-4 Janvier 2062-
"Vi, reste-je t'en pris, supplié-je dans un silence de plomb".
Mes épaules pèsent des tonnes, mes chevilles trembles, mes muscles se contractent, mon cerveau défaillit. Il faut que je cours. Tout de suite.
Et par où ?
Cette petite voix taquine me met à l'épreuve. Oh ! Qu'elle ne s'inquiète pas, je peux être ingénieux quand je le veux et pour preuve, j'ai fait évader Alix.
Mais ça à coûter la vie de combien de personnes ?
Elle veut bien se taire à la fin !
Je balance mon poids sur mon autre jambes.
Bon, tout bien réfléchit, une seule option m'est favorable et c'est ce fichu ascenseur.
- Nick, je dois te dire quelque chose.
- Je. Tu, bégayai-je.
Une ribambelle de syllabes décousue me ridiculise.
- C'est bon, je me tais. Je me tais, me convainqué-je les deux bras en l'air.
Avoir été enfermé dans mon laboratoire pendant si longtemps m'a-t-il rendu dingue ?
- De toute façon, il fallait que ça arrive maintenant. Pourquoi aucun mot ne sort ? C'est pourtant simple, me réprimé-je tout seule.
La suite fut la cerise sur la gâteau. Le stress me fait perdre la tête.
- A, b, c, d ...
L'alphabet me persuade de ma santé mentale. Intacte ou non, mon frère doit me prendre pour un fou sorti d'asile.
Sans m'en rendre compte, je tournicote tel une sourie dans sa cage. Un pas devant moi puis un autre pour pivoter vers la gauche. Un cercle infini.
Deux piliers me fige sur place. Ils empoignent les manches de mon horrible haut bleue, avec cet accoutrement on pourrait me méprendre avec dégénéré sorti de l'hôpital psychiatrique. Ma tête se dresse.
Mes yeux, ses yeux. Ses traits, mes traits. Son buste, mon buste. Aucun mot ne pourrait définir l'expression qui le traverse. Mes membres s'engourdissent.
- Je suis désolé. Toute ma vie, j'ai mal agi. Je t'ai traité comme de la merde alors que tu ne le méritais pas. Enfin, pas vraiment, reste-t-il fidèle. Je sais que mes excuses ne suffiront pas il te faut des explications et je les ai. Elles ne tiennent qu'en un mot. Jalousie. Depuis que l'on t'a offert ce billet de sortie, papa m'a nourri de haine mais pas que. Mon cœur a laissé place à de la jalousie. J'enviais ta situation. Tu étais un génie dans l'âme, tu étais le plus grand et je te ressemblais. Je voulais prendre mes distances avec l'original qui prenait toute la place.
Lâcheté ou stupéfaction ? Ma langue ramollie dans ma bouche. Quelle traitresse !
- L'environnement dans lequel j'ai grandi n'a rien a rien diminuer de cette haine que je te portais. Oui, tu as bien entendu, ma jalousie s'est transformé en haine, c'est pour ça que je t'ai banni à de nombreuses reprise.
Certes, il y a eu le bannissement mais les coups autant physique que moraux m'ont scarifié de l'intérieur.
- Sache que maintenant, avec le recul, je vois clair et je sais enfin ce que je veux. Soit mon grand-frère et je serais ton petit-frère, ensemble pour affronter les pires tempêtes.
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Implosion [TERMINEE]
Ciencia FicciónLa guerre a éclaté et pas qu'en France. A l'aube de la troisième guerre mondiale, l'Implosion est belle et bien décidée à faire entendre ses idéaux. Pour Nick, enrôlé depuis son plus jeune âge, l'Expansion était un bien qui devait arriver coûte que...
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