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Mia

Je me sens pitoyable, je crois que, même après ce qu'il s'est passé avec Gabriel, je ne me dégoûtais pas autant. Je ne sais pas ce que mon esprit défaillant a imaginé pendant quelques instants, mais il est évident, avec le peu de recul que j'ai, que mon corps n'était qu'un instrument de plaisir pour le roi des Enfers et qu'il comptait bien tenir parole quand il a dit que moi, je n'aurais rien. J'espère juste, peut-être naïvement, que ce ne sera que pour cette fois. Et, soudainement, je marque un temps d'arrêt. Pourquoi cette fois ? Parce que je désire qu'il y en ait d'autres ? Je n'ai pas le temps de m'interroger plus que ça sur la stabilité de ma santé mentale, puisque le roi des Enfers arrache le ruban adhésif qui obstruait mes lèvres.

— Nettoie.

La brûlure du ruban adhésif me fait pousser un petit cri, mais je n'ai pas le temps de véritablement m'en remettre, puisque le roi des Enfers tire mes cheveux qu'il tient toujours afin que mon visage s'approche de son membre couvert de nos sécrétions. J'ai à peine le temps d'entrouvrir mes lèvres qu'il s'enfonce déjà entre pour se planter au fond de ma gorge. Cela me coupe le souffle et des larmes me montent aux yeux tandis qu'un goût salé envahit mon palais. Il guide ma tête en tirant mes cheveux alors que je manque de suffoquer un peu plus à chaque fois. Ce n'est que quand ma vision commence à se voiler qu'il me relâche, j'aspire de grandes goulées d'air en toussant à moitié et je ne peux m'empêcher de lui adresser un regard noir. Je me garde bien cependant de prononcer le moindre mot, la sensation de manque entre mes cuisses pulsant toujours douloureusement à cause de l'orgasme que je n'ai pas obtenu.

— Tu t'en es bien sorti, commente le roi des Enfers.

Perdue dans mes pensées, il me faut quelques secondes pour que je relève les yeux vers lui et je rassemble tout mon courage pour lui demander :

— Et maintenant ?

Il hausse les épaules, comme pour me signifier que j'ai quartier libre avant d'ajouter :

— J'ai quelques affaires à régler et surtout un mariage à préparer.

— Donc, on va vraiment le faire ?

— Évidemment, tu es à moi Mia.

Je ferme les yeux un bref instant, tandis qu'il poursuit indifférent à la détresse qui prend naissance dans mon ventre :

— J'ai également fait retirer ta contraception de tes affaires.

Mon regard se perd sur mon entrejambe toujours nu et couverts de nos sécrétions mélangés, et ce n'est qu'en comprenant qu'il compte bien mettre en application ces desseins que je laisse échapper un hoquet mêlant surprise et protestation.

Il est hors de question que je tombe enceinte. Pas de lui. Pas dans ces conditions. Pas comme ça. Une vague de découragement s'abat sur moi et les larmes me montent aux yeux. Sonnée par le choc, je ne sais même pas quoi dire. De ma vision brouillée par les larmes, je me contente d'observer le roi des Enfers se rhabiller comme si de rien n'était.

Et soudainement, une certitude naît dans mon esprit, je vais le tuer. Il n'y a rien d'autre que ça qui compte. Je ne sais pas quand, je ne sais pas comment, mais je sais que je vais le faire. Et, en ultime provocation, je ne peux m'empêcher de lui demander :

— Au fait, pourquoi m'avoir laissé mon arme ?

— Parce que j'ai hâte de te voir jouer avec.

Je l'observe sans comprendre, et mon regard doit être suffisamment éloquent, puisqu'il développe :

BataillesOù les histoires vivent. Découvrez maintenant