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Malo

Suite à leur départ, je pousse un long soupir, je n'arrive toujours pas à croire qu'il l'ait fait jouir là, en pleine séance de torture... Le pire c'est que Mia avait l'air ravie de cette expérience, peut-être un peu déboussolée, mais ça ne l'a pas empêché d'atteindre rapidement l'orgasme. Orgasme que je devrais être le seul à lui donner au vu des sentiments que je lui porte.

Je pousse un nouveau soupir avant de reporter mon attention sur le démon. La colère qui m'habite augmente en flèche face à ses pitoyables gémissements. J'aurais souhaité prendre le temps de la faire refluer en continuant un peu la session, mais l'idée de les laisser seuls dans le bureau ne me dit rien qui vaille. Je récupère donc l'une des lames dans l'un des tiroirs et tranche rapidement la carotide, sans lui accorder un regard ni la moindre pitié. La fontaine de sang qui jaillit et m'éclabousse au passage est le dernier de mes problèmes.

Je m'empresse de quitter la pièce et alors que je suis dans le couloir menant au bureau, je décide de m'accorder une courte douche, le jet glacé et l'eau rougeâtre qui s'écoule me font du bien. Quand enfin elle est claire, je sors et change tout aussi rapidement de vêtement. Lorsque je les rejoins, je sais qu'il s'est écoulé moins de dix minutes, Mia a retrouvé sa place sur le coussin du canapé tandis que le roi des Enfers pianote sur le clavier de son ordinateur. Je m'installe à mon tour avant de briser le silence, presque apaisant, qui règne :

— Il faut qu'on trouve un ange à faire parler, quelque chose se trame et je n'aime pas ça du tout.

— Ta petite session t'a tant plus que ça ? me questionne le roi des Enfers.

Je lui adresse un sourire carnassier avant de l'interroger :

— Vous avez peut-être une meilleure idée ?

— On peut dire ça. Non seulement on va trouver un angelot à faire parler, mais on va surtout leur tendre un piège. Ils veulent Mia ? On va leur laisser une opportunité de l'atteindre.

— Et si ça dégénère ? demande Mia d'une voix blanche.

— Ça n'arrivera pas. Tu vas reprendre les entraînements au combat et je te donnerai une lame en métal chantant diabolique, une réplique parfaite de l'épée de la fatalité, personne ne s'attendra à ce changement de matériaux.

Mia acquiesce l'air pensive et je dois avouer que je le suis tout autant. Nul doute qu'il y a là une carte à jouer, mais c'est prendre un gros risque. Je sonde du regard le roi des Enfers et ne lis dans ses yeux qu'une tranquille assurance, tandis qu'il poursuit :

— Voilà ce que nous allons faire. On va commencer par entraîner Mia au combat, il faut qu'elle soit en mesure de lutter si les choses dérapent. Je ne pense pas que les anges l'exécuteront froidement, ils ont tout intérêt à la faire parler au maximum, cela lui offrira l'opportunité de les surprendre.

Il scrute Mia qui est devenue légèrement livide, sans doute à l'idée de savoir qu'elle pourrait se retrouver torturée à son tour. Malgré tout, elle garde ses doutes pour elle et le laisse poursuivre :

— Mia va se rendre à l'exposition qui présente, entre autres, les deux tapisseries manquantes. J'ai toute confiance en elle pour les observer et jauger si quelque chose est pertinent ou pas. Les anges nous ont potentiellement envoyés sur cette piste, ils s'attendront donc à ce qu'on y aille...

J'interromps le roi des Enfers d'un geste de la main avant de lui demander :

— Personne ne l'accompagne donc ?

— Tu iras avec elle, Malo. J'enverrais également deux membres de ma garde rapprochée avec un prétexte quelconque vaquer dans les environs. Le fait que tu t'es entiché d'elle est de notoriété publique, le piège serait trop vite devinable si personne ne veillait sur Mia.

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