Chapitre 10 - partie 2/3

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— Je n'ai pas vraiment eu le temps de me présenter. Je m'appelle Estheban. Je suis vraiment heureux de te rencontrer, Gwen. Je ne pourrais jamais assez te remercier, les mots ne suffisent pas.

— Je suis aussi contente de te rencontrer officiellement. Je me demandais qui était cette personne que je croisais tout le temps.

Mon regard se porte sur le reste des personnes qui commencent à s'éparpiller.

— Pourquoi m'ont-ils suivi ?

— Qui sait ? Après tout, si on est ici, c'est parce qu'on a tous décidé de te suivre.

— Ce n'est pas...

— Je le sais bien ; mais c'est la seule réponse que je peux te donner pour le moment. Je dois y aller, on se reverra.

Je regarde Estheban s'éloigner pendant quelques instants. Sans savoir pourquoi, un sourire se glisse au coin de mes lèvres. Puis je tourne moi même les talons, partant retrouver mes amis. Lorsque je réussis à les retrouver, je les préviens que, déboussolée par cette soirée, je ne resterai pas discuter ce soir.

— Moi, je pense qu'on va devoir chercher deux choses dans la bibliothèque demain.

— Tu m'en diras tant.

Ma grand-mère vient alors vers nous.

— Gwen, je pense qu'on va devoir parler de certaines choses.

— Je sais, Amma. Mais pas ce soir. J'ai besoin de dormir.

— Je sais, je sais. On en parlera demain.

***

Le lendemain non plus, pendant le cours sur les sorciers avec ma grand-mère, je ne peux pas discuter avec elle. Cette fois, nous nous retrouvons au bord du lac et pour une bonne raison : c'est mieux de ne pas mettre le feu à la forêt lorsque l'on s'entraîne. Son regard et celui de Nicolaï en particulier, sont rivés sur moi. Je me suis jurée d'apprendre à gérer mon énergie pour ne pas finir comme l'autre jour.

Quoique... me retrouver dans les bras de... non.

L'exercice est simple dans la théorie mais plus compliqué à mettre en pratique. Il faut, comme au début de chaque nouvelle notion, se concentrer pour sentir la force en nous. Ensuite, et comme la dernière fois, nous la laissons nous envahir (plus nous répéterons cet exercice, plus il nous sera aisé et naturel de nous servir de nos pouvoirs). Une fois que nous avons concentré cette énergie dans nos mains, il faut l'imaginer gagner en chaleur.

La première fois que j'essaie, mes mains prennent un coup de chaud.

C'est aussi à cela que sert le lac, je présume.

Mon deuxième essai, un échec lui aussi, est tout aussi cuisant. Pour ma troisième tentative, j'essaie de concentrer l'énergie en quelque chose de solide. De solide et de chaud. La chaleur est presque insoutenable mais au prix d'une grande concentration, une boule de feu apparaît au centre de mes paumes, avec un cœur dur, presque en fusion. Elle n'est pas plus grosse qu'une pomme ; mais c'est une boule de feu ! N'y tenant plus, je la lance par télékinésie dans l'eau... sans y mettre trop de force. Un sourire de fierté de la part de ma grand-mère, un plongeon de mes mains dans l'eau et la douleur s'en va.

Je reforme une boule de feu en choisissant sa taille et m'entraîne à la faire flotter, à lui faire décrire des figures au-dessus du lac. Au fur et à mesure, mon habileté à en créer s'améliore et la chaleur au creux de mes mains s'atténue. Je peux aussi les contrôler et créer des flammes plus ou moins chaudes. Ma dextérité en télékinésie augmente aussi. Je peux maintenant les faire monter puis redescendre en piqué pour les arrêter à quelques centimètres de la surface du lac.

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