Neuf ans plutôt...
Andréa
Un an.
Aujourd'hui elle a un an de plus.
Aujourd'hui aussi nous fêtons nos un an de rencontre. D'un commun accord nous avons décidé d'en faire le jour d'anniversaire de notre relation. Car c'est ce jour spécial que tout a commencé entre nous.
Nous sommes aujourd'hui le seize août. Jour d'anniversaire de ma Myris et de notre anniversaire de relation. Je n'arrive pas à croire que cela fait déjà un an que Myris et moi sortons ensemble. Cela me semble si irréel.
Je me souviens encore de ma solitude et colère quand mon père m'avait annoncé qu'on devait quitter la Grèce et tout ce que nous possédions pour nous rentre dans un autre pays. Un pays qui se situait loin de tout ce que j'avais toujours connu et vu. Je me souviens que j'avais fugué pendant une semaine pour échapper à ce cauchemar qu'était cette nouvelle. Mon père m'avait cherché pendant longtemps. Il avait appelé toutes mes connaissances et amis sans succès. Il avait même alerté la police au bout de 48h. Mais tout cela n'avait rien donné.
Pourtant je n'étais pas si loin. Je me trouvais dans ma salle de dessin. Cette chambre de la maison qui se situait au sous sol et où je passais mes journées libres à dessiner et monter des maquettes des bâtiments et maisons que je dessinais. Cette salle était presque comme une petite chambre personnelle. Avec tout le matériel et confort possible. La seule différence était que j'étais le seul à y entrer et le désordre qui y régnait témoignait de sa fonction.
Mon père y venait rarement. En fait, Il y venait seulement quand je l'y invitais. Et le jour où il me trouva enfin était ce jour où, lasse de me chercher sans succès, il s'était rendu dans le seul endroit où, disait-il, il se sentait davantage plus proche de moi. Puisque je savais que personne n'y venait, Je n'avais pas fermé la porte à clé. Alors mon père y était entré et m'avait trouvé endormi à même le sol près d'une maquette que je peinais à monter comme cette vie que mes parents voulaient m'arracher et dont je refusais d'accepter.
Sans me faire peur ni me réveiller, Il s'était assis dans un fauteuil qu'il avait au préalable pris la peine de dégager les affaires entassées qui s'y trouvaient. Il m'avait regardé longtemps dormir. Il veillait juste sur moi. C'est ce qu'il m'avait raconté quand nous en avions parlé plus tard . Il me dit aussi que ce jour, je pleurais dans mon sommeil, citant le noms de mes amis que je ne voulais pas quitter, des lieux qui m'étaient chers et cette langue que je chérissais tant. Il ne m'avait pas interrompu. Il s'était Juste promis de faire en sorte que mon exil forcé à cause de lui ne soit pas un calvaire. Il s'en était fait la promesse au nom de tout l'amour qu'il me portait.
Je me rappelle qu'à mon réveil, j'avais trouvé mon père endormi dans ce fauteuil. Et loin de me sentir oppressé ou en colère d'avoir été retrouvé, j'étais plutôt rassuré de le savoir là. De savoir qu'il était près de moi et qu'il ne m'abandonnait pas. Il avait senti mon regard sur lui alors il s'était réveillé et s'était excusé. Il s'était excusé de m'imposer cela. De me dépayser de la sorte. Que s'il avait pu faire autrement il l'aurait fait.
J'avais lu dans son regard tous ses regrets, toute la peine qu'il ressentait de me voir si mal. Alors j'avais pris sur moi, j'avais accepté de suivre mon père. C'est vrai que je souffrais de savoir que je laisserais derrière moi tant de choses. Mais je me suis dis que mon père valait mieux que toutes ces choses. Et je m'étais moi aussi fait une promesse. Je m'étais promis qu'une fois cet exil levé, Je ferai tout pour remettre sur pied l'entreprise que mon père avait hérité de mon grand père et que mon oncle lui avait volé en corrompant les actionnaires et en achetant leurs parts jusqu'à détrôner mon père qui avait alors la plus grande part des actions. Je m'étais fait cette promesse en regardant mon père dans les yeux mais sans qu'aucune parole ne dépasse mes pensées. C'était ma promesse à moi. Le défis que je me lançais alors à moi même du haut de mes 20 ans.
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Si J'avais Osé
RomansHier, Andréa , un jeune grec avait 20ns et était tombé amoureux pour la première fois. L'amour, il n'y croyait plus, ayant grandi avec une mère qui ne lui a jamais témoigné que mépris et indifférence. Un soir, Un soir d'exil pas comme les autres...
