Le temps de se trouver un local, Gil-Loïc travaille depuis la maison de ses parents. Aujourd’hui, il doit y recevoir un nouveau client. En effet, celui-ci l’a contacté la veille pour fixer un rendez-vous. Il espère vivement que cela débouchera sur un gros contrat.
Medhi s’est mis sur son 31. Il est élégant de la tête aux pieds. En plus d’être bien habillé, il sent divinement bon. Il est impératif pour lui de mettre le paquet lors de cette rencontre. Vu qu’il n’a pas pour habitude de porter des costumes, sa femme est surprise de le voir vêtu de la sorte.
─ Où vas-tu habillé comme ça ?
─ Je vais voir un potentiel investisseur. Si tout se passe bien, je peux gagner gros.
─ Qu’Allah t’accompagne !
─ Amina yarabi.
Le majordome informe Gil-Loïc que son invité vient d’arriver. Le fils unique de la famille Assi s’empresse d’aller l'accueillir.
Prenant place dans le fauteuil le plus moelleux qu’il n’ait jamais expérimenté, Medhi admire le palace dans lequel il a atterri. Il ne s’était pas trompé. Sa nouvelle cible est bel et bien issue d’une famille riche et il ne compte pas se gêner pour en profiter.
Gil-Loïc observe attentivement son invité. Il est convaincu de l’avoir déjà vu. Mais, il a du mal à s’en souvenir. Il force, mais sa mémoire lui fait défaut.
─ Bonjour monsieur. Pardon, mais je suis sûr de vous avoir déjà vu quelque part.
─ Oh ! Je suis déçu que tu m’aies déjà oublié.
Gil-Loïc le fixe encore une fois en plissant les yeux. Mais, il ne parvient toujours pas à reconnaître son invité.
─ Nous nous sommes vus au mariage d’Henri. Tu es venu me parler pour me présenter ton activité d’organisateur de mariage. Regarde ! J’ai encore ta carte ! C’est grâce à elle que j’ai eu tes coordonnées.
─ Tu as surtout oublié de rajouter que tu m’as traité de pd.
─ J’ai été stupide de le faire. Oublions ça, suggère Medhi.
Il pose, ensuite, sa paume sur la cuisse de son hôte.
─ Retire ta main tout de suite ! s’énerve Gil-Loïc.
─ Désolé.
─ Bref, tu as sollicité un rendez-vous professionnel avec moi. Je suppose que tu aimerais que j’organise un mariage, n’est-ce pas ?
─ Oui, le nôtre !
─ Ce n’est pas drôle. Si tu es venu ici pour me draguer, tu peux rentrer chez toi. Les gays refoulés, ça ne m'intéresse pas.
Medhi se rapproche de lui.
─ Nous deux, ça a commencé sur de mauvaises bases, certes. Mais, j’aimerais me rattraper. Tu me plais.
─ Ah donc t’es pd toi aussi ?
─ S’il te plaît, laisse-moi une seconde chance ! Que dirais-tu d’un rendez-vous ? C’est moi qui invite.
Gil-Loïc prend un moment pour réfléchir. L’audace de Medhi ne le laisse pas indifférent. Malgré le temps qui s’est écoulé, il a toujours son premier amour en tête. Néanmoins, il veut s’autoriser à aimer quelqu’un d’autre.
─ J’accepte.
─ Génial ! hurle Medhi.
Il tente de faire un câlin au wedding planner, mais celui-ci le repousse. Il ne s’en formalise pas. Il aime les défis et il est persuadé qu’en fin de compte, la fortune de la famille Assi lui appartiendra.
Adam est dans le bureau d’Anissa. Il a justifié sa venue par une soudaine faim alors que c’est Thierno le réel objet de son passage au restaurant.
─ Depuis qu’on a ouvert la partie westaf du resto, tu es tout le temps ici, fait remarquer Anissa. Tu ne venais pas autant auparavant.
─ Je n’ai rien contre les plats libanais hein ! Mais je trouve que les spécialités ouest-africaines ont quelque chose en plus.*
*Bravo à ceux qui vont capter le double sens de cette phrase !
─ Quand on va se marier, je te ferai de bons p'tits plats.
─ Je n’en doute pas, répond Adam peu convaincu.
Depuis qu’il a conscience de ses sentiments pour Thierno, il remet constamment en question son avenir avec Anissa.
Les mercredis, tous les élèves finissent les cours à midi. Il faut donc que Maysân aille récupérer son fils à l’école. Or, elle est dans un piteux état. Son mari n’y est pas allé de main morte avec elle. Elle décide donc d’appeler sa grande sœur.
Celle-ci décroche à la première sonnerie.
─ Comment tu comptes justifier ton absence d’aujourd’hui ? commence l'aînée.
─ Je ne me sens pas bien, répond faiblement la cadette.
─ Yako ! Je vais passer te voir à la descente.
─ Non, ça ira. En fait, je voulais te demander un service.
─ Dis-moi !
─ Est-ce que tu peux aller chercher Mustafa à l’école s’il te plaît ?
─ D’accord.
─ Il te faut une carte pour le récupérer. Elle est sur mon bureau. Quand il sera avec toi, ne te donne pas la peine de venir jusqu’ici. Ce sera trop long. Emmène-le avec toi au restaurant ! Le soir, son papa va passer le chercher.
─ J’ai compris.
Anissa explique à son chéri qu’elle va devoir aller récupérer son neveu à l’école. Il n’y voit aucun inconvénient. Au contraire, il en est fort ravi. Il lui répond en retour qu’il va rester dans son bureau pour l’attendre jusqu’à son retour.
Par la suite, Anissa propose à Bushra de récupérer Syrine vu que la gamine est dans la même école que son cousin. La benjamine de la famille Jaber accepte l’offre avec grand plaisir.
Cinq minutes après le départ d’Anissa, Adam sort du bureau. Il se dirige directement vers Thierno.
─ Tu as besoin de quelque chose ? demande Bushra qui lui barre la voie.
─ Euh oui, tu peux dire à ce serveur de m’apporter du bissap s’il te plaît ? réclame-t-il en désignant Thierno.
─ Moi-même je vais t’apporter ça.
─ Ah non ! Tu es quand même la sœur d’Anissa. Dans notre ethnie, on ne demande pas de services à nos belles-sœurs. Demande plutôt à ce serveur-là de le faire ! Je serai dans le bureau d’Anissa. Qu’il me retrouve là-bas !
─ Très bien.
Portant d’une main un plateau sur lequel il y a un verre de jus de bissap, Thierno frappe à la porte. Adam se lève précipitamment pour lui ouvrir.
─ Monsieur, votre boisson.
─ Merci Thierno. Dépose ça sur la table !
Le serveur obéit. Adam en profite pour refermer discrètement la porte à clé.
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Mariage de couverture
RomantikC'est l'histoire de l'union entre une hétéro et un homo. Généralement, c'est le gay qui se sert d'une femme afin de cacher sa sexualité. Mais, dans ce récit, c'est la non-gay qui utilise le non-hétéro pour se couvrir. Mais de quoi ? Lisez donc pour...
