Chapitre 9

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Base du SHIELD «Maison Blanche»

Après un rapide coup d'œil à mon téléphone qui m'indique qu'il est à peine neuf heure, je décroche ma main de mon pistolet et pose les pieds par terre, sans arriver à me lever de suite. Je prends ma tête douloureuse dans mes mains et me frotte le front, les yeux fermés jusqu'à ce que la sensation nauséeuse disparaisse.

Après une douche rapide, j'attache mon pistolet en évidence à ma ceinture et sors de la chambre. Je suis les indications jusqu'à une pièce carrée occupée par un agent affalé sur une chaise, face à un ordinateur. Je le dépasse en lui montrant mon badge et entre dans une salle plus grande, séparée en plusieurs sections par des casiers et des bureaux.

Je m'installe devant un ordinateur qui, en s'allumant, demande mon nom et mon mot de passe. Le logo du SHIELD apparaît en blanc sur noir avec une animation élégante avant que l'écran n'affiche une fenêtre de recherche. Mes doigts volent au-dessus du clavier alors que je tape mon nom dans la barre.

La première page qui s'affiche est ma fiche d'identité. J'y retrouve le détail de mes missions depuis ma réadmission au sein de l'organisation en plus de mes bulletins de l'Académie et des résumés de mes missions précédentes. Parce que j'ai une accréditation de niveau 7, j'ai également accès à la fiche de renseignements sur les modifications apportées à mon corps pendant ma période d'arrêt.

En reformant le SHIELD, Phil Coulson a aboli le système d'accréditation ; mais il a été repris dans beaucoup de bases sans son autorisation pour des questions de sûreté.

J'ai toujours trouvé le cloisonnement nécessaire à la sécurité de tout le monde, pourtant je déteste quand il s'applique à moi.

D'une tape du doigt je passe à la page suivante, puis à celle d'après. Documents après documents, des rapports de missions, des vidéos, des résultats de tests psychologiques et des examens médicaux s'égrènent sans fin.

Les heures passent mais je n'ai pas la moindre piste. Pourtant j'ai passé mon dossier au peigne fin. Je regarde l'heure sur mon téléphone. Il est midi à New York mais ici la nuit est prête à tomber. Je me renverse sur mon siège et expire lentement. Il n'y a rien sur la mort de mes parents. Pourtant la mission existe, elle a été reportée. Alors qu'est-ce que j'ai manqué ?

À moins que je n'aie rien manqué. À moins que les informations que je cherche n'aient jamais été liées à mon registre. Je pioche un biscuit dans un sachet en aluminium et le cale entre mes dents le temps de taper une date dans la barre de recherche.

[13 janvier 2013]

Il y a bien une centaine de résultats, cependant un seul retient mon attention : celui qui porte le nom de ma famille mais dans lequel je ne suis pas citée. C'est le genre de dossier qu'on ne peut retrouver que grâce à la date, pas par le titre ; le SHIELD a la manie d'utiliser cette technique pour cacher des informations à ses agents, tout en le faisant légalement.

Je double-clique dessus et le regarde s'ouvrir. Le premier élément est cette photo que j'ai déjà vue. J'aimerais la faire disparaître, mais ma main se bloque au-dessus du clavier sans appuyer sur la flèche. Mon regard est focalisé uniquement sur les deux corps de mes parents dans le salon, tandis que je sens un trou se creuser dans ma poitrine. Je n'en finis jamais de réaliser qu'ils sont morts.

Je me frotte les yeux et regarde ailleurs un instant, me préparant mentalement pour ce qui va suivre. Je compte jusqu'à trois dans ma tête et j'appuie. Ce qui s'affiche me fait froncer les sourcils. Ce n'est pas une image, c'est la photocopie d'un rapport. Je le parcours rapidement des yeux, mais plus je lis, plus je m'enfonce dans les affres de l'incompréhension. C'est absurde.

CerberusOù les histoires vivent. Découvrez maintenant