Chapitre 49: Atheas

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Aujourd'hui


Andréa

Nous nous tenons devant le domicile de mon père et c'est comme si cela faisait une éternité que je n'etais plus venu ici. J'y venais uniquement pour assister à quelques dîners organisés par mon père pour ses anciens clients et amis. En fait, depuis qu'il a aménagé ici après que j'ai décidé d'implanter notre entreprise mère ici en Amérique, je ne suis venu dans cette maison que trois fois. La première fut pour les accueillir sur le continent et dans la ville et les deux autres fois furent pour assister aux dîners de mon père.

Je quitte mes réminiscences quand mon père me précède et entre dans sa maison. Un majordome vient nous accueillir. J'ai une pensée pour Agathe. Cette dernière a refusé d'accompagner mes parents sur le nouveau continent. Elle voulait rester dans son pays natal.

Le majordome nous demande de nous mettre à l'aise le temps pour lui d'aller prévenir la "dame".

Le déménagement pour un autre pays n'a rien enlevé aux goûts de luxe d'Atheas. La décoration est toujours faite d'or et de blanc et des tableaux plus coûteux les uns que les autres sont accrochés aux murs comme pour témoigner de l'étendu de sa richesse. On dirait que cette dernière ne jure que par l'opulence.

Je détourne mon attention de toute cette extravagance dont je suis habitué et la pose sur Myris qui se tient derrière moi le corps tendu. Je prends un peu de temps pour l'observer alors que tout ce que je désire c'est de me rapprocher d'elle et de la prendre dans mes bras tellement elle est rigide, comme figée dans le temps. Elle a le regard fixé sur les escaliers d'où descendra sans doute Atheas. Sa mâchoire est serrée et ses poings aussi. On dirait qu'elle se contient d'aller elle-même chercher cette dernière pour lui demander des comptes sur le champ.

Ne pouvant supporter davantage de la voir ainsi torturée, je m'approche et me place devant elle pour détourner son regard de cet endroit.

- Hé myrisa mou, je dis et elle me regarde. Tout va bien se passer crois moi. Nous aurons les réponses que nous sommes venus chercher et nous pourrons tourner cette page de notre vie à jamais.

Un sourire léger se dessine sur le coin droit de sa bouche mais la colère ne faiblit pas pour autant dans son regard.

- Je sais mais j'ai besoin qu'elle se dépêche mais comme toujours elle se fait désirer.

À peine a-t-elle fini de prononcer ces mots que nous entendons des pas décroître devant nous. Je lève la tête et vois l'objet de tous nos malheurs descendre les marches de l'escalier comme une reine. Elle est vêtue d'une longue robe aussi noire que l'est son coeur et ses intentions. Elle a sur le visage ce sourire suffisant qui me donne toujours autant envie de l'étrangler. Elle descend si lentement qu'on a l'impression que cela lui prend une éternité pour se retrouver à notre hauteur.

Elle nous balaie des yeux avec un air supérieur et une expression de dégoût plaquée sur son visage. Étant conscients de sa véritable nature, cela ne nous affecte pas le moins du monde. Sans un mot, elle se dirige vers le grand canapé blanc qui nous fait face et s'y assoie avec tellement de manière que dans d'autres situations, nous aurions certainement soupiré d'agacement.

Quand elle fini d'ordonner les tissus de son vêtement selon sa convenance, elle pose son coude droit sur l'accoudoir en or du fauteuil. Elle repose sa tête sur sa main pliée et daigne reporter son attention sur nous.

- Que me vaux l'honneur de votre petit comité ? Elle nous demande avec dédain

- Où est la petite Atheas ? C'est mon père qui demande en l'agressant d'emblée. Nous n'avons pas le temps de perdre une babiner avec toi. Ajoute-t-il.

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