Malo
La journée s'est écoulée plutôt tranquillement, Mia m'a traîné dans l'un des plus grands musées de la ville et nous y avons passé un long moment, je ne m'attendais pas à ce qu'elle apprécie autant l'art. Elle a accepté de décoller des toiles aux vernis jaunis par le temps seulement lorsque je lui ai rappelée que l'heure tournait et qu'il fallait encore lui trouver une arme digne de ce nom. A ces mots ses yeux ont pris une drôle de lueur, et vu ses rêves, je me demande sincèrement si c'est une bonne idée.
Par chance, je suis déjà venu il y a fort longtemps dans la ville et cette dernière n'a pas trop changée, j'espère juste que l'armurerie à laquelle je songe existe toujours. Je guide une Mia silencieuse dans un dédalle de petites rues dont la plupart des boutiques commencent à tirer leurs lourds rideaux de fer en raison de l'heure. Lorsque je m'arrête devant une devanture austère, sans nom et sans vitrine Mia qui était juste derrière moi manque de peu de me rentrer dedans. Je prends alors le temps de lui demander :
— Tout va bien ? Tu es bien silencieuse ?
— J'ai un peu peur je crois, et si ce que j'ai vu dans mes rêves se matérialise vraiment ?
— Et bien on gagnera, lui dis-je avec un sourire éblouissant.
Je n'ai jamais particulièrement aimé me battre, mais je dois bien avouer que s'il faut protéger Mia je ferais couler le sang avec plaisir. Puis au vu de ce qu'elle a pu me dire de ses songes, elle semble largement être de taille à gérer seule, ça ne serait pas surprenant qu'en tant que nephilim elle ait un don inné pour le maniement d'armes.
— On rentre ? propose Mia en pointant la lourde porte opaque de la boutique.
— Attends, tu ne m'as pas dit, avec quoi tu veux te battre ?
— Heu, c'est-à-dire ? me demande-t-elle avec un air soudain perplexe.
— Une épée comme dans tes rêves ? C'est un peu lourd à manier même si on pourra sans doute te trouver une lame légère. Je te vois bien manier des dagues sinon ? A moins que tu préfères un long poignard ? Ou...
Mia me fait signe de m'arrêter si bien que je me tais instantanément. Je ne m'étais pas rendu compte que je m'étais peut-être un peu emballé.
— Je crois que ça m'embêterais de contrarier mes rêves, une épée ça devrait faire l'affaire.
— Parfait, allons-y alors.
Et sans autre forme de procès je pousse la porte, la boutique est plongée dans la pénombre et une odeur assez caractéristique du temps qui passe vient chatouiller nos narines. La petite boutique est occupée par un large comptoir en bois poussiéreux et à la peinture noire écaillée. Dans mon dos je sens Mia se rapprocher un peu, tendue, comme si elle ne se sentait pas à l'aise ce qui me tire un sourire. Sa manière de se rapprocher de moi est assez mignonne.
— Je suis fermé, lâche une voix sèche provenant de l'arrière-boutique.
Je me contente de hausser les épaules et avant que je n'ai pu dire quoique ce soit Mia lâche proche de mon oreille :
— Partons Malo, je ne le sens pas cet endroit, je ne vois rien à vendre.
Il est vrai qu'hormis le comptoir les murs sont nus, pourtant je suis certain de ma mémoire et je me permet d'insister en annonçant :
— J'ai besoin d'une arme pour mon amie ici présente.
Le rideau qui était derrière le comptoir et dissimulait l'arrière-boutique est tiré brusquement par une vieille femme qui pourrait avoir l'air centenaire. Son air courroucé la rends laide mais surtout Marèna ressemble parfaitement à mes souvenirs. Son regard jauge Mia de la tête aux pieds ce qui fait frissonner cette dernière. Ce n'est que lorsqu'elle prend la peine de me détailler à mon tour que son visage s'adoucit et qu'elle esquisse un pas vers le comptoir. Avec une lueur quelque moqueuse dans le regard elle nous demande alors :
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Batailles
FantastiqueMia une jeune adulte, suit une vie relativement insouciante qui se ternit lorsque ses rêves deviennent étrangement troublants et que peu de temps après elle fait la rencontre de Malo. Entre rêves étranges, désirs ardents, sombre prophétie et menaces...
