— Comment ça tu pars ?
— Je vous l'ai dit, c'est pour aller chercher le seul autre Ange peut-être encore en vie.
— Mais...
— Je vous en supplie, essayez de comprendre la situation dans laquelle je me trouve !
— C'est bon, Gwen. On comprend que tu en a besoin, me rassure Manoa.
— C'est juste qu'on ne veut pas que tu partes, ajoute Jae qui, pour l'une des premières fois, exprime ses sentiments.
Parler de toute l'histoire à mes amis et leur annoncer mon départ, même provisoire, est une chose longue et difficile. Plus que je ne le pensais avant de me lancer. Peu après leur avoir tout déclarer, une grande tristesse et une inquiétude tout aussi forte m'envahissent.
Je comprends rapidement que ce n'est pas la mienne ; que c'est celle d'Estheban. D'instinct, je sais qu'il a reçu la confirmation qu'il ne serait pas du voyage. De part notre connexion, je ressens toutes ses émotions. C'est sans doute la déception de ne pas m'accompagner et la peur liée à cet inconnu dont il ne ferait pas partie qui est le plus dur.
Je le sens en train d'essayer de me cacher ses émotions. Il a deviné que je ressens tout. Il pourrait y arriver, mais nos esprits sont trop étroitement liés pour que ce soit complètement possible. De son côté, je sais qu'il ressent également que je ne suis pas vraiment d'accord avec cette décision. Ce voyage fait autant partie de son héritage que du mien.
Suite à l'annonce de mon départ à mes amis, Nicolaï me prend à part :
— Je n'aime pas le fait de savoir que tu vas partir aussi loin d'ici.
— Nicolaï, s'il te plait, c'est déjà assez...
— Je n'aime pas ça parce que je ne pourrais pas te rendre la raclée que tu m'a mise tout à l'heure. Plus sérieusement, Gwen, je ne me fais strictement aucun souci pour toi. Premièrement parce que ta grand-mère t'accompagne. Deuxièmement parce que personne ne sait où tu vas, pas même nous. Pour terminer, parce que tu es parfaitement à même de te défendre seule. Donc tu n'auras aucun problème.
Il termine en replaçant une mèche derrière mon oreille et du bout des doigts, me caresse la joue. Spontanément, j'attrape sa main et accentue légèrement la pression de sa caresse contre ma peau, appréciant ce contact. Cette fois, c'est moi qui entrelace nos doigts. C'est moi qui m'approche de lui, réduisant l'espace entre nos lèvres. C'est encore moi qui termine de combler le vide et qui pose mes lèvres sur les siennes. Et enfin, c'est lui qui rend ce baiser plus enivrant en intensifiant ce contact, qui dure de longues secondes. Lorsque nous y mettons fin, il me chuchote :
— Ça va bien se passer, ne t'inquiète pas.
— Je n'ai jamais dit que...
Je suis coupée par le regard qu'il me lance l'air de dire « pas à moi ».
— Ok, c'est vrai que je stresse un peu. Imagine qu'il soit mort, ou bien qu'il soit vivant mais qu'il ne veuille pas nous voir ? Et s'il vous arrivait quelque chose pendant mon absence je ne me le pardonnerai pas.
— Je t'ai dit que tout allait bien se passer. Il ne pourra pas rester dans son coin sans rien faire. Et puis nous aussi on sait se défendre. On devrait aller se coucher, tu te lèves tôt demain.
— Tu as raison.
Dans mon lit, j'ai du mal à m'endormir. Je repense à mes amis que je vais bientôt quitter et cela me fait bizarre. Nos conversations tous les soirs vont me manquer. Et je me suis tellement habituée à la présence d'Estheban, discrète mais si importante et rassurante, que j'appréhende de me retrouver loin de lui. Je me rends aussi soudainement compte qu'ils sont tous devenus mes piliers, ici.
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Le Dernier Ange
ParanormalFût un temps de guerres et de massacres qui mirent les mondes à feu et à sang. Fût un être absolu qui ramena la paix et la stabilité entre lesdits mondes. Furent ces mondes qui, à sa mort, se déchirèrent à nouveau, entrant dans une ère de Révolte...
