Chapitre 8 - partie 3/4

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Après le repas, tout le monde s'active à récupérer les informations le concernant et à discuter avec les autres des récents événements. Le début de l'après-midi est marqué par le début des entraînements.

Mon emploi du temps est clairement divisé entre le matin et l'après-midi. La matinée est régulière : deux heures seront consacrées au travail de mon endurance et une heure au cours du docteur Miller. L'après-midi, lui, est changeant. Les cours changeront et alterneront tous les jours selon un certain cycle. Deux leçons différentes seront dispensées dans le temps imparti avant le dîner. Mon groupe est composé d'une trentaine de personnes, dont font partie tous les jeunes.

Aujourd'hui, Haiko commence par nous enseigner différentes postures de garde plus ou moins élaborées et à nous les faire mémoriser. Un autre exercice consiste à nous faire créer une garde suffisamment efficace sous la sauvegarde de notre professeur. Le deuxième atelier est celui de l'entraînement aux pouvoirs des sorciers, que je suis censée maîtriser un minimum.

***

C'est Aliana ainsi qu'un homme ayant la quarantaine qui nous donnent le cours sur les capacités des sorciers. Le premier exercice consiste à mobiliser notre pouvoir afin de soulever des objets par la télékinésie.

Comme me l'a expliqué ma grand-mère, je ferme les yeux, concentre mon attention sur l'énergie formant une boule dans mon ventre, la laisse m'envahir et se propager dans mon corps et imprégner toutes mes cellules.

Une fois cette énergie répandue et mon esprit concentré sur la petite pierre en face de moi, je la visualise en suspension vingt centimètres au-dessus de la table installée dans le parc. Je sens Louve tressaillir à côté de moi, le souffle coupé.

M'inquiétant, j'ouvre les yeux.

Ce n'est pas seulement ma petite pierre qui flotte, mais dix autres de plus, formant un amas compact. L'air ahuri et le souffle court, je relâche mon attention et le tout retombe avec bruit. Les pierres, libérées de mon emprise, continuent leur course et roulent hors de la table. Les yeux de trente personnes se tournent vers moi et ma grand-mère propose, un sourire dans la voix :

— Et si nous essayions quelque chose de plus gros ?

En agitant son index, elle déplace un petit rocher de deux kilos.

— Gwen, tu veux bien essayer de soulever ça, s'il te plait ?

— Tout de suite ? Ce n'est pas un peu gros ?

— Essaye seulement, ne t'en fais pas.

Refermant les yeux et redevenant une source de puissance, j'imagine de nouveau le rocher en suspension. Lorsque je les ouvre à nouveau, la pierre lévite, tel que je l'avais visualisé. Je sens une légère baisse de mon énergie et le repose.

— Ça ne devrait pas m'affaiblir plus que cela, normalement ?

— Je pense que tu n'es pas habituée à sentir ton énergie plus basse que d'habitude, et donc que tu ne ressens pas vraiment à quel point elle a baissé. Gwen, tu voudrais essayer une dernière chose ? Après tu te reposeras. J'aimerais que tu essayes de déplacer le rocher.

— Tu es sûre que je peux le faire ?

— Bien sûr.

— Dans ce cas, d'accord. J'aimerais juste que tout le monde s'écarte. Je ne voudrais pas que quelqu'un se le prenne en pleine tête.

Bien obligée de garder les yeux ouverts, je balaye de mon champ de vision tout ce qui n'est pas l'objet trônant sur la table devant moi. Pendant ce temps, le groupe s'est éloigné, se plaçant dans mon dos.

Je commence par élever le rocher. Je vois pour la première fois mon pouvoir à l'œuvre, faisant onduler l'air autour de la roche. Une fois stabilisée à trente centimètres de la table, les ondulations s'immobilisent. Je l'imagine alors se déplaçant vers l'avant, loin de moi, là où il n'y a personne.

Alors que j'envoie de l'énergie dans la direction voulue comme pour pousser le rocher, il part brusquement dans la haie, y laissant un trou. Une grosse chute de tension me fait chanceler et m'oblige à m'asseoir, luttant contre la perte de conscience. Une main se pose sur la base de ma nuque, me maintenant droite. Une main chaude et douce, celle de ma grand-mère.

— Ça va, ma chérie ? Tu as mis un peu trop d'énergie pour déplacer le rocher.

— Je ne sais pas trop.

— Tu réussirais à marcher et à aller t'allonger ?

— Je ne sais même pas si je peux me lever. Mes jambes ne me portent plus.

— Très bien. Qui, ici, arrive déjà à soulever des objets ?

Quelques personnes lèvent la main.

— Et parmi vous, quelqu'un pourrait accompagner Gwen dans sa chambre ?

— Je vais y aller, Aliana.

— Oui, vas-y. Merci.

Quelqu'un m'attrape par les coudes et me relève. Mes paupières sont trop lourdes pour les laisser ouvertes, je me rappelle avoir tant vacillé que j'ai failli tomber. La personne me soulève donc et me porte. Je sens quelqu'un me partager une partie de son énergie vitale. Une énergie que je ne reconnais pas, mais qui est douce et rassurante. Me laissant bercer par les pas et cette part de vitalité qui m'est partagée, je m'abandonne à cette force m'attirant dans les bras de Morphée. Quand je me réveille enfin, je trouve Nicolaï à mon chevet.

— Qu'est-ce que tu fais ici ?

— C'est si étrange que ça que je sois à tes côtés ? demande-t-il avec un fade sourire. J'attendais que tu te réveilles.

— Comment est-ce que je suis arrivée dans mon lit ?

— J'ai dû te porter, tu n'avais plus assez d'énergie pour marcher.

— ...

— Qu'est-ce qu'il y a ? Pourquoi cette tête ? C'est le fait que je t'ai portée ?

— Non, ce n'est pas du tout ça. Je m'inquiète seulement pour ça, je réponds en désignant mon visage. Je dois avoir une mine affreuse.

— Celle du buisson est bien pire que la tienne. Il s'est retrouvé plutôt amoché après avoir reçu un rocher de deux kilos lancé à presque cent kilomètres heures, se moque-t-il. Heureusement que tu avais demandé à ce qu'on s'écarte ! Personne n'aurait aimé être à sa place.

— Oh merde, c'est vrai ! Tu es sûr que personne n'a été blessé ?

— Pas à cause de toi en tous cas. Et pour le reste de la séance, je ne sais pas. Ça fait pas mal de temps qu'on est là, et les cours se sont terminés il y a presque une heure. D'ailleurs, on ne va pas tarder à passer à table. Tu as faim ?

— Oui, allons-y !

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