Chapitre 6 - partie 1/2

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Je montre le message à Louve et nous descendons rapidement dans le hall, empruntant le chemin inverse que celui emprunté plus tôt. Je laisse ma nouvelle amie prendre la tête, impressionnée par sa mémoire et son sens de l'orientation. Chaque nouvelle intersection ne laisse place à aucune hésitation de sa part. Lorsque je le lui fait enfin remarquer, elle se tourne vers moi avec un sourire et répond que les loups-garous ont un très bon sens de l'observation. Que son ouïe développée l'aide aussi à la guider vers le hall.

Lorsque nous arrivons à ses abords, justement, il est beaucoup plus bruyant que la dernière fois où nous l'avons traversé.

Il est vrai que peu de fées étaient arrivées jusqu'à présent. Peut-être puis-je dire sans trop me tromper que la majorité d'entre-elles sont arrivées aujourd'hui. On dit que c'est l'espèce, avec celle des loups-garous, qui ont l'esprit communautaire le plus développé. L'entrée dans la salle à manger, adjacente au hall, nous ouvre la vue sur une trentaine de fées, hommes et femmes réunis ainsi que la majorité des Grandes Puissances qui étaient déjà arrivées. La communauté féérique est de nature très enjouée. Cela s'entend et se ressent déjà dans l'atmosphère générale. Je repère ma grand-mère de loin et attrape le bout de la manche de Louve, pour qu'elle puisse me suivre au travers du chemin que je nous fraie au travers de la foule. Alors que nous approchons d'Aliana, une présence surgit devant nous avec un grand sourire.

— Vous devez être Louve et Gwen, n'est-ce pas ? Je m'appelle Manoa. Je suis ravie de vous rencontrer !

C'est une adolescente d'environ notre âge, métissée et les cheveux coiffés en un magnifique afro. Le simple fait de l'avoir dans mon champ de vision me donne l'impression que des lumières ont été rajoutées et illuminent la salle.

— Oui, c'est bien nous ! C'est toi qui devais arriver aujourd'hui ? demande Louve.

— Oui c'est ça !

— Comment tu connais nos prénoms ?

— Oh, quand on est arrivé, c'est Aliana qui nous a accueillis. Elle m'a dit de vous trouver quand vous arriveriez.

— Ça vous dit d'aller autre part pour discuter ? propose Louve. Il y a beaucoup de bruit ici.

— Oui, bien sûr.

Nous sortons donc de la foule et nous dirigeons vers la sortie de la salle à manger. Nous arrivons dans le couloir et Manoa jette un œil par la fenêtre donnant sur le domaine.

— Oh, c'est vrai qu'il y a le jardin par ici ! Ça vous dirait d'y aller ?

— Mais tout est mouillé et il fait plutôt froid...

— Oh, ce n'est pas grave ça. On peut facilement y remédier. Venez !

— Hé, Manoa ! Attends...!

Alors que Manoa me tire par le bras en m'emportant, toute joyeuse, vers l'extérieur, j'attrape instinctivement celui de Louve, et nous nous retrouvons presque à trébucher en étant entraînées vers les jardins. En arrivant dans l'herbe, je lâche le bras de Louve et Manoa lâche le mien, s'arrêtant au milieu d'un carré de pelouse. L'herbe mouille nos chaussures. L'air est frais et humide. Les nuages couvrent le ciel, empêchant tout rayon de percer au travers.

Mais dès lors que Manoa s'accroupit, pose une main au sol et lève la tête vers le ciel couvert, une douce lumière crée un halo autour de ses mains. L'herbe à proximité de nous devient sèche comme lors d'un beau jour de mai. Les nuages se dispersent laissant le soleil montrer sa face lumineuse. L'air s'imprègne d'une agréable chaleur.

N'importe qui pourrait croire que cette chaleur est naturelle.

N'importe qui, sauf un magique.

La fraîcheur se cachant méticuleusement derrière ne trompe pas un esprit averti.

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