IX

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Ça fait presque 4 jours qu'on s'entend à peu près bien avec Loan. Enfin, je dirai plutôt qu'on ne se parle pas tant que ça et qu'on se croise peu mais qu'au moins, on ne s'engueule pas. Ce n'est plus aussi pesant qu'avant et ça, c'est agréable, autant pour Tris que pour nous.

Nous sommes d'ailleurs tous les deux dans nos chambres respectives à l'heure qu'il est. Je travaille sur le mariage de Clara un bon quart d'heure jusqu'à ce que j'entende des miaulements répétitifs venant de l'extérieur. Je m'approche de la fenêtre, l'ouvre doucement et je découvre sur le bord de la fenêtre de l'appartement en dessous du nôtre un petit chaton gris avec des petits détails blancs au bout des pattes. Il n'arrête pas de miauler et semble apeuré. Je réfléchis à ce que je pourrais faire et j'en viens à la conclusion, très irréfléchie, qu'il faut que j'aille le chercher. Il me semble que Tristan m'a dit que personne n'habitait là, le seul moyen que j'ai est donc de passer par la fenêtre.

Je m'assois sur le rebord de la fenêtre, mes jambes pendent dans le vide et je frissonne. C'est haut et ça me rappelle de trop mauvais souvenirs mais je ne peux plus faire marche arrière. J'essaye d'enlever ces mauvaises pensées de mon esprit mais elles persistent à ne pas me quitter. Les larmes me montent aux yeux en même temps que ma respiration devient saccadée. Je suis comme paralysée, mes mains sont agrippées tellement fort au rebord de la fenêtre que ça me fait mal au doigt.

-Au secours, je crie du plus fort que je le peux et malgré la peur qui noue ma gorge.

Je sursaute quand je sens les mains puissantes de Loan se poser sur ma taille. Je es reconnais parce que je ressens la même chose que ce soir là, des années plus tôt. C'est bien trop familier comme sensation, j'ai l'impression de revivre la nuit qui m'a marqué. Je ne peux plus bouger et je suis secouée d'encore plus de sanglots. Ce contact m'est insupportable, j'ai l'impression qu'il ne me reste que quelques secondes avant de finir projeter à l'extérieur.

-Eh eh eh...Lana doucement..., je l'entends me dire doucement pour me rassurer.

Je ne me calme pas et il m'attire un peu contre son torse, un peu plus à l'intérieur de l'appartement. J'essaye de me concentrer sur ça mais la peur continue à m'envahir.

-Je vais t'aider à descendre de là, n'ais pas peur... Il faut que tu lâches le rebord Lana...

Mes mains se décontracte et il me tire en arrière enfin en arrière. Mes pieds retrouve le sol mais j'ai l'impression que mes jambes peuvent flancher à tout moment. Il me prend dans ses bras et je pleure contre son torse. Je sens sa main plusieurs fois passer dans mes cheveux et je finis par me calmer petit à petit.

-Tu veux bien m'expliquer ce que tu faisais ? me demande-t-il calmement.

-Il y a un petit chaton qui miaule depuis tout à l'heure. Il est un étage en dessous et je voulais aller le chercher. Mais je n'ai pas réfléchie, je me suis dis que je pouvais y aller par là, je n'aurais pas dû. Mais ses miaulements montrent clairement qu'il est terrifié et ça m'a fendu le cœur.

Il se détache de moi pour regarder par la fenêtre.

-Il est au niveau de l'appartement vide. Je vais aller le chercher mais j'attends que tu sois complètement calmé.

-Ça va aller, va le chercher s'il te plaît, fais-je suppliante en l'entendant à nouveau miaulé.

Il acquiesce et passe par la fenêtre comme moi quelques minutes plus tôt. Je m'approche et la peur refait surface. L'immeuble est haut et il pourrait se faire mal, je refuse d'être spectatrice de cela. Pourtant son corps agile réussit à escalader jusqu'à la fenêtre en dessous. Il récupère le chaton qu'il tient contre son torse, il me le tend et je l'attrape en le cajolant contre ma poitrine. Loan revient dans la pièce en époussetant son tee-shirt légèrement salit.

StepbrotherOù les histoires vivent. Découvrez maintenant