Entre-temps, il s'est placé au centre de l'espace dégagé, les bras le long du corps et ses yeux rivés aux miens. Au bout de quelques secondes, ses épaules se contractent et se relâchent presque aussi tôt.
Au-dessus d'elles commencent à apparaître des sortes de tissus de soie translucide, aussi fins qu'une rosée de printemps. Ils concentrent tous les rais de lumière pour ensuite les multiplier par mille, projetant une multitude de minuscules arcs-en-ciel sur les murs et le plafond.
Ses ailes sont maintenant totalement sorties, plus grandes que lui, frôlant le sol. Devant mon air émerveillé, ses lèvres se fendent en un magnifique sourire. Sans s'en départir, il acquiesce lorsque je lui demande si je peux les toucher. Je m'arrête au niveau de son épaule et effleure leur contour du bout des doigts. Le contact, doux et qui me semble très fragile, se met à frémir lorsque je les effleure. J'y met fin aussitôt et me tourne vivement vers Nicolaï. Je n'ai que le temps d'ouvrir la bouche qu'il m'explique.
— C'est une partie du corps qui est très sensible et pas vraiment habituée au contact.
— Ça ne t'a pas fait mal au moins ?
— Non, pas du tout. En fait, c'était très... agréable. Comme une caresse mais avec un ressenti beaucoup plus fort.
Rassurée, je reporte mon attention dessus. Je ne peux m'empêcher d'y reposer les doigts, et de les faire courir le long des motifs qui les parcourent. Je remarque qu'aux endroits où je passe ces derniers, ils laissent une petite traînée derrière eux, qui s'efface très rapidement. Le frémissement continue, s'intensifie lorsque mon contact se fait plus accentué. Terminant de dessiner la tache en forme de goutte sur son aile, je tourne la tête vers Nicolaï.
Avant qu'il ne se rende compte que j'ai arrêté ce contact, j'ai le temps d'apercevoir sa tête légèrement baissée vers moi, les paupières closes et un très léger sourire se dessinant sur ses lèvres comme si, les traits détendus, il allait s'endormir. Avec les reflets qui éclairent son visage, il est encore plus beau que d'habitude. Lorsqu'il ouvre ses yeux bleus et les tourne vers les miens, ils brillent et sont teintés d'un nouvel éclat.
Nous nous regardons comme cela, sans parler pendant quelques longues secondes, jusqu'à ce qu'il rompe ce contact pour diriger son regard sur mes lèvres. Après un instant d'hésitation, il pose une main légère à la base de mon cou, sous mes cheveux. Sa paume est chaude et ses doigts, délicats. Il approche son visage, ses lèvres. Ses lèvres qui effleurent tout simplement ma bouche, comme pour me demander mon accord, puis qui, voyant que je ne m'écarte pas, se posent vraiment sur les miennes, délicatement et amoureusement. Sa main glisse au creux de mon dos, me rapprochant de lui et j'allonge mon cou, entrouvrant les lèvres.
Lorsqu'il s'écarte légèrement, mettant fin à ce baiser, j'ouvre les yeux que j'avais fermés presque malgré moi. Mon visage est brûlant ; et la sensation du contact, encore présente. Un délicat sourire se dessine sur mon visage et celui de Nicolaï qui lui fait écho est un peu plus prononcé, heureux.
Du coin de l'œil, je vois ses ailes toujours ouvertes vibrer légèrement. En devinant la cause, je souris, amusée. La légère gène sur le visage de Nicolaï disparaît presque instantanément et il hausse les épaules, tout en faisant disparaître ses ailes entre ses omoplates.
— Je pense que nous devrions retourner dans nos chambres. Les autres doivent attendre que nous rentrions pour dormir.
— Allons-y.
Nous sortons de la pièce, éteignons les lumières et nous mettons à marcher dans le couloir seulement éclairé par quelques rayons de lune filtrant à travers les vitres. Nicolaï me prend la main, enlaçant nos doigts. Nous marchons sans un mot, appréciant simplement le contact l'un de l'autre. Arrivés au début du couloir dans lequel se trouvent nos chambres, je m'arrête désignant d'un signe de la tête nos mains l'une dans l'autre, je demande :
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Le Dernier Ange
ParanormalFût un temps de guerres et de massacres qui mirent les mondes à feu et à sang. Fût un être absolu qui ramena la paix et la stabilité entre lesdits mondes. Furent ces mondes qui, à sa mort, se déchirèrent à nouveau, entrant dans une ère de Révolte...
