C'est un extrait de l'épilogue, l'auteur ne l'a toujours pas publié/écrit en entier.
Ils sont tous les deux assis sur leur lit nuptial. Chacun sur le bord du lit. Elle chatouille le sol du regard. Elle dissimule sa tristesse en ne regardant pas l'homme qu'elle a pris pour mari. L'aimerais-je un jour se demande-t-elle. C'est une question qui lui trotte dans la tête. Pourquoi l'a-t-elle épousé ? Les questions s'enchaînent. Elle se lève pour sortir de la chambre. Anas attrape son bras.
- Tu vas où ?
- J'ai soif..
- L'harissa.
- Ouais ?
- T'es ma femme maintenant.
- Oui.
- Tu sais que je pensais pas avoir une femme comme toi.
- Comment ça ?
- Compliqué mais que tout le monde aime. Mes parents te kiffent à la mort. Mes frères et sœurs t'aiment de malade mentale. Et moi je t'aime de ouf.
- Tu quoi ?
- Fais pas la sourde.
- T'es rapide le gros.
- Tu commences.
- T'es bête.. dit-elle gênée. Bref, lâche mon bras, j'ai soif.
Il la ramène vers lui et la pose sur ses genoux. Son cœur bat comme jamais il n'a battu avant. Il l'aime vraiment cette femme. Melha a aussi le cœur qui bat mais pas pour les mêmes raisons. Elle a peur. Un point vient se nicher sur son estomac. Elle n'ose pas le regarder. Il pose sa main sur sa nuque. La paume de sa main est froid. Elle frissonne. Ses yeux se ferment lentement et instinctivement. Le nœud dans son estomac se contracte. Le visage de Azhar lui apparaît.
Anas la regarde. Qu'est-ce qu'elle est belle malgré son côté écorché vif, pense-t-il. Il profite de son moment d'absence pour l'épier de long en large. Ses yeux papillonnent sur les traits de son visage. Ils s'arrêtent sur ses lèvres. Il s'est longtemps demandé quand est-ce qu'il aura le droit de s'en emparer. Maintenant, elle lui appartient. C'est son droit.
Elle sent un souffle proche de ses lèvres. Un léger baiser vient s'y nicher. Une larme roue sur sa joue. Son mari ne s'en rend pas compte. Ils s'embrassent. Elle ne voit que Azhar. Dans sa tête ce n'est personne d'autre que l'homme qu'elle aime. Cet amour qu'elle ressent pour lui se transforme en une folie. Comment une femme peut se donner à un homme qu'elle n'aime pas en pensant à un autre ? Elle sait qu'elle se fourvoie mais elle ne contrôle plus ce qu'elle fait. Ce qu'elle ressent depuis des années l'a brisé depuis longtemps.
Psychologiquement ce n'est plus la même femme.
Ils s'échouent sur le lit. Les caresses s'enchaînent. Toujours les yeux dans un imaginaire, elle se force à croire que c'est Azhar. Ses mains se baladent dans les cheveux de son partenaire. Il lui susurre un je t'aime sortant tout droit du plus profond de son âme. Les voix se confondent. Le je t'aime qu'elle entend provient de la voix de Azhar. Elle lui répond.
Cette nuit. Son corps. Ses caresses. Ses je t'aime. N'appartienne qu'à un seul homme : Azhar
Anas dort d'un sommeil de juste.
Elle n'est plus sur le lit. Elle s'est enfermée dans la salle de bain. Cloîtrée sur le sol contre la porte, elle pleure en silence. « Tu pourrais te donner à un homme que tu n'aimes pas ? » ; cette question que l'homme qu'elle aime lui a posé, lui revient en tête. Les spasmes de sanglots se multiplient. Ses mains tremblent. Comment peut-on aimer autant ? Cet amour détruit tout son être. Recroquevillée sur elle-même, elle se balance comme une déséquilibrée mentale. Elle cherche à se remettre les idées en place sans succès.
L'homme qu'elle veut corps et âme ne lui appartiendra jamais.
Elle se relève difficilement. Le reflet que lui renvoie le miroir la dégoûte. Elle n'est plus la même. Elle se passe de l'eau sur le visage. Elle sort de son terrier. Elle observe son appartement. L'endroit qu'elle va devoir quitter dans quelques jours pour aller vivre avec son mari. Des souvenirs hantent ce lieu. Des moments passés avec Azhar.
Il l'a détruit.
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Le naufragé de la rue
Ficción GeneralLa perte c'est la peste. Elle nous poursuit toute notre vie. - Laïli.M HISTOIRE NON ECRITE PAR MOI
