Chapitre 8 - partie 4/4

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— Ça fait vraiment deux heures que tu es là ?

— Oui.

— Donc tu es resté ici tout le temps que je dormais ?

— On peut dire ça comme ça.

— Et tu as fait quoi pendant tout ce temps ?

Rougissant légèrement, il esquive la question :

— Tu sais que tu as parlé pendant ton sommeil ?

— Non, vraiment  ?! Qu'est-ce que j'ai dit ?

— Tu crois vraiment que je vais te faire ce plaisir ? Tu feras quoi pour moi si je te le dis ?

— Oublie ! Si je commence à m'endetter dès maintenant, je ne m'en sortirai jamais. Je parle toujours dans mon sommeil quand je suis très fatiguée. Au fait, tu ne m'en veux pas de t'avoir fait manqué le cours ?

— Il y en aura d'autres, répond-t-il simplement avec un haussement d'épaules. Et puis c'était marrant de t'entendre débattre toute seule, ajoute-t-il en rigolant.

— Tu n'oserais pas te moquer de moi quand même ?

— Non, c'est pas mon genre, tu le sais bien !

— Fais gaffe, ce ne sera pas le seul rocher que je devrai soulever et déplacer. Si j'étais toi, je ferais attention la prochaine fois.

En arrivant aux abords de la salle à manger, mon regard glisse, comme attiré, vers une personne se tenant dos au mur du salon, tapant quelque chose sur son portable. Cette personne, je l'ai déjà vue la veille, lors de l'arrivée des vampires.

Je reconnais de suite la couleur de sa peau, son allure et, plus que tout, sa façon d'accrocher mon regard en levant les yeux vers moi. Jusqu'à ce que nous quittions la pièce, je ne peux détourner mes yeux des siens. De ses yeux noirs de jais.

Je reconnais aussi son énergie. C'est la même que celle qui s'est ajoutée à la mienne plus tôt, lorsque j'étais dans les bras de Nicolaï.

Pourquoi me l'a-t-il partagée?

— Tu le connais ? demande Nicolaï en me ramenant à la réalité.

— Non. Je l'ai juste croisé quelques fois.

— Il t'a fait quelque chose ?

— Non plus. C'est seulement... quand je le croise j'ai une sensation bizarre. Ce n'est sans doute rien d'important.

Entre-temps, nous sommes arrivés dans la salle à manger et pendant que nous nous asseyons, Jae, Louve, Manoa et Nilaja demandent de mes nouvelles.

— Je vais bien. Je me suis reposée et j'étais en bonne compagnie, dis-je avec un regard amusé à Nicolaï, qu'il me rend avec un sourire. Alors, vous avez réussi ?

— Réussi quoi ?

— À soulever les cailloux.

— Ah, ça ! Oui ça a été, à part pour Nilaja qui a vraiment galéré et qui s'est énervé. Tu aurais dû le voir râler après une pauvre pierre, ajoute Jae sur le ton de la confidence.

— Eh, tu sais que je t'entends ? C'est pas sympa d'afficher comme ça ! se défend l'intéressé à moitié hilare.

— C'est sûr, mais tu aurais vu ta tête !

— Je ne te croyais pas comme ça, Manoa. Je suis affreusement déçu. Il n'y a vraiment personne qui me soutient, ici ?

— Si, si, Nilaja. Je te soutiens du fond du cœur, le réconforte Louve sans grande conviction.

— Vous voyez, même ceux qui se disent être mes amis se moquent de moi ! Qu'est ce que je vais devenir ici ? se plaint-il d'un ton si comique que tout le monde explose de rire.

***

— Au fait, comment on fait pour tous se comprendre, alors qu'on vient tous de pays différents et qu'on parle tous une langue différente ? demande Louve, plus tard dans la soirée.

— Le cerveau des magiques a beaucoup de facilités à s'adapter à d'autres langages. Nous n'avons qu'à souhaiter comprendre une langue pour que ce soit le cas. En revanche, pour apprendre à la parler c'est un peu moins facile.

— C'est génial ! Et, est-ce que je suis la seule à être un peu paumée avec toutes ces histoires ?

— Non, t'inquiète, Louve. Moi je ne savais même pas que je faisais l'objet d'une prophétie, il y a encore deux semaines de ça.

Tous les ados se tournent vers moi, les yeux écarquillés.

— Eh, on n'a pas tous eu la chance d'être au courant de tout dès tout petit ! je rétorque avec un haussement d'épaules, face à la question que leurs yeux me posent.

— T'as raison, merde alors, je ne pensais même pas qu'il existait autant de Grandes Puissances ! Et encore, je suis sûre qu'il y en a encore beaucoup d'autres. Il faut juste les trouver, réalise Manoa, celle que, depuis quelques jours, je commence à considérer comme ma grande sœur.

— C'est pas le plus simple. C'est pas comme si on pouvait passer un appel à la télé pour lancer un rassemblement !

Jae désigne du doigt l'écran sur lequel passent les informations du journal télévisé dont le son était coupé. On ne voit que les images de villages en ruine à cause de catastrophes naturelles, de guerres au Moyen-Orient,... La réplique tombe dans un silence pensif pendant quelques secondes avant que je ne le rompe.

— Tu sais que t'es un vrai génie Jae ! La vache, mais c'est tellement plus simple tout à coup !

— Heu...merci ?

— Où tu vas, Gwen ?

— Je reviens, il faut que je dise quelque chose à ma grand-mère. J'en ai pour deux minutes !

Le Dernier AngeDes histoires addictives. Découvrez maintenant