pas croisé Loan depuis hier quand j'ai fait irruption dans sa chambre. Je n'ai pas osé lui proposé quelque chose à manger pour tenter de m'excuser de peur qu'il me remballe alors j'ai passé mon après-midi d'hier toute seule. Ce matin lorsque je me réveille, je vais dans le salon puis dans la cuisine. Sur l'îlot central je trouve un mot.

"J'ai dû partir tôt sur un voyage de dernière minute, je reviens demain dans la journée, d'ici là essayez de ne pas vous entretuer. Tris"

Je pouffe en reposant le mot et vais regarder le contenu du frigo. Je reste devant à la recherche de quelque chose de léger que je pourrais manger, je ne mange jamais beaucoup le matin.

-Tu compte rester encore longtemps devant le frigo, tonne la voix rauque de mon demi-frère juste derrière moi.

J'ai même senti son souffle sur ma nuque, c'est peu dire qu'il est proche de moi. Je sens sa chaleur dans mon dos alors qu'un de ses bras passe au dessus de mon épaule pour attraper la bouteille de lait dans la porte. Je ne bouge pas jusqu'à ce qu'il parte, comme tétanisée. Ensuite j'attrape un jus de fruit et décide de ne rien manger du tout, sa présence nouant mon ventre. Je referme le frigo et quand je me retourne je le retrouve assit sur un tabouret haut de l'îlot central en train de siroter sa tasse. Ses yeux me scrute par dessus son mug et je ne me sens pas bien. Mon pire cauchemar se trouve devant moi et il me reluque avec des yeux si sombres. Sans un mot je me serre un verre de jus de pomme et vais dans le salon pour m'éloigner de lui. C'est peine perdu parce que seulement quelques minutes après il est de retour et il s'affale sur l'autre bout du grand canapé. Je me demande si je dois m'excuser pour la veille mais la sonnette me coupe dans mes pensées.

Loan se lève et va ouvrir. A peine la porte est ouverte qu'une tornade aux cheveux noirs lui saute dans les bras. Comme si je n'étais pas là ils s'embrassent à pleine bouche. Il recule un peu pour refermer la porte derrière Christina et la plaque dessus sans ménagement. Comme quand j'avais 15 ans, une femme est entre le mur et lui et il presse ses fesses dans ses mains. J'ai compris, je suis de trop ! Je ne demande pas mon reste et pars rapidement, hors de question que j'assiste à ça, c'est déjà arrivé beaucoup trop de fois lorsque j'étais ado. Je m'enferme dans ma chambre et me mets à lire, la lecture à toujours était un refuge pour moi. Quand j'ai besoin de m'évader, de penser à autre chose, de me plonger dans un autre monde je lis un bon livre et ça me permet de m'évader au moins pour quelques heures. Je mets également mes écouteurs pour mettre de la musique et empêcher des possibles bruits de gémissements d'atteindre mes oreilles. Mon dieu mais comment je vais faire pour le supporter ne serait-ce que 24h alors que Tristan n'est pas là !

Quand j'en ai marre de rester enfermé, je décide de m'éclipser de l'appartement pour sortir en ville. Je me balade un bon moment dans Rome et n'ayant pas mangé à midi je décide, dans l'après-midi, de manger une petite salade dans un parc et maintenant la nuit commence à tomber alors que j'essaye de me rappeler par où je suis passée. Après une bonne demi-heure à prendre telle ou telle rue j'en viens à la conclusion que je suis perdue et la seule personne de cette ville dont j'ai le numéro est Tristan. Je vais l'appeler et on verra bien ce qu'il me dit de faire. Il décroche rapidement.

-Nana ? Tout va bien ?

-Je me suis perdue. Christina est venue au penthouse et ils ont dû faire leurs affaires avec Loan donc j'ai décidé d'aller me balader mais je suis incapable de retrouver le chemin que j'ai pris à l'allée.

-Il va sérieusement falloir que je lui parle, il ne la ramène jamais d'habitude. Tu sais vers où tu es ou il n'y a rien que tu connais autour de toi ?

Donc bizarrement maintenant que je suis là il demande à son plan cul de venir, je note. Il va vraiment me faire chier jusqu'au bout. Je soupire doucement avant de répondre.

StepbrotherOù les histoires vivent. Découvrez maintenant