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Ezio

Le corps endormi de Mia s'agite contre le mien, si bien que je resserre un peu mon étreinte. C'est finalement les vibrations de mon téléphone qui me sorte de ma torpeur. Je souris en voyant le numéro de Malo s'afficher sur l'écran, j'attendais justement son appel avec une certaine impatience.

Une fois la conversation terminée, je m'accorde une poignée de secondes pour contempler Mia qui est si paisible et si belle, avant de passer sous la forme éthérée afin de rejoindre mes Enfers. Lorsque j'arrive, je prends le temps de faire jouer ma nuque pour me sentir un peu mieux tout en me délectant des cris de souffrances que j'entends au loin. Malo et Flavio ne tardent pas à me rejoindre sur ce plan, si bien que je les accueille avec un certain enthousiasme avant de leur demander :

— Et maintenant ?

— Uriel nous a dit de patienter ici, répond Malo.

Cela n'a pas vraiment de sens, la notion du temps étant que quelque chose de relatif. Malgré tout, je décide de faire montre de patience en attendant dans un semi-état de veille.

Alors que je commençais à désespérer un peu qu'il se passe quelque chose, une voix neutre retentit. Elle semble provenir de nulle part et de partout à la fois et je marque un temps de surprise, normalement je suis le seul à pouvoir faire ça ici.

— Merci de vous être rendus disponibles si rapidement messieurs.

On échange un regard circonspect, Malo est clairement mal à l'aise tandis que Flavio a posé la main sur le pommeau de son épée. Passé un temps de surprise, je me ressaisis et hausse les épaules en guise de réponse. La voix poursuit alors :

— On m'a rapporté que vous souhaitiez une audience, je vous écoute.

Je me gratte la gorge pour éclaircir ma voix avant de répondre :

— Merci de nous accorder du temps. J'imagine que vous avez tous les tenants de l'histoire, ma question sera donc simple, comment puis-je sauver l'humanité ?

— Ainsi donc, c'est vrai...

La voix est pensive et marque un temps d'arrêt comme si son propriétaire s'accordait un moment de réflexion avant de reprendre :

— Roi des Enfers, es-tu prêt à changer ?

Non est la première réponse rationnelle qui me vient à l'esprit. Évidemment que non. Mais les sentiments que je porte pour Mia me poussent à reconsidérer la chose si bien que je réponds :

— Sans doute.

— On va voir ça.

Et avant que je ne puisse dire quoi que ce soit, un étrange halo d'une blancheur immaculée se forme autour de ma forme éthérée, je me sens être aspiré et alors que la lumière me fait cligner des yeux, les Enfers se délitent sous mon regard, remplacées peu à peu par un environnement blanc et cotonneux. Je me sens aussi changé, comme si le feu ardant qui brûle habituellement dans mes entrailles s'était calmé. Je scrute les environs autour de moi avant de pleinement comprendre ce qu'il vient de se passer. Sans doute, pour la première fois de ma vie, ma voix est loin d'être assurée lorsque je hoquette :

— Mais ce n'est pas possible... Je ne peux et ne veux pas être un ange.

— Tu l'as pourtant toujours été, me répond la voix.

Il y a une éternité oui, mais il faut dire que, depuis j'ai pris mon rôle de roi des Enfers très à cœur, si bien que je secoue la tête, plein de perplexité. Je n'ai cependant pas le temps de m'interroger plus que ça qu'Uriel et Camaël s'approchent. Je n'ai pas vu mes frères depuis de nombreuses années, pourtant il m'est visiblement impossible de les avoir oubliés. C'est Uriel en premier qui m'accueille en s'exclamant :

BataillesOù les histoires vivent. Découvrez maintenant