➳ Chapitre 3 : Jennifer

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Uniquement mue par un instinct de protection, j'accours pour le repousser, mais quelqu'un m'en empêche en attrapant un de mes bras et en me tirant en arrière. Mon épaule craque. Je commence à hurler, mais une main vient se plaquer contre ma bouche. A sa couleur rouge, je reconnais celle d'un Haera. D'habitude, il suffit d'un seul de ces êtres pour décimer la population d'un village entier, alors pourquoi sont-ils deux ? Je me débats dans tous les sens pour qu'il me lâche, mais il resserre sa prise. Je suis collée à lui, complètement immobilisée. Un sentiment d'impuissance m'envahit. Entre temps, l'autre s'est retourné et me fixe. Je ne distingue aucune émotion dans ses yeux verts. Mon cœur bat la chamade. C'est comme se retrouver face à face avec un prédateur. Je n'arrive plus à penser normalement, j'ai bien trop peur.

- Du calme, nous n'allons pas te faire de mal, m'assure celui qui me tient fermement. Si tu arrêtes de bouger comme ça, je te relâche.

L'entendre parler notre langue me surprend, mais c'est bien le dernier de mes soucis. Je fais ce qu'il me dit, je n'arriverai jamais à le faire lâcher prise de toute façon. Je sens ses muscles se décontracter, il enlève sa main de ma bouche. La terreur me pousse alors à crier sur l'Haera qui est en face de moi.

- Ecartez-vous de mon frère !

Immédiatement, celui de derrière replace sa main et resserre à nouveau sa prise pour m'empêcher de me débattre. Une vague de panique prend possession de moi. Ça y est, ça se finira donc comme ça ? Des larmes brûlantes commencent à me monter aux yeux. S'en est trop, je craque. Je cherche Zacharie des yeux, mais l'extarrestre devant son lit m'obstrue la vue.

- Tu veux que nous nous fassions repérer ? me chuchote-t-il, une certaine tension dans la voix.

Je n'y comprends plus rien. C'est sûrement ce qu'ils espèrent, ils essayent de m'embrouiller l'esprit. C'est seulement à ce moment-là que je remarque que Zack est réveillé. J'entraperçois son regard. Il est terrorisé. L'Haera derrière moi me relâche une seconde fois. Je me précipite vers mon frère et me place entre lui et les extraterrestres. Ceux-ci me regardent étrangement. Du moins, étrangement pour des Haeras : de la compassion transparaît dans leurs yeux.

- Ne t'inquiète pas, nous n'allons rien vous faire. (Cette fois c'est le deuxième qui parle). Je sais que tout ça est éprouvant pour vous deux. Nous allons tout vous expliquer, mais pas maintenant. Il faut vite partir d'ici.

Ils s'avancent vers nous. Il y a vraiment quelque chose qui cloche. J'ai déjà vu agir des Haeras et ils ne s'y prennent pas comme ça habituellement. Ils aiment bien traumatiser leurs victimes avant de les tuer. Je me demande ce qui leur passe par la tête à ces deux-là. Sans savoir vraiment pourquoi, je prends la main de Zack et me dirige vers eux. Peut-être est-ce de la résignation, mêlée au voile d'angoisse et de stress qui embrume désormais mon esprit. Ils vont finir par nous tuer et j'ose espérer que la mort sera plus douce si nous faisons ce qu'ils nous disent. Enfin, c'est ce dont j'essaie de me convaincre. Je crois que j'ai juste envie que cette vie de terreur s'arrête une bonne fois pour toute. A cette pensée, un sanglot passe mes lèvres.

Celui qui était penché sur Zack, qui semble légèrement plus jeune que l'autre, se place derrière nous et le plus âgé devant. Nous sortons de la maison et nous nous dirigeons en direction de celle où je me suis rendue pour faire des provisions quelques heures plus tôt. Les Haeras nous la font traverser et nous arrivons au jardin. En plein milieu de celui-ci flotte, près du sol, un vaisseau entièrement noir et opaque, rappelant le ciel nocturne un soir d'orage. D'environ six mètres de long pour trois mètres de large, il est de forme ovale, pointue à l'avant et à l'arrière et ne possède comme vitre qu'une sorte de pare-brise teinté. Il y a aussi un symbole sur le centre du vaisseau : une sorte de goutte d'eau blanche incurvée, dans la courbure de laquelle repose une sphère de la même couleur que les yeux des Haeras. Avec l'obscurité extérieure, je n'avais aucune chance de voir ce vaisseau tout à l'heure. Il est probable que ces extraterrestres étaient déjà là alors que je me trouvais à l'intérieur de la maison. C'est peut-être à ce moment-là qu'ils nous ont repérer. Je frisonne rien que dit penser.

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