Six ans plutôt.
Myris
J'ai passé la nuit recroquevillée au sol. À pleurer jusqu'à n'en plus finir. Dans ma bouche c'était les dernières paroles d'Andréa que je répétais.
Mais moi je ne sais plus si tu es là femme de ma vie.
Comment a-t-il pu me dire ça ? Comment ? Comment est-il arrivé à changer en si peu de temps ? En une fraction de seconde ? Je sais que moi aussi j'ai changé en deux jours mais pas au point de remettre en doute mes sentiments pour lui.
Andréa m'a brisée et m'a abandonnée. Je suis couchée là où il m'a laissée hier. Je n'ai pas eu la force de faire un pas. Je me suis couchée là quand la fatigue et les pleurs ont eu raison de moi. J'ai dormi. Je ne sais combien de temps. J'ai oublié pendant quelques temps la douleur de mon âme. Mais quand je me suis réveillée, c'est comme si tous ces démons revenaient me hanter. J'ai revu dans ma tête la journée d'hier. Andréa assis dans les escaliers me regardant comme s'il ne me connaissait plus car je l'ai ignoré pendant deux jours. J'ai revu notre dispute quand je l'ai retrouvé dans la chambre, assis sur le lit une bouteille de whisky dans la main. J'ai repassé dans ma tête l'expression de son visage quand il m'a demandée pourquoi je le trompais. Pourquoi il ne me suffisait plus. La souffrance qui émanait de lui m'a fait couler une larme. J'ai revu l'instant où j'ai compris que je l'avais perdu. Ce moment où Athéas s'est introduite entre nous et à semer le doute en lui.
- Pourquoi l'as-tu écouté mon amour pourquoi ? Je demande en éclatant en sanglots. C'est ce qu'elle voulait. Elle voulait nous détruit et elle a réussi. Regarde nous maintenant !
Je me replie davantage sur moi, tel un fœtus dans le sein de sa mère. Comme j'aimerais pouvoir disparaître. Rentrer chez moi. Si je dois me retrouver toute seule, alors je préfère l'être dans mon pays.
J'ai cette pensée et je m'y accroche. Ici je ne connais personne. Andréa était mon seul repère. Maintenant qu'il n'est plus mien, Je ne vois plus l'importance pour moi de rester ici. Chez moi au moins j'avais une amie, une famille. Même si elle m'avait abandonné. Je préférerais de loin souffrir auprès des miens que de souffrir auprès des étrangers. Et dans ma tête l'envie de rentrer chez moi, au Cameroun se fait plus pressante. Mais je suis réaliste. Je ne sais pas comment m'y prendre. J'ai certes dans mon compte assez d'argent pour me payer un billet d'aller simple mais je ne sais vers où ni vers qui me tourner pour entamer la procédure.
Grâce à ce que Andréa m'a versé dans le compte, je peux me le permettre. Et dire qu'au départ je ne voulais pas qu'il m'ouvre un compte bancaire. Maintenant j'en vois l'utilité.
Je décide que je me suis déjà assez complue dans ma peine. Alors je me lève lentement et vais dans la douche pour me nettoyer. Quand je rencontre mon reflet dans la glace, Je grimace. Je ne suis vraiment pas belle à voir. Mais je m'en fiche. L'apparence n'a jamais eu d'importance pour moi. Je me dévêtis et vais sous la douche. L'eau tiède ruisselle sur mon corps. Je la laisse me purifier de toutes mes peines. Je sais que ce n'est qu'une illusion. Qu'à l'instant où je quitterai ce lieu je serai à nouveau assaillie par mon chagrin.
Je n'ai plus de force mais je fais l'effort de me laver comme je peux. Et j'entends mon ventre gargouiller et je me souviens que mon dernier repas date d'hier matin avant 7h. Puisque je suis sortie si tôt. À l'instant je me souviens qu'Andréa m'a dit qu'il est arrivé à 8h, Juste après que je sois partie. J'ai un pincement au coeur. Je me demande pourquoi je n'ai pas tardé de quelques minutes ? J'aurais pu éviter que l'on se retrouve dans cette situation.
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Si J'avais Osé
RomanceHier, Andréa , un jeune grec avait 20ns et était tombé amoureux pour la première fois. L'amour, il n'y croyait plus, ayant grandi avec une mère qui ne lui a jamais témoigné que mépris et indifférence. Un soir, Un soir d'exil pas comme les autres...
